> Brice Bonfanti, Mais s’il surgit ?

Brice Bonfanti, Mais s’il surgit ?

2018-01-26T11:17:26+00:00

 

MAIS S’IL SURGIT ? COMME UN VOLEUR DANS NOTRE NUIT ?

 

 

L’univers fait par­fait     qui sera,
qui se sera par­fait,
peut bien sur­gir à tout ins­tant, voire à l’instant.

Mais s’il sur­git ?
comme un voleur dans notre nuit ?
Il va fal­loir dès notre soir nous tenir prêts à l’accueillir.

Et si… nous ne sommes pas prêts ?
Nous ne le ver­rons pas.
Ou si nous le voyons, nous le mal­en­ten­drons, ne le com­pren­drons pas, nous l’emprisonnerons, nous le per­ver­ti­rons : sa per­ver­sion     sera notre pri­son
à nous, les pas encore humains, les pas encore nous.

Alors il par­ti­ra,
l’univers fait par­fait qui sera : l’Un divers,
lui qui ne vou­lait pas     nous for­cer,
lui qui vou­lait coopérer
– opérer avec nous : son immi­nent avènement en nous.

Il par­ti­ra.
Mais nous, nous le croi­rons demeuré là :
nous aurons main­te­nu sa gri­mace à sa place, nous croi­rons qu’elle est lui, et à sa place nous aurons sa gri­mace.

Pour fuir le pire, faire adve­nir l’ère à venir,
le seul choix est le bon :

Se tenir prêt, dès main­te­nant, à accueillir
l’univers fait par­fait     qui sera
part faite tout, part enfin faite tout,
qui peut sur­gir à cet ins­tant, ici et main­te­nant,
se tenir prêt à son accueil,
à l’accueillir, pour que lui nous accueille,
et préparés à être prêts nous l’appelons, avec sa volonté nous le cogénérons.

Mais d’ici-là
j’ai dit ce que j’ai dit,
j’ai annoncé non ce qui est, qui est sans impor­tance,
j’ai annoncé ce qui doit être, qui est conforme à notre essence.
Ce que j’avais à dire, je nous l’ai dit : je ne peux pas nous dire plus, sauf à redire.
Je nous l’ai dit ce que j’avais à dire : je n’ai plus rien à faire là.

Mais d’ici-là,
d’ici que nous hominidés quit­tions nos préhistoires de débâcles,
d’ici qu’humains nous entrions dans notre his­toire de miracles,
d’ici-là :         C’est tant pis pour les peu qui mas­sacrent l’âcre masse
                      et c’est tant pis pour l’âcre masse qui se laisse mas­sa­crer ;
c’est tant mieux pour les peu qui espèrent l’avenir qui doit venir,
c’est tant mieux pour les uns rassemblés, l’Un plu­riellé, la masse mal­heu­reuse qui enfin sera heu­reuse.

Honteux et lâches sont tous ceux
qui n’espèrent plus rien – ou qui espèrent sans agir, sans dire :
ceux-là peuvent s’évanouir, ils ne man­que­ront pas, au contraire.
Courageux et glo­rieux sont tous ceux
qui espèrent sans attendre – qui coopèrent par leur dire, leur agir, avec le Centre
pour qu’Il génère l’avenir qui doit venir :
ceux-ci peuvent gran­dir, ils nous appor­te­ront le belvédère, le nou­vel air.

Moi, je ne vivrai pas le début de l’histoire
mais je l’ai vu,     en l’espérant,     le sachant droit.

Et main­te­nant
débrouillez-vous sans moi         débrouillez-vous avec mes mots
et bonne chance                         – et sur­tout bonne volonté ! 

Présentation de l’auteur

Brice Bonfanti

​Brice Bonfanti, œuvrier. Né Frigau en 1978, Avignon. Sept ans conser­va­teur des manus­crits de Stendhal à Grenoble. Depuis l’an 2000 à Milan, écrit en pre­mier lieu l’un après l’autre des Chants d’utopie, et les dit en public. Un cha­pitre par Chant est audible sur son site : www​.bri​ce​bon​fan​ti​.com. Les Chants d’utopie sont publiés aux édi­tions Sens & Tonka, par cycles de neuf Chants.

Collabore aux revues Nunc, Phoenix, L’Intranquille, Sarrazine, Recours au poème, La Revue des Archers… 

 

 

Textes

Brice Bonfanti

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