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Marcus Smith : New-York à gogo (extraits)

Par |2019-05-05T14:35:23+01:00 4 mai 2019|Catégories : Essais & Chroniques, Marcus Smith|

 

Skyscraper,

 

You are the giant size of a bill­board

And big­ger than the Giants’ sco­re­board.

You are fun­house angles pain­ted on

A monument’s cam­pai­gn facade

Or real as a fun­house is real cha­rade.

 

The model is mode­ling her legs. Look.

Bombs are bea­ting diplo­ma­cy. Fear.

The buil­ding is fal­ling down. Run.

I think you are buil­ding. Once.

I think you are a fun­house. Fooled.

 

While a tower was crum­bling down the side of the same tower,

The tower-size pro­jec­tion of archaic columns bea­ring a marble frieze

Of great gods and their human qua­li­ties endu­ring in marble per­sis­tence,

After ear­th­quakes and muni­tions explo­sions at the Temple on the High Hill,

We didn’t know what will hap­pen, and the gods have stop­ped won­de­ring,’

Recited the rol­ling cap­tion when the time for intros­pec­tion had pas­sed.

 

 

Gratte-ciel,

 

Tu es le modèle géant d’un pan­neau-réclame,

Plus grand que le tableau d’affichage des Giants.

Tu es les arêtes d’une baraque foraine peintes sur

La façade en cam­pagne d’un monu­ment

Et  aus­si  vrai qu’une baraque foraine est un vrai simu­lacre.

 

Le man­ne­quin modèle ses jambes. Regardez.

Les bombes battent la diplo­ma­tie. Craignez.

Le bâti­ment tombe. Fuyez.

Je crois que tu es construc­tion. Une fois.

Je crois que tu es une baraque foraine. Raté.

 

Pendant qu’une tour s’effondrait sur le flanc de la tour iden­tique,

La pro­jec­tion aux dimen­sions de la tour d’archaïques colonnes  por­tant une frise de marbre

Où de grands dieux et leurs humaines qua­li­tés, résis­taient dans la per­sis­tance du marbre,

Après des trem­ble­ments de terre, des explo­sions de muni­tions au Temple sur la Haute Colline,

Nous igno­rions ce qui allait se pas­ser, et les dieux avaient ces­sé de s’étonner”,

Récitaient les sous-titres, pas­sé le moment réser­vé à l’introspection.

 

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You Flinched for a Moment, Officer, and So Did I

 

(Where’s this?)

 

The cor­ner of a num­ber

and a num­ber is now a name.

Another bomb.

 

She went over there to help.

  

Bicycle approa­ching on your left…’

 

Jump, mother, jump. Save the baby

Trapped in your run­ning strol­ler

One inch from the Tour’s finish line.

The aban­do­ned car in a no zone alar­ming,

The man on the gold phone bar­king,

A girl clut­ching dach­shund bal­loons,

Covering her ear-muf­fed ears, crying.

(They’ll find pro­blems with her later

And pres­cribe Specialty Conciliator.)

The woman rea­ding yel­lo­wed per­so­nals –

Have You Seen My Beloved Dog ?

Unfolding six tat­te­red pho­tos of Bruno,

The street swee­per enters stage right.

Eyeing my timid hound can­did­ly,

Blowing his dog whistle cava­lier­ly,

Policeman red­lines next crime scene

In the cau­tion lane. My mother said,

My mother…. What did she pro­claim ?

I lau­ghed at pedes­trians who spoke slow

But screa­med at the whirl of cra­zy traf­fic.

During the ride in Metro à Go-go…

 

The lights have chan­ged their pro­to­cols

According to the needs of time’s timing.

Watch out, wat­ching out for –

(…)

 

 

Vélo en approche à gauche…’

 

Saute, maman, saute. Sauve le bébé

enfer­mé dans ton cha­riot de course

Un mètre avant la ligne d’accès à la Tour.

La voi­ture aban­don­née dans une zone sans dan­ger,

L’homme aboyant dans son télé­phone doré,

Une fillette cram­pon­née à des bal­lons en forme de teckel,

Couvrant ses oreilles sous le cache-oreilles, pleu­rant.

(Plus tard ils lui diag­nos­ti­que­ront des pro­blèmes

Et lui pres­cri­ront un Conseiller Spécialisé.)

La femme lisant des annonces jau­nies –

Avez-vous vu mon chien bien-aimé ?

Dépliant six pho­tos déchi­rées de Bruno,

Le balayeur de rue entre côté jar­din.

Examinant fran­che­ment mon chien timide,

don­nant cava­liè­re­ment un coup de son sif­flet,

Le poli­cier trace en rouge la pro­chaine scène de crime

Sur la voie de sécu­ri­té. Ma mère a dit,

Ma mère… Qu’est-ce qu’elle a décla­ré ?

Je me suis moquée des pié­tons qui par­laient dou­ce­ment

Mais hur­laient au tour­billon fou du tra­fic.

Pendant le tra­jet en Métro à Go-go…

 

Les lumières ont chan­gé de pro­to­cole,

Pour les besoins du moment pré­sent.

Faites atten­tion, faire atten­tion aux –

(…)

 

 

 

MISSING WOMAN

 

And you are mis­sing and you are here

On bill­boards, street­lamps, the post office,

Dirty win­dows, construc­tion site walls 

When last seen run­ning after the sun alone

Saying, ‘Look where the world’s gone gold.’

5 foot 5, hair auburn as the leaves after dark,

Eyes blue when the sky tomor­row will clear

After ter­rible rain. And you are mis­sing

And I am living since last seen here.

 

And coming up next in a cab

And coming up next on the esca­la­tor

And coming up next coming up next…

 

Fast-run­ning foo­tage

of birds fro­zen in ice,

a mole out if its hole

dar­ting from eve­ry sha­dow

for eve­ry sha­dow

before the hawk, talons rai­sed,

outs­tret­ched, des­cends.

 

Wake up, wake up your sha­dow

riding a mor­ning bus.

 

She gets on wea­ring an arrow

To Fashion Avenue,

Advertising tru­th­ful­ly

Movement lur­ching there.

 

 Bigger and big­ger let­ters,

Action Backpacks On Sale.

Snowing in win­dow. Everest,

And Sir Hilary mis­sing sale.

Would he still be first to top ?

 

Speed, sur­ren­der to speed,

Surrender your heel-toe pace,

Let me go by you, hur­ry to –

Ever for­get where ?

 

T-Shirts on the rack,

Double zero on the back.

What’s the front clue ?

Name. Name of town,

Team. Your team

Or nothing or some­thing

You love more than your­self.

 

Handbills. Street Sheet.

Store cre­dit, Special Offer.

Not this life of desire.

My wal­let bored, exhaus­ted.

Trash tum­bling over

An outs­tret­ched hand.

The heart needs a crutch.

 

 Wheels, on wheels

Bags, boxes, trol­leys,

Racks of suf­fo­ca­ting dresses,

Aphrodite in Nike’s shoes

Waving good­bye to Hermes

Perched above the sta­tion.

 

 

FEMME DISPARUE

 

Et tu as dis­pa­ru et tu es là

Sur des pan­neaux, l’éclairage public, la poste,

Des fenêtres sales, des murs de chan­tiers

Vue pour la der­nière fois cou­rant seule après le soleil

Disant ‘Regarde là où le monde est deve­nu doré.’

Un mètre cin­quante, che­veux châ­tains comme

des feuilles après la tom­bée de la nuit,

Yeux bleus, comme le ciel éclair­ci demain

Après une pluie tor­ren­tielle. Et tu as dis­pa­ru

Et je suis vivant depuis qu’on nous a vus ici pour la der­nière fois.

 

Venant ensuite dans un taxi

Venant ensuite sur l’escalator

Et ensuite, et ensuite…

 

Des séquences d’images rapides

d’oiseaux pris dans la glace,

une taupe hors de son trou

s’écartant de chaque ombre

car une ombre

pré­cède le fau­con, serres dres­sées,

éten­dues, qui des­cend.

 

Réveille-toi, réveille ton ombre

assise dans le bus du matin.

 

Elle se lève, tenant une flèche

Vers Fashion Avenue,

Signalant hon­nê­te­ment

Un mou­ve­ment chan­ce­lant là-bas.

 

Des lettres de plus en plus grandes,

Sacs à dos de ran­do En Solde.

La neige en vitrine. Everest.

Sir Hilary rate les soldes.

Sera-t – il encore le pre­mier au som­met ?

 

La vitesse, cède à la vitesse,

cède ton tem­po talon-aiguille,

Laisse moi pas­ser, me dépê­cher vers –

Il t’arrive jamais d’oublier vers où ?

 

T-shirts au porte-man­teau,

Double zéro sur le dos.

Quel indice pour devant ?

 

Nom. Nom de ville,

Équipe. Ton équipe

Ou rien, ou quelque chose

Que tu aimes plus que toi-même.

 

Prospectus. Publicité.

Crédit com­mer­cial. Offre spé­ciale.

Pas cette vie de désir.

Mon por­te­feuille s’ennuie, épui­sé.

Les déchets tombent sur

Une main ten­due.

Le cœur a besoin d’un béquille.

 

Roues, sur roues,

Sacs, boîtes, cha­riots,

Portants de robes suf­fo­cantes,

Aphrodite chaus­sée de Nike

Disant adieu à Hermès

Perchée au-des­sus de la gare.

 

 

Présentation de l’auteur

Marcus Smith

Marcus Smith is a Cinnamon Press Book Awards fina­list and Plough Prize and Poetry on the Lake Prize win­ner. His work has appea­red in the UK and Europe in The Rialto, Ambit, PN Review, Acumen, Stand, The French Review and Poetry Salzburg ; in the US Prairie Schooner, South Carolina Review, Able Muse, The Classical Outlook and Salmagundi have publi­shed his work. The excerpt here from the manus­cript SEZ/​​everything speaks (Live Canon, London, 2014)… A Sequence of Texts finds kin­ship in Georges Perec’s An Attempt At Exhausting A Place In Paris and fla­neurs from Baudelaire and John Foxx. 

 

Marcus Smith

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