> Navia Magloire, Je suis tout un Peuple Labyrinthe, Inédits

Navia Magloire, Je suis tout un Peuple Labyrinthe, Inédits

Par | 2018-07-11T13:05:45+00:00 5 juillet 2018|Catégories : Navia Magloire, Poèmes|

Carlo Sarrabezolles – sta­tue de la vic­toire à Hell-bourg, Hauts de la Réunion.

 

INTERVALLE  

 

Ce nègre de l’après,
le nègre sans souillure
Avec ce petit air mélan­co­lique creu­sant son sou­rire
il sillonne les alen­tours mor­dant dans le vide
on dit qu’il est atteint du mys­té­rieux
ce mal du pays loin­tain
Dans mon pays à l’intérieur de ces terres
intran­quilles et sans maître
les fous portent le mal de cet ailleurs loin­tain
quand ils se donnent d’interroger
leur toute pre­mière errance

in “Je suis tout Un peuple Labyrinthe”, Inédits

 

 

DÉESSE  

 

Que devrais-je répondre si on me deman­dait

com­ment je me porte

à toute réponse les mots s’enlisent

et par­fois ne viennent pas

Que devrais-je répondre si on me deman­dait

ce qui donc m’habite

devrais-je leur dire que le mur­mure inlas­sable

d’un pays per­du m’agite

Que devrais-je dire si on me deman­dait pour­quoi

tant d’intranquillité vogue dans mon âme

l’amertume accom­pagne l’aurore et laisse tant de chaos

je suis fille de ce chaos, fille des terres ini­tiées

mais le vide est insa­lubre

Ô Déesse, rem­plis moi de vents 

in ” Je suis tout Un Peuple Labyrinthe” , Inédits  

 

 

 

 INTEMPÉRIE

 

Et nos rêves ont été tou­jours dif­fé­rents

vers le loin­tain nous por­tons nos gémis­se­ments

vers le loin­tain nous des­ti­nons nos joies

l’île, dans sa toile d’araignée

rêve de la grande mer 

elle rêve de retour

sa soli­tude si pro­fonde fait écho

et le peuple abi­mé dans son gémis­se­ment

s’agenouille devant un dieu ago­ni­sant

Et nos rêves seront dif­fé­rents

nous rêvons de rêves dif­fi­ciles

de rêves humains, de rêves banals

Vers le loin­tain nous por­tons l’avenir

et face à la mer, moi

j’aurais aimé naître ailleurs

in ” Je suis tout Un peuple Labyrinthe ” Inédits

 

 

ENTRE DEUX MONDES, CET AIGLE

 

Je fini­rai épar­pillée aux quatre vents

livrée à l’errance

Dans l’ombre inha­bi­table, au bout de ma fatigue

tout ce vide en moi

Mes pieds ont mar­chés contre des vents incon­nus

Et à pré­sent je pré­fère l’errance aux nuits sans âmes

de ces mondes

Ici prend fin une grande des­cen­dance 

en recueillant le pol­len de mes semelles

je me sou­viens de leurs pères, ces demi dieux

qui dan­saient dans le bégaie­ment du vent

jusqu’à trans­per­cer l’obscurité.

in ” Je suis tout un Peuple Labyrinthe”, Inédits

Mario Benjamin.

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