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Philippe Jaccottet en Pléiade

Par |2018-11-20T16:43:14+00:00 21 février 2014|Catégories : Blog|

 

L'oeuvre de Philippe Jaccottet entre dans la Pléiade des éditions Gallimard

 

 

Songe à ce que serait pour ton ouïe,
toi qui es à l'écoute de la nuit,
une très lente neige
de cris­tal.

 

Jean-Marc Sourdillon est un des archi­tectes de cette édi­tion.

 

Qui est Jaccottet ?

  Celui, d’abord, qui a noté un jour dans les pages de ses car­nets, c’était en février 1976, ceci : « La dif­fi­cul­té n'est pas d'écrire, mais de vivre de telle manière que l'écrit naisse natu­rel­le­ment. C'est cela qui est presque impos­sible aujourd'hui ; mais je ne puis ima­gi­ner d'autre voie. Poésie comme épa­nouis­se­ment, flo­rai­son, ou rien. Tout l'art du monde ne sau­rait dis­si­mu­ler ce rien. » Ceux qui aiment Jaccottet, qui sont atta­chés à son œuvre, connaissent ces phrases parce qu’elles énoncent quelque chose de cen­tral dans son pro­jet : une pro­po­si­tion de vie qui est en même temps une pro­po­si­tion d’écriture, l’une ne se défi­nis­sant pas sans l’autre, et la poé­sie nais­sant pré­ci­sé­ment de leur dif­fi­cile conju­gai­son.

  Ce qui frappe lorsqu’on ren­contre Philippe Jaccottet, dans sa pré­sence, sa façon d’être au monde, c’est tout ensemble une cer­taine sim­pli­ci­té et une cer­taine pres­tance, et sur­tout son regard. Un  regard bleu très clair, légè­re­ment enfon­cé sous les arcades sour­ci­lières et qui est à la fois aigu, cha­leu­reux et pro­fond, comme s’il vous voyait venir de loin, et vous consi­dé­rait, qui est atten­tif à l’horizon en même temps qu’à vous-même, et au plus petit détail, l’herbe qui tremble, l’oiseau qui fri­sonne, la goutte qui tinte.

  Il naît à Moudon en 1925 ; découvre très tôt la poé­sie, à 17 ans, l’âge où l’on n’est pas sérieux, grâce au poète suisse Gustave Roud qu’il élit comme son guide et qui lui fait lire Rilke, Hölderlin et Novalis. L’année de ses vingt ans, il publie son pre­mier livre de poèmes (le 8 mai 1945), découvre l’Italie et Paris où il s’installe et devient tra­duc­teur (sa pre­mière tra­duc­tion est La mort à Venise de Thomas Mann). Métier qu’il exer­ce­ra toute sa vie (L’Odyssée, Musil, Rilke, Hölderlin, Ungaretti, Leopardi, Góngora, Mandelstam etc…).  Dans le Paris d’après-guerre, il fait des ren­contres déci­sives, le tra­duc­teur Pierre Leyris, les écri­vains de la revue 84, André Dhôtel et Henri Thomas notam­ment, et enfin Francis Ponge dont il devient l’ami.  Ces poètes attirent son atten­tion sur la pré­sence concrète du monde et lui per­mettent d’aborder par la poé­sie ce heurt bru­tal avec la réa­li­té qu’aura été pour lui l'expérience de Paris. Pour se gar­der des influences lit­té­raires pari­siennes et sau­ve­gar­der son authen­ti­ci­té d’écrivain, sans doute aus­si pour des rai­sons éco­no­miques, Philippe Jaccottet et sa jeune femme, Anne-Marie Haesler, qui est peintre, décident d’aller vivre dans le midi (sur le che­min de l’Italie), à Grignan. La décou­verte de ce nou­veau pay­sage est un tel éblouis­se­ment, une telle sur­prise pour Jaccottet, qu’il en fera l’aliment prin­ci­pal de son ins­pi­ra­tion jusqu’à aujourd’hui. La vie s’organise autour de l’écriture, deux enfants naissent, de nom­breux amis de pas­sage sont accueillis dans la haute mai­son de Grignan, et par la fenêtre, on aper­çoit le large pay­sage ouvert qui change avec les sai­sons et trans­forme ses habi­tants séden­taires en une étrange sorte de  nomades. C’est à Grignan qu’il fait la décou­verte des haï­kus japo­nais et de l’oeuvre du grand poète russe Ossip Mandelstam. Traduisant, écri­vant sur la grande table de son bureau face à la fenêtre, se pro­me­nant dans la cam­pagne, par­ta­geant la vie du vil­lage, cor­res­pon­dant avec d’autres écri­vains, d’autres artistes plus ou moins loin­tains, s’échappant pour quelques voyages, regar­dant, écou­tant, per­dant par­fois l’équilibre, accor­dant constam­ment ses deux ins­tru­ments l’un à l’autre, la vie, l’écriture, Jaccottet vit ain­si, n’importe qui peut le véri­fier, « juste de vie, juste de voix », comme il l’a écrit lui-même.

 

Pourquoi lire Jaccottet ?

               

  C’est tout d’abord l’occasion, pour le lec­teur, de vivre grâce à son ima­gi­na­tion une  riche expé­rience sen­sible ; d’affiner sa vue, d’aiguiser son ouïe, d’élargir sa sen­si­bi­li­té et ain­si d’approfondir la conscience qu’il peut avoir de sa vie, tant « le fouillis de nos com­pli­ci­tés pri­mi­tives avec le monde » comme dit Merleau-Ponty est détaillé, inter­ro­gé, explo­ré sous de mul­tiples angles ou de mul­tiples moda­li­tés dans cette oeuvre. Ecrire, pour Jaccottet, c’est d’abord cela : cher­cher à déga­ger ou à main­te­nir cette « fraî­cheur acide du par­ti­cu­lier » qui nous attache au monde d’une manière à la fois incar­née et spi­ri­tuelle.

           

   C'est ensuite, jus­te­ment, l'occasion de vivre une expé­rience spi­ri­tuelle. Spirituelle dans la mesure où cette conju­gai­son de l’écriture et de l’existence, leur confron­ta­tion inces­sante dans l’oeuvre concernent direc­te­ment le lec­teur, lui lancent un appel qui l’atteint au centre de  sa vie. Lire Jaccottet, c'est voir com­ment un écri­vain par­vient à extraire de sa propre exis­tence, dans  ce qu’elle a de plus concret et, peut-être même, de plus ordi­naire, sous la forme d’images direc­trices, de signes fuyants (« une  lente neige de cris­tal »), non pas exac­te­ment du sens, mais des preuves de la pos­si­bi­li­té d’un sens, quelque chose comme le conte­nu vivant d’une espé­rance. L’écriture a été pour Jaccottet ce moyen, dès le début, dans un monde sur­gis­sant du désastre après deux guerres mon­diales consé­cu­tives, d’accueillir, de pour­suivre, d’interroger et de pas­ser au crible cri­tique tout ce qui pou­vait res­sem­bler de près ou de loin au com­men­ce­ment d’une espé­rance. Il fal­lait inven­ter un ins­tru­ment aus­si pré­cis que rigou­reux pour détec­ter ces signes que le monde  envoie à celui qui sait les recueillir et s’imposer une exi­gence dans l’interprétation de ces signes. Voilà pour­quoi, sans cesse, ils seront confron­tés à ce qui les nie dans l’expérience et la pen­sée : à la mort, à la perte, au deuil, à l’angoisse et à la dou­leur sous toutes ses formes, mais aus­si aux idéo­lo­gies,  aux pen­sées nihi­liste, sys­té­ma­tique ou reli­gieuse, tra­vail inlas­sable de l’esprit cri­tique qui ne se satis­fait d’aucune réponse facile, ou seule­ment théo­rique. C’est ain­si que Jaccottet fait scin­tiller dans toute son œuvre, comme un cours d’eau vu à tra­vers des arbres, ce mince fil d’or, fra­gile et dis­con­ti­nu, iden­tique, ou peu s’en faut, à celui qu’on voit briller sur la tranche du volume de la Pléiade, le fil mille fois bri­sé et repris par la poé­sie d’une espé­rance d’autant plus fiable qu’elle est fra­gile, qui peut suf­fire à orien­ter et fon­der une exis­tence comme il est dit au début de La pro­me­nade sous les arbres. « J’allais confier beau­coup de choses, et même le sort d’une ou deux per­sonnes, à de vagues entre­vi­sions, à des impres­sions sans doute très intenses, très pro­fondes et d’une nature tout à fait dis­tincte, mais tout de même fort incer­taines et dif­fi­ciles à éva­luer ».

 

Pourquoi le lire dans la Pléiade ?

 

   On y trouve tout Jaccottet, ou presque (n’y figurent pas les articles cri­tiques, les récits de voyages et l’œuvre tra­duite). On peut, comme dans la cathé­drale de Proust, y entrer par n’importe quelle porte et y cir­cu­ler libre­ment, sauf que là, il s’agira plu­tôt d’un large pay­sage ouvert, avec ses murets et ses che­mins de terre, un pay­sage inon­dé de lumière, de type médi­ter­ra­néen, mais avec ses ombres, ses cre­vasses, ses gouffres.

Une sai­sie glo­bale per­met de suivre l’évolution de l’œuvre et de remar­quer la place de plus en plus pré­pon­dé­rante qu’y prend l’écriture en prose : elle semble sur­gir d'abord des poèmes en vers, de fac­ture assez clas­sique au début, mais ouverts, par leur pro­pos, à la réa­li­té pro­saïque du monde, pour cas­ser ensuite la fra­gile cage de la ver­si­fi­ca­tion, frag­men­ter et dis­per­ser l’unité du poème clos sur lui-même et l’ouvrir à la phrase de la prose, à son rythme, à sa durée. Les livres de proses viennent dans un pre­mier temps s’ajouter aux livres de poèmes, pro­po­sant une sorte d’alternative poé­tique, puis les deux moda­li­tés de l’écriture coha­bitent, et par­fois se croisent, se mêlent dans un même livre, un même texte à par­tir de Cahier de ver­dure. On voit ain­si un jeune poète, éton­nam­ment pré­coce et lucide, défi­nir son pro­jet, le médi­ter, le réa­li­ser en le met­tant à l’épreuve et en l’ajustant sans cesse jusqu’à ce que celui-ci trouve une forme d’accomplissement dans les années de matu­ri­té. Cette fidé­li­té tout le temps d’une vie à une intui­tion cap­tée très tôt dans la jeu­nesse est l’un des aspects les plus sai­sis­sants, peut-être les plus émou­vants de cette œuvre.

   La publi­ca­tion dans la Pléiade per­met notam­ment au lec­teur de décou­vrir les textes en prose des années 90, peut-être moins connus du grand public et qui sont pour­tant le lieu d'un cer­tain accom­plis­se­ment du pro­jet. Jaccottet le dit lui-même, ses proses sont peut-être ce qu'il y a de plus ori­gi­nal dans son oeuvre, ce qu'on ne trouve pas ailleurs.

   Nous nous sommes effor­cés dans l'appareil cri­tique  de mettre notre connais­sance de l'oeuvre et de ses atte­nants au ser­vice de l'histoire de son écri­ture, de nous faire lit­té­ra­le­ment les nar­ra­teurs d'une écri­ture au point qu'il peut se lire comme une sorte de roman, un roman de la poé­sie comme il en existe d'autres, je pense, par exemple, au Docteur Jivago de Pasternak où l'on voit, là aus­si, même s'il s'agit d'une fic­tion, les poèmes sor­tir du récit d'une exis­tence, comme si le roman en était la pré­face ou la pré­sen­ta­tion. L'histoire de cette écri­ture est d'autant plus pre­nante qu'elle n'est pas une fic­tion, qu'elle est même le contraire d'une fic­tion, mue par la recherche d'une véri­té davan­tage pres­sen­tie que démon­trée et qui demande, pour être sai­sie, un ins­tru­ment poé­tique par­ti­cu­liè­re­ment aigui­sé et toutes les facul­tés d'un esprit de finesse incroya­ble­ment sub­til et mobile.

   Les notes du texte ne sont pas là sim­ple­ment pour jus­ti­fier la qua­li­té d'une col­lec­tion comme celle de la Pléiade connue pour sa rigueur scien­ti­fique ou pour mon­trer  l'étendue de la culture du poète. L'érudition, ici, prise pour elle-même, n'est que secon­daire. Elle fait sur­tout appa­raître les choix pré­fé­ren­tiels de Jaccottet dans ses lec­tures, ses inter­lo­cu­teurs pri­vi­lé­giés et révèle ain­si l'incroyable poly­pho­nie de son écri­ture. Une écri­ture tou­jours en dia­logue avec une autre écri­ture, un poète qui n'est jamais seul quand il écrit, mais qui, tou­jours, répond à la parole d'un autre, ou l'intègre à la sienne, s'y conforte, s'y appuie, s'y relance, notam­ment dans les moments de doute, de mutisme ou d'inquiétude, tis­sant avec ces autres voix des "liens radieux" au point que cer­tains textes, cer­tains poèmes peuvent appa­raître comme de véri­tables petits carillons de voix. Chez Jaccottet, la poé­sie est de la voix tis­sée, pour­rait-on dire, en para­phra­sant l'exergue de Airs (qui est de Joubert).

  Jaccottet a réuni autour de son œuvre pour la pré­sen­ter au public, une équipe de cher­cheurs qui sont aus­si, pour quelques uns, des poètes et en les­quels il avait toute confiance : José-Flore Tappy qui dirige l'édition, Hervé Ferrage, et moi-même. Doris Jakubec nous a rejoints ensuite et Fabio Pusterla  a signé la pré­face… C’est parce qu’il avait confiance qu’il nous a per­mis d’accéder à ses manus­crits et de le rejoindre ain­si dans le silence de l’écriture. Il nous a lais­sés très libres d’utiliser comme nous le vou­lions nos décou­vertes, com­pre­nant sans doute tout ce que cette étude pou­vait avoir de fécond pour nous d’abord et pour les lec­teurs ensuite. Quand, à Lausanne, nous avons ouvert les boîtes de car­ton qui les conte­naient, nous avons décou­vert un véri­table champ de bataille : pour chaque livre, un nombre très impor­tant de feuillets, beau­coup plus impor­tant que le nombre final de pages, tous char­gés de ratures, de com­men­taires, de cor­rec­tions, mul­ti­pliant les ver­sions, les détours, les ajouts et sur­tout les sup­pres­sions, le maître mot de ces pages étant sans doute « sabrer ». Tout cela témoigne d’un tra­vail consi­dé­rable et d’une  extra­or­di­naire exi­gence de la part d’un écri­vain qui ne se par­donne rien, ne se laisse pas le droit à la moindre faci­li­té, à la moindre approxi­ma­tion quand ce qu’il s’agit de dire est à la fois le plus haut, le plus ténu, le plus dif­fi­cile et en même temps le plus émou­vant et le plus concret parce que c’est pré­ci­sé­ment cela qui peut nous sau­ver de nous-mêmes, de l’angoisse, de la mélan­co­lie, de la vio­lence. C'est Rimbaud qui disait que "le com­bat spi­ri­tuel est plus bru­tal que bataille d'homme". Les manus­crits de Jaccottet et ses proses nous montrent que  le com­bat qui se mène à tra­vers les mots pour pour­suivre une intui­tion le plus loin  pos­sible dans son éclair­cis­se­ment, dans la for­mu­la­tion qui sans la figer la dira de la manière la plus juste, la plus trans­pa­rente est aus­si une aven­ture spi­ri­tuelle qui n'est pas sans dan­ger et sans dou­leur. Il s'agit, pour l’écrivain, de se frayer le che­min par la parole vers des lueurs entre­vues, vers ces quelques signes sus­cep­tibles de nour­rir quelque chose qu'il faut bien appe­ler "espé­rance" faute d'un autre mot et parce qu'il est sans doute temps de nous extraire des années de dépres­sion de la deuxième moi­tié du XX siècle qui ne sont plus de sai­son, de ce goût pour le noir, de cette exclu­sive accor­dée à la mélan­co­lie, des lec­tures scien­ti­fiques, tech­ni­ciennes ou mar­chandes du monde,  de tout ce qui nous englue et nous empêche de res­pi­rer, de vivre libre­ment et d’aimer notre vie. Bref, c'est le moment ou jamais d'écouter ce poète qui sur le seuil du XXI° siècle, où il se tient, nous passe le relais en nous disant : « Que reste-t-il ? Sinon cette façon de poser la ques­tion qui se nomme la poé­sie et qui est vrai­ment la pos­si­bi­li­té de tirer de la limite même un chant, de prendre en quelque sorte appui sur l’abîme pour se main­te­nir au-des­sus, sinon le fran­chir (qui serait le sup­pri­mer) ; une manière de par­ler du monde qui n’explique pas le monde, car ce serait le figer ou l’anéantir, mais qui le montre tout nour­ri de son refus de répondre, vivant parce qu’impénétrable, mer­veilleux parce que ter­rible… »

 

 

 

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Doina Ioanid

Doina Ioanid – nom de plume de Doina Ilie

Doina Ioanid est née le 24 décembre 1968 à Bucarest.

Poète, diplô­mée de la Faculté de Lettres de Bucarest, elle a ensei­gné la langue et la lit­té­ra­ture fran­çaises à l’Université « Transilvania » de Braşov : cours pra­tiques de com­mu­ni­ca­tion, de tra­duc­tion, cours d’anthropologie cultu­relle et cours d’interprétation lit­té­raire.

Elle a éga­le­ment tra­duit en rou­main plu­sieurs ouvrages de langue fran­çaise, par­mi les­quels Dix heures et demie du soir en été (Vara, la zece şi jumă­tate sea­ra – Éditions Cartier, Chişinău, 2006) de Marguerite Duras ; Par une nuit où la lune ne s’est pas levée (Într-o noapte fără lună – Éditions Polirom, Iași, 2009) de Dai Sijie ; L‘immeuble des femmes qui ont renon­cé aux hommes (Femeile care au renunţat la băr­baţi –Editura Trei, Bucureşti, 2015) de Karine Lambert.

Doina Ioanid est aujourd’hui rédac­teur à Observator cultu­ral, l’hebdomadaire cultu­rel le plus impor­tant de la Roumanie, après en avoir été pen­dant une décen­nie secré­taire géné­ral de rédac­tion. Elle a publié des édi­to­riaux et d’autres articles à des sujets cultu­raux ou articles d’opinion, des inter­views et des chro­niques lit­té­raires.

Après avoir par­ti­ci­pé à des volumes col­lec­tifs, Doina Ioanid a publié plu­sieurs recueils de poèmes salués par la cri­tique :

  • Duduca de marţi­pan (La demoi­selle de mas­se­pain), Éditions Univers, Bucarest, 2000
  • E vre­mea sa porţi cer­cei (Il est temps que tu portes des boucles d’oreille), Éditions Aula, Braşov, 2001
  • Cartea burţi­lor şi a sin­gurătăţii (Le livre des ventres et de la soli­tude), Éditions Pontica, Constanţa, 2003
  • Poeme de tre­cere (Poèmes de pas­sage), Éditions Vinea, Bucarest, 2005
  • Ritmuri de îmblîn­zit ari­cioai­ca (Rythmes pour apai­ser la héris­sonne), Éditions Cartea Românească, 2010
  • Cusătu­ri (Coutures), Éditions Cartea Românească, 2014,
  • Cele mai mici proze, Editura Nemira, București, 2017

Dans les poèmes en prose de Doina Ioanid, la tex­ture du quo­ti­dien, sou­mise à un regard intense, se défait et se trans­forme. De ses nota­tions par­fois hyper­réa­listes sur­git un uni­vers dense d’interrogations, qui laisse trans­pa­raître le ver­tige exis­ten­tiel dans des phrases aux rythmes incan­ta­toires.

Elle a aus­si par­ti­ci­pé aux fes­ti­vals de poé­sie et ate­liers de tra­duc­tion :

  • Le Festival International de Poésie „Ars Amandi”, Brașov, 2005
  • Atelier de tra­duc­tion, Arcuș, 2006
  • Maraton de  Poésie, Sibiu, 2007
  • Le Festival International de Poésie, Istanbul, 2009
  • Le Festival Review of Small Literatures, Zagreb, 2010
  • Festival de Bistrita, 2010
  • Dunya Festival, Rotterdam, mai, 2011
  • Poetry International Festival, Rotterdam juin 2011
  • Atelier de tra­duc­tion coor­don­né par ICR Stockholm, Suède, 2011
  • Poetry Parnassus Festival, Londres, 2012
  • Biennale Internationale de Poésie, Liège, 2012
  • Le Festival International de Poésie de Sibiu, 2012
  • Salon de Paris, 2013
  • Felix Poetry Festival, Anvers, 2013
  • Festival International de la Poésie, Namur, 2013
  • North Wales International Poetry Festival, 2013
  • Transpoesie, Bruxelles, 2014
  • Lectures sous l’Arbre, Ardèche, Haute-Loire, 2015
  • Le Festival International „Primăvara Europeană a poeților“/Le Printemps Européen des Poètes, Chișinău, 2105, 2016, 2017

Ses poèmes ont été tra­duits en hon­grois, fran­çais, anglais, néer­lan­dais, turc, slo­vène, bul­gare, croate, sué­dois, alle­mand, ita­lien, gal­lois et polo­nais.

  • Het juf­fertje van mar­se­pein, volume indi­vi­duel tra­duit en néer­lan­dais par Jan H. Mysjkin, Éditions Douane, Rotterdam, 2011
  • La demoi­selle de mas­se­pain, volume bilingue, rou­main-fran­çais, tra­duit par Jan H. Mysjkin, Éditions Atelier de l’agneau, 2013
  • Rythmes pour appri­voi­ser la héris­sonne, volume indi­vi­duel tra­duit par Jan H. Mysjkin, Éditions L’Arbre à paroles, Amay, 2013 [Les deux der­niers titres ont paru à l’occasion du Salon du Livre de Paris, 2013]
  • Oorbellen, bui­ken en een­zaam­heid, volume indi­vi­duel tra­duit en néer­lan­dais par Jan H. Mysjkin, Éditions Perdu, Amsterdam, 2013
  • Ritmen om de vrouwt­je­sen­gel te tem­men, volume indi­vi­duel tra­duit en néer­lan­dais par Jan H. Mysjkin, Éditions De Contrabas, Utrecht & Leeuwarden, 2014
  • Boucles d’oreilles, ventres et soli­tude, volume bilingue, rou­main-fran­çais, tra­duit par Jan H. Mysjkin, Éditions Cheyne, Le Chambon-sur-Lignon, 2014                          [Ce livre a été nomi­né pour le Prix des Découvreurs, 2016/​17]
  • Coutures (Cusături), volume tra­duit par Jan H. Mysjkin, Éditions L’Arbre à paroles, Amay, 2015
  • Le Collier de cailloux, volume indi­vi­duel tra­duit en fran­çais par Jan H. Mysjkin, Éditions Atelier de l’agneau, 2017
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