Ce recueil rassem­ble poèmes en ver­set réc­its courts. Fleurs de la trace explore des sou­venirs qui recou­vrent toute une vie. La voix du poète creuse, taille et peaufine ce qui a été vécu dans la jeunesse et cette légèreté ani­me l’écriture dans la pre­mière par­tie du recueil.

Toute cette pluie ruis­se­lait dans la mai­son de mon enfance. Elle dévalait autour de mon lit. Elle fai­sait vocalis­er l’é­pais­seur des murs. Elle dis­solvait l’agrégat des secrets de famille, encaqués der­rière le papi­er peint des cloi­sons, les portes et les ten­tures. Généreuse, elle finis­sait par cul­buter la réten­tion de l’évi­er où se grat­taient les légumes de la soupe. Elle tor­dait les gout­tières, fai­sait débor­der le lavoir et gazouiller les pots de fleurs.

Le ton vac­ille entre le ludique et le trag­ique, ce qui per­met au poète de mieux inter­peller l’histoire de son temps,les peurs qui ron­gent et l’amour qui élève. 

 

Richard Soudée, Fleurs de la trace, Edi­tions L’Harmattan,
col­lec­tion Poètes des cinq con­ti­nents, 2017, 138 pages, 15,50 €.

Torse antique
échap­pé
vivant
aux mains des icon­o­clastes 

Tu cours
tripes échevelées
au vent

Créa­ture
mes­sagère

 

Cela donne toute sa force à ce petit opus qui ouvre grand les portes sur un éven­tail de thèmes rich­es en effets sensoriels. 

 

Dans la haute frondai­son de l’ar­bre Aimé Césaire étin­celle un tour­bil­lon de luci­oles. Elles me par­lent. Elles crépi­tent pour éclair­er le chemin de ma révolte. Elles m’ar­ment de mots-images. Et soudain elles prodiguent leur lait bien­faisant pour dis­soudre mes ter­reurs d’en­fant. À l’ar­rivée des ténèbres, elles allu­ment les bou­gies et m’of­frent la douceur d’un gâteau de miel à partager.

 

Dans  Fleurs de la trace  Richard Soudée révèle la voix intérieure du poète qui tra­vaille la matière brute jusqu’à ce qu’elle livre les sym­bol­es rich­es, par­fois mys­térieux, d’une expéri­ence existentielle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Sydney Alice Clark

Syd­ney Alice Clark est maître de Con­férences en let­tres. Ses nou­velles ont été pub­liées dans des revues et des antholo­gies français­es et améri­caines telles : Bridges: a Glob­al Anthol­o­gy of Short Sto­ries, Temenos Pub­lish­ing;Short Sto­ry,Uni­ver­si­ty of Texas at Brownsville etRéso­nances,Uni­ver­sité Paris 8.Le pre­mier prix « opéra­tion man­u­scrit Tech­nikart » lui a été décerné au salon du Livre (mars 2011) pour son recueil de nou­velles, A Dark­er Shade of Light. Son recueil de poésie, en anglais et en français, a paru dans Imag­i­naires,uni­ver­sité de Nantes.  Elle fait par­ti du jury du con­cours : la Nou­velle en anglais,  organ­isé par le CIRHILL et le CRILA, à l’université d’Angers.  Son ouvrage, le Théâtre roman­tique en crise, Shake­speare et Ner­val,a été présélec­tion­né pour un prix de recherche par la Société des Angli­cistes de l’Enseignement Supérieur et l’Association Française d’É­tudes Américaines,co-auteur de la Nou­velle anglo-sax­onne, une étude psy­ch­an­a­ly­tique, Paris: Hachette, avec Patrick Badon­nel et Claude Maison­nat, elle a pub­lié de nom­breux arti­cles cri­tiques sur la nou­velle et le théâtre.

sydneyaliceclark.com