> Richard Soudée, Fleurs de la trace

Richard Soudée, Fleurs de la trace

Par |2018-11-08T10:04:45+00:00 5 novembre 2018|Catégories : Critiques, Richard Soudée|

Ce recueil ras­semble poèmes en ver­set récits courts. Fleurs de la trace explore des sou­ve­nirs qui recouvrent toute une vie. La voix du poète creuse, taille et peau­fine ce qui a été vécu dans la jeu­nesse et cette légè­re­té anime l’écriture dans la pre­mière par­tie du recueil.

Toute cette pluie ruis­se­lait dans la mai­son de mon enfance. Elle déva­lait autour de mon lit. Elle fai­sait voca­li­ser l’épaisseur des murs. Elle dis­sol­vait l’agrégat des secrets de famille, enca­qués der­rière le papier peint des cloi­sons, les portes et les ten­tures. Généreuse, elle finis­sait par culbu­ter la réten­tion de l’évier où se grat­taient les légumes de la soupe. Elle tor­dait les gout­tières, fai­sait débor­der le lavoir et gazouiller les pots de fleurs.

Le ton vacille entre le ludique et le tra­gique, ce qui per­met au poète de mieux inter­pel­ler l’histoire de son temps,les peurs qui rongent et l’amour qui élève. 

 

Richard Soudée, Fleurs de la trace, Editions L’Harmattan,
col­lec­tion Poètes des cinq conti­nents, 2017, 138 pages, 15,50 €.

Torse antique
échap­pé
vivant
aux mains des ico­no­clastes 

Tu cours
tripes éche­ve­lées
au vent

Créature
mes­sa­gère

 

Cela donne toute sa force à ce petit opus qui ouvre grand les portes sur un éven­tail de thèmes riches en effets sen­so­riels. 

 

Dans la haute fron­dai­son de l’arbre Aimé Césaire étin­celle un tour­billon de lucioles. Elles me parlent. Elles cré­pitent pour éclai­rer le che­min de ma révolte. Elles m’arment de mots-images. Et sou­dain elles pro­diguent leur lait bien­fai­sant pour dis­soudre mes ter­reurs d’enfant. À l’arrivée des ténèbres, elles allument les bou­gies et m’offrent la dou­ceur d’un gâteau de miel à par­ta­ger.

 

Dans  Fleurs de la trace  Richard Soudée révèle la voix inté­rieure du poète qui tra­vaille la matière brute jusqu’à ce qu’elle livre les sym­boles riches, par­fois mys­té­rieux, d’une expé­rience exis­ten­tielle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Sydney Alice Clark

Sydney Alice Clark est maître de Conférences en lettres. Ses nou­velles ont été publiées dans des revues et des antho­lo­gies fran­çaises et amé­ri­caines telles : Bridges : a Global Anthology of Short Stories, Temenos Publishing ;Short Story,University of Texas at Brownsville etRésonances,Université Paris 8.Le pre­mier prix « opé­ra­tion manus­crit Technikart » lui a été décer­né au salon du Livre (mars 2011) pour son recueil de nou­velles, A Darker Shade of Light. Son recueil de poé­sie, en anglais et en fran­çais, a paru dans Imaginaires,uni­ver­si­té de Nantes.  Elle fait par­ti du jury du concours : la Nouvelle en anglais,  orga­ni­sé par le CIRHILL et le CRILA, à l’université d’Angers.  Son ouvrage, le Théâtre roman­tique en crise, Shakespeare et Nerval,a été pré­sé­lec­tion­né pour un prix de recherche par la Société des Anglicistes de l’Enseignement Supérieur et l’Association Française d’Études Américaines,co-auteur de la Nouvelle anglo-saxonne, une étude psy­cha­na­ly­tique, Paris : Hachette, avec Patrick Badonnel et Claude Maisonnat, elle a publié de nom­breux articles cri­tiques sur la nou­velle et le théâtre.

syd​neya​li​ce​clark​.com

 

 

 

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