Accueil> Samy Hassid, Le Vent dans la chambre…, et autres poèmes

Samy Hassid, Le Vent dans la chambre…, et autres poèmes

Par |2019-11-08T07:39:55+01:00 6 novembre 2019|Catégories : Poèmes, Samy Hassid|

Le vent dans la chambre
fait glis­ser les pigeons ramiers
dans les petites mains rou­gies
de l’arbre en face.
Par la fenêtre ouverte
des vagues viennent
s’allonger un ins­tant sur le lit
pour aspi­rer l’odeur
de nos sécré­tions intimes
fai­sant vibrer au pas­sage
les pages des livres
en spasmes éper­dus.

 

Avec cette cha­leur
me revient l’odeur
de la gre­na­dine à l’eau.
Goûters pris entre deux acti­vi­tés
ou dans le car
de retour d’excursion
les mains toutes col­lantes de sève.
Énergie brû­lée de soleil
les tempes réson­nant encore
de courses exté­nuées
les pieds en feu
mais heu­reux d’avoir gagné
2 barres de cho­co­lat
allon­gées sur du pain.

 

 

Mycènes est tom­bée.
Forteresse minée
par les tom­beaux de ses suze­rains
strates de pote­ries poly­chromes
tré­sors à même le sol
géné­ro­si­té post­hume.
A l’ombre des oli­viers
len­te­ment se goûte
l’huile des siècle écou­lés
le silence hachu­ré des cigales.
La mort qui mon­tait la garde
dans l’étroit cor­ri­dor du “cercle A“
à pré­sent se gorge de ciel
dans les tho­los effon­drés.

 

 

Essuyées sur la table
extir­pées du grille-pain
balayées jusque sur le seuil
les miettes frag­mentent la mati­née.
Elles gagne­ront le ciel
dans des gésiers d’oiseaux
tan­dis que ce fro­mage
jaune et friable
au goût sans arrière-pen­sée
reste ici avec moi.
Carence de plé­ni­tude.

 

 

Présentation de l’auteur

Samy Hassid

Samy Hassid tra­vaille entou­ré d’œuvres d’art entre ravis­se­ment, vigi­lance et som­no­lence. Pour tuer le temps – mais aus­si pour le sau­ver – il consigne dans de petits car­nets ses obser­va­tions, ses impres­sions. Ces car­nets sont ain­si l’entreprise d’un col­lec­tion­neur d’instants qui cherche à conser­ver le patri­moine anec­do­tique qu’est notre pas­sage sur terre.

 

Autres lec­tures