Alexandre Lequœur, EDA, extraits

Par |2020-01-06T16:15:00+01:00 5 janvier 2020|Catégories : Alexandre Lequœur, Poèmes|

IX

Suiv­re le pavé
  les odeurs
et le cours de la Seine

le jour
est sans matin

Flèche de Notre-Dame
    blessure au mur
 de Saint-Gervais

l’aube
est blafarde

De l’or scin­tille sensible
au tym­pan des Archanges
répon­dant au sourire
de la rue Quincampoix
Quand l’air porte des mots
    inat­ten­dus encore
inspi­rant au retour
leur absence de poids

 

 

∗∗∗∗∗∗

XV

Les volets sont clos sur ma main
qui pour que l’autre écrive
pro­tège la petite flamme
de l’ap­pétit de l’ombre

L’in­stant auparavant
j’é­tais à la fenêtre
quand le ciel et la terre
se sont déréunis

Et ma paume recèle
de la mémoire claire
obscure à son envers
où demeure ma nuit

 

 

 

∗∗∗∗∗∗

XVI

L’autre nuit
Adja­cente du jour dérobé
Entre­tient un silence
Dont l’éter­nel ennui
Débor­de et puis s’élance
Par la mort initié
Pour entr’ou­vrir une aube
Où l’homme se fait lyre
De la nuit palpitante
Au matin avouée
De la mémoire lente
Au présent avenir

 

 

 

 

∗∗∗∗∗∗

XVIII

Quel jour
quelle année
quel moi s’en est allé
bat­tant des ailes ?

D’ouest en est
du pareil au même

Le chemin du retour
Est-il une route vers soi ?

Et si ultimement
il advient que j’acquiesce
vais-je me retourner
revenir sur mes pas ?

 

∗∗∗∗∗∗

XXXIX

Humer le matin
quand les toits se défont en nues

Boire l’aube
lire l’aube délivre

 

 

Présentation de l’auteur

Alexandre Lequœur

Alexan­dre LEQUŒUR vit En Bre­tagne. Né en 1987, il s’ex­erce depuis à l’écri­t­ure en musique et en mots.

Longtemps habi­tant de la nuit, il a scruté — sans vouloir le saisir, le pas­sage de l’om­bre au jour pour délivr­er un témoignage qu’il for­mule en vers libres qu’il espère précis.

Il tra­vaille à ce jour à l’élab­o­ra­tion d’un pre­mier recueil com­posé de quar­ante poèmes illus­trés. Pour lui, l’écri­t­ure est un tra­vail manuel de l’e­sprit. Aus­si, sans cesse, il se sou­vient « PER LABOREM AD ARTEM » qui est la devise de son ancien vil­lage à Paris.

 

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