> Alfred Edward Housman, Oh voyez

Alfred Edward Housman, Oh voyez

Par | 2017-12-30T11:38:28+00:00 20 octobre 2013|Catégories : Alfred Edward Housman, Poèmes|

 

Oh voyez com­bien ser­rés les bou­tons d’or
    Ornent champs et che­mins,
Avec les pis­sen­lits pour égre­ner les heures
    Qui jamais plus ne seront dites.
Oh puis-je à tra­vers prés vous faire escorte
    Et cueillir de frais bou­quets pour vous ?
Il n’y pas de mal à me prendre le bras.
    « Vous pou­vez, jeune homme, vous pou­vez. »

Ah, prin­temps fut don­né aux filles et gar­çons,
   C’est main­te­nant que leur sang d’or s’enfièvre,
Fille et gar­çon font bien d’être joyeux
   Avant que le monde soit vieux.
Ce qui fleu­rit ce jour peut refleu­rir demain,
   Mais jamais comme une pre­mière fois.
Et si j’arrondissais mon bras autour de vous…
« C’est très vrai, jeune homme, c’est vrai. »

Il est cer­tains gar­çons, on a honte à le dire,
   Qui font seule­ment leur cour pour voler,
Et une fois qu’ils ont la fleur déro­bée
   Presque rien après eux ils ne laissent.
Adonc gar­dez vot’cœur pour hommes tels que moi
    Et ne le confiez à un gars équi­voque.
Mon amour est fidèle et à vous tout entier.
   « Peut-être, jeune homme, peut-être. »

Regardez-moi bien dans les yeux, que crai­gnez-vous ?
Voyons, un mile y a depuis la ville.
Que l’herbe est verte autour de nous !
    Nous ferions bien de nous asseoir.
Ah, qu’est ce la vie sinon une fleur ?
    Si on s’aime vrai­ment pour­quoi sou­pi­rer ?
Soyez gen­tille, ayez pitié, chère char­mante, –
    «  Au revoir, jeune homme, au revoir. »

 

Traduction par Delia Morris et André Ughetto

 

 

Oh see how thick the gold­cup flo­wers
  Are lying in field and lane,
                  With dan­de­lions to tell the hours
That never are told again.
Oh may I squire you round the meads
   And pick you posies gay ?
                  -‘Twill do no harm to take my arm.
‘You may, young man, you may.

Ah, spring was sent for lass and lad,
  'Tis now the blood runs gold,
And man and maid had best be glad
  Before the world is old.
   What flo­wers to-day may flo­wer to-mor­row,
     But never as good as new.
                      – Suppose I wound my arm right round –
"Tis true, young man, 'tis true.'

      Some lads there are, 'tis shame to say,
         That only court to thieve,
     And once they bear the-bloom away
        'Tis lit­tle enough they leave.
       Then keep your heart for men like me
         And safe from trust­less chaps.
                        My love is true and all for you.
                           'Perhaps, young man, per­haps.'

           Oh, look in my eyes then, can you doubt ?
       – Why, ‘tis miles from town.
            How green the grass is all about !
  We might as well sit down.
            Ah, life, what is it but a flo­wer ?
   Why must true lovers sigh ?
           Be kind, have pity, my own, my pret­ty, –
   ‘Good-bye, young man, good-bye.’
 

Sommaires