> Alfred Edward Housman, Réveil

Alfred Edward Housman, Réveil

2017-12-30T11:33:31+00:00

Réveil

Debout ! Le cré­pus­cule argen­té reve­nant
Envahit la plage de ténèbres
Et le vais­seau en flammes du levant
Sur la rive orien­tale s’arrête.

Debout ! L’ombre voû­tée se casse,
Piétinée sur le sol qu’elle enjam­bait,
Et la toile de la nuit en lam­beaux
Jonche la terre sous le dais du ciel.

Debout, mon gars, debout, il est tard pour dor­mir :
Ecoute les tam­bours du matin ;
Ecoute l’appel des routes vides :
« Qui veut aller par-delà les col­lines ? »

Les villes et cam­pagnes y invitent,
Et les caps de briller, les bef­frois d’appeler ;
Jamais un gars chaus­sé de cuir
Ne vit assez pour en avoir le cœur repu.

Debout, mon gars ; des muscles qui se traînent 
Sur leur paillasse au soleil s’affaiblissent ;
Matins au lit et som­meil de jour
Ne sont pas pour homme vivant.

L’argile gît mais le sang vaga­bonde ;
Le souffle est un bien que l’on ne peut gar­der.
Debout, mon gars : à la fin du voyage
Assez de temps auras-tu pour dor­mir.

Traduction par Delia Morris et André Ughetto

 

 

 

Reveille

Wake : the sil­ver dusk retur­ning
Up the beach of dark­ness brims,
And the ship of sun­rise bur­ning ,
Strands upon the eas­tern rims.

Wake : the vaul­ted sha­dow shat­ters,
Trampled to the floor it span­ned,
And the tent of night in tat­ters
Straws the sky-pavi­lio­ned land.

Up, lad, up, ’tis late for lying :
Hear the drums of mor­ning play ;
Hark, the emp­ty high­ways crying
‘Who’ll beyond the hil­ls away?’•

Towns and coun­tries woo toge­ther,
Forelands bea­con, bel­fries call ;
Never lad that’ trod on lea­ther .
Lived to feast his heart with all.

Up, lad : thews that lie and cum­ber
Sunlit pal­lets never thrive ;
Morns abed and day­light slum­ber
Were not meant for man alive.

Clay lies still, but blood’s a rover ;
Breath’s a ware that will not keep.
Up, lad : when the journey’s over
There’ll be time enough to sleep.

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