> Eve NUZZO et ses performances poétiques

Eve NUZZO et ses performances poétiques

Par | 2018-02-18T22:58:51+00:00 1 mars 2017|Catégories : Essais & Chroniques|

 

Ève Nuzzo fait vibrer une parole tragique et comique sur de nombreuses scènes. Assumant ce donné théâtral, elle creuse les expressions familières sur lesquelles nous nous construisons sans le savoir, excavant, dénudant le langage sur un chemin de lucidité (E.P.)

 

Mes condi­tions de créa­tion me deman­dez-vous.

Je ne m’étais jamais pen­chée sur la ques­tion aupa­ra­vant, mais, ani­mant pour la pre­mière fois un ate­lier men­suel d’écriture, j’ai du m’y col­ler.

Donc, les « condi­tions de créa­tion » c’est à la fois le pour­quoi et com­ment.
Le com­ment, le moins inté­res­sant, à vrai dire on s’en fout pro­ba­ble­ment, c’est un peu la par­tie people des « condi­tions » :
Pour écrire j’ai besoin : d’un car­net et d’un sty­lo, d’une che­mi­née et d’un tapis, d’une théière et d’une bou­gie, d’une angoisse ou d’un tour­ment.
De moins en moins d’une joie.
La joie je me la garde à vivre.

Et puis le pour­quoi :

J’écris pour ne pas tout débal­ler au pre­mier venu, pour tout dire en une seule fois, pour trou­ver d’efficientes réponses à de réelles ques­tions, pour avouer ce que je ne peux décem­ment pas avouer, pour me sou­ve­nir parce que j’ai si mau­vaise mémoire, j’écris et ça me concentre et j’existe comme il faut.
J’écris pour prendre un peu d’avance sur la réa­li­sa­tion de mes dési­rs, et sur­tout, pour trans­for­mer mes échecs en matière à rire.
Et comme c’est pour dire sur une scène, il faut que ça parle, il faut que ce soit ryth­mé et construit pour que ça parle.
L’écriture est une séduc­tion.

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