À contre-courant
l’eau lisse mes peurs
quand la lumière transperce mes écailles
d’omble de fontaine
une longue migration s’enroule
autour d’un monde dénué de la moindre couture.
Miroirs de sable
Le fleuve est lent
la porte est ouverte sur le ciel
il s’abîme avec lui
à l’intérieur c’est une épidémie de solitude
un dédale creusé dans mon impatience.
Des bruits sont allés avec la lumière dans une eau profonde
ma bouche emplie d’algues
ma poitrine trouée de ronces
le naufrage dans le naufrage.
Port d’attache
Je cherche un port d’attache
où ma voix serait framboise, serait oiseau, serait nuage
un équilibre où amarrer mon canot.
Mes saisons s’égrènent et se divertissent
de la beauté d’une écorce
de l’arrogance d’un brin d’herbe.
Parfois le littoral
fait don de silence
le fleuve s’évase dans nos poitrines
lorsque la mer monte dans l’estuaire
l’eau douce et l’eau salée se mêlent.
Au loin, des loups-marins hurlent quand nous bégayons des prières
nos larmes débordent des continents
puis disparaissent sans amertume.
Vous ne connaissez pas
le trouble fragile du fleuve
ni celui de la forêt
où mon coeur s’ébat.















