1.

je recule
devant l’immense

image d’espace
par­fois il manque

à mon regard
moi-même

de même que la forme
et la couleur du hasard
de ce qui m’environne

et je sais que je ne pour­rais jamais accueil­lir en moi
qu’un quart ou moins

mais un quart
d’espace
c’est déjà la silhouette

dérac­inée des pieds
jusqu’à la tête
une fleur cueil­lie                    dans le temps

qui s’efface

c’est déjà un filament
l’étincelle allumée
par mon désir – du bûch­er présent

 

les amours
souf­flées. perdues.
un à un passé

sous mes pieds
la terre tremble
rugit sans traces

la mémoire les efface
jusqu’à la pâleur des pierres

je pleure je souris
c’est comme ça.

 

tout le monde part
dehors
même la vie
dedans
fuit

le temps passe
sans traces
que nous
devant l’immense
bouche béante

autour du nœud
« moi »
tout se détache

même la peau se relâche
et les nerfs se délient
« je » fuis

 

mon corps
un poids par­mi tant d’autres
dans cet espace-là
présentement

mon corps presse con­tre les herbes vertes à Montsouris
sur une colline

le bleu du ciel est partout                je dirais

les herbes vertes pressent con­tre mon corps à Montsouris
dans une vallée

partout brille le bleu du ciel            je dirais

une impres­sion condensée
nous submerge

elle à mes côtés
ou moi en corps
à côté d’elle

on meut en réalité
tout ce qui est présent
rythmé

aux accents
d’une sur­faces et de secondes 
acci­den­tels                                       – on respire  

quel soulage­ment de le ressen­tir     – on vit 
encore en corps
la pelouse pulse fort

 

le souf­fle silencieux
cen­trifuge                               l’univers dans ses yeux
                                               / j’attends en mouvement
que l’étincelle du silex
révèle la motion des cieux

 

 

 

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