we melt into the wild
and nature melt
in us
we can still feel
the burning light among
the forgotten trees
je me remplis
des lumières
et des ombres
ça continue
ça murmure
ça raconte
de grands mystères
nos grands corps
et nos mains
prolongements
des traces d’où l’on vient
très loin les traces gravées
dans la nature
dans ce qui ne peut pas
être violenté
je peux garder ce secret
sur nos peaux
des épines dans nos doigts
nos membranes grises usées
nos doigts
qui restent en suspens
comme nos petites épines
à l’intérieur
comme nos fragilités
racontées par ces craquelures
entre nos poumons
là
qu’on essaye d’apaiser
je me balade
dans mes forêts d’acanthes
je me couvre de mes fleurs redoutables
je m’ancre
je suis
là
dans mes os de pierre
corps têtu caché
carapace brute ternie
de couleurs
corps nu solide
vulnérable
fissures
dans ma chair
je porte un poids tout le jour
je porte le poids de la beauté et de l’absence
je porte le poids de l’oublié.e
je porte le poids de cette attente là toi aussi
tu la maintiens
entre tes poumons
c’est la trace de nos rêves condamnés à
l’immobilité
et à la brûlure du soleil
***
cette force rugueuse
impose encore un peu
sa destruction
sur mon corps
et mes paupières aveugles
je me coule
dans le parfum
des acanthes
mes côtes
marques illuminées
par la clarté
et mes jambes perdues
dans les ombres qui me poursuivent toujours
je suis tordue et sauvage comme les herbes folles
je suis libre et sauvage
comme les fleurs
rappel
rappel que tout meurt
rappel que tout vit
tout respire
respire
respire
***
je tiens
l’éclat flamboyant
dans mes mains
je tiens la lumière contre tout
contre tout ce qui
l’affaiblit
je tiens le ciel et la terre
je tiens les respirations
de l’écorce
je tiens les danses des racines
je tiens ce qui persiste
je tiens les branches qui gardent
la permanence
je tiens la puissance des cimes
corps emmêlés
reposer en paix
et leurs ombres sortent
de leur chair
elle s’en vont dans les champs
***
et mes ombres sortent de ma chair
un peu partout fragmentées
ce qui me traverse
des éclats de l’immensité
ce moment dans le secret
du paysage
que le soleil transperce
ce moment où la lumière
se répand dans le creux
de mon tronc
sans écho ça se répercute
sans écho
ça éclabousse mes courbes
que j’offre à l’éclaircie
été de fonte
ce qui me traverse
l’herbe grimpante autour de mes cuisses
et la souche rejoint les nervures
de mes veines
sa mémoire
mange ma peau
y déverse ses mélancolies sa mémoire mange
la mienne
je suis la vibration
qu’on a détachée
de nos poumons
***
il y a un instant
où plus rien ne passe
où plus rien ne se passe
il y a un instant
où le paysage m’engloutit engloutit mon bruit
on passe
et les grands êtres
aux peaux bruissantes
murmurent des secrets
que plus personne
ne comprend
il y a un instant
où l’arbre
là
l’arbre et les prairies
et les grands pins
montant très haut
il y a un instant
où tout s’apaise
où plus rien ne passe
où plus rien ne se passe
sauf les petites brûlures les petites failles
là
entre les grandes silhouettes
arbre qui prend la place de mon corps
auréole incandescente
au milieu
du calme
***
je cherche des réponses
mon corps disparu
dans le sauvage
mon coeur circule
entre les plantes l’écorce
les torsions
vivante
peut-être que je suis vivante
corps nu
solide
et vulnérable
c’est peut-être encore
ce qui compte
la lumière captée dans tout
comme les arbres fleuris
comme leurs branches
se cambrent
je passe de l’absence
à l’ouverture
mes veines
et mes terminaisons nerveuses
aux quatre vents
***
je me remplis
des lumières
et des ombres
je me laisse
envahir
par l’indompté
je deviens dans l’été
messager
des passages
et des bruissements
est-ce que je vais le rester
est-ce que ça va rester
nos respirations
nos balancements
nos chants assourdis
notre mémoire
souffle
je l’ai déjà dit
ne pas oublier
lorsque la beauté transperce
nos corps
***
our bodies rest
in the sharpened blooms
we disappear
we follow
the mysteries
we disappear
in the shifting leaves
growing
in our hearts















