> Jean-Watson Charles, Le chant des marées, extraits

Jean-Watson Charles, Le chant des marées, extraits

Par |2018-07-12T20:45:11+00:00 5 juillet 2018|Catégories : Jean-Watson Charles, Poèmes|Mots-clés : |

Stivenson Magloire.

Comment vivre le monde quand je ne connais que Toi pour réa­li­té
Mon bagne rêve sur tes genoux et d’un pays putré­fié.
Combien de fois dois-je le crier
Que toutes les portes des villes soient à mes pieds
Que toutes les femmes soient des fruits mûrs pour La bonne récolte.
Que des villes et des terres loin­taines
Se lèvent et marchent à poings fer­més
Zafra Akkad Gorée Damas
Le temps n’est plus de la bonne semence
Mais sou­viens-toi que nous sommes des bohèmes

 

In Le chant des marées, éd. Unicité , 2018

 

Le soir fon­dait dans tes yeux
Qui me par­laient tant de voyages
De ta souf­france et  tes dési­rs
J’ai si long­temps espé­ré la mer dans tes seins nus
Que par­fois je rature le jour dans les contours
De tes orgasmes
Et dans la déchi­rure aux pieds du matin
Non je n’oublierai pas
Mes fan­tômes
Mes peurs
Mes envies et mon pays
Oui je n’oublierai pas
Puisque par­tir est un leurre
Pour oublier soi-même
Une porte ouverte du néant
J’ai peut-être souf­fert et fait souf­frir le temps
Mais la mer ce long tis­sage qui ronge mon cœur
Pour qu’un jour elle t’appartienne
Comme un fruit mau­dit
Je vou­drais par­ler ta langue, tes chan­sons
Pour dire à jamais que je t’aime
Je vou­drais te dire tant de choses
Mais le cri du poète est une rivière qui pleure

 

 In Le chant des marées, éd. Unicité , 2018.

 

Nasson, Cross In Arms.

Duval Carrie, Edouard crys­tal explo­rer.

 

Je t’écris pour te dire que mon cœur est une rivière
qui coule à ta ren­contre. Et que chaque goutte est
un hymne à la terre, que chaque cri te dit la levée
du jour. Je t’écris comme ce vent qui passe et qui
m’emmène vers toi, pour te dire que mon cœur
Est à la dérive des conti­nents

 

J’ai vécu dans le cœur des hommes la stran­gu-
lation. Le temps n’est plus à nos portes comme un cri
bles­sé ou nos yeux com­blés de vent et de terres
mau­dites. Fini le temps des tam-tams et le chant du
soir, fini la plèbe et les jours tes­ta­men­taires

 

In Le chant des marées, éd. Unicité , 2018.

 

 

 

 

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