Murielle Compère-DEMarcy : 3 poèmes

2018-02-22T22:56:45+01:00

 

Dans un clin /
de lecture
Entre les paupières /
du soleil
Un bat­te­ment de ciel
Une coccinelle
pointille tout un mot /
sur le recueil de poèmes
que j’effeuille à fleur /
de ta peau

Quelque part / dans un clin
de lecture
Des ailes
fer­ont bat­tre plus loin /
les clôtures
d’ombre du 
soleil.

 

 

***

 

 

IMPRESSION FUGITIVE

L’œil & le photographe
n’auront pas rejoint l’autographe
de l’insecte sur la feuille

Un poème réin­vente le cliché
sur une feuille /
Instant recomposé

 

 

***

 

 

 

COUPURE D’ELECTRICITE

un fusible a sauté
dans la nuit de ma tête /
de ma tête-à-poèmes
2 heures après minu­it ce n’est rien
le train-tram-rail des rêves
qui roule / Le Directeur du Réseau Central
déféré / dans ma tête qui roule
Sous les ver­rous / à des écliss­es mal
resser­rées  / des
kilomètres
des kilo­mètres de voies se serrent
des par­al­lèles se joignent
à la barre la voix des ouvriers
sans voie déraille / Sang /
Con­vois de sang

La Grande Société se serre
les fers / Le Directeur
la cein­ture / qui prend
ses sbires à témoin
mais il y a maldonne

Tu prends ton bonheur
en pre­mière classe / bil­let à l’œil
tandis
que dure l’Affaire / N’ont pas le temps
de contrôler
n’auront pas le temps
de tout con­trôler / trop dur à faire

La faute à personne
La faute à personne

Voie extérieure
Extérieur-Nuit
l’herbe mange le rail
le ram-tram-rail
de la lumière tandis
que tu march­es / tu marches
jusqu’à l’emblème une trace d’un peu d’humanité

 

Dans le ciel l’angle obtus d’un fuse­lage sonne
l’angélus / sept heures
dix-neuf-heures /  sur le cad­ran l’ombre
change d’heure / autrement / la même
tou­jours la même
La quête des prières gagne mains sonnantes
la paume des nuages
une ville un clocher la voix des gal­li­nacés à partager
l’heure / pas de corde à balancer
plus le temps / pas de balancier
temps élec­tron­ique programmé /
la ville affairée
tandis
que tu march­es / tu marches
podomètre thermo-luminescent
col­lé à tes pas luisants / ascen­sion / performance
Vers / Chute
assurée

mais c’est la faute à personne
mais c’est la faute à personne

Fit­ness du vers en pleine & belle forme
mais coupure d’électricité
un fusible a sauté
dans le boîti­er miné

de ta tête-à-poèmes
un poème et / un poème/  et un poème

On inspecte la pyramide
la pyra­mide des responsabilités
Le Directeur avec / Le Directeur dirigeant
leurs chemins vers la mer avant
la Cen­trale thermo-lactique
de nos rêves
mais c’est la faute à personne
mais c’est la faute à personne

ou à celui d’en‑d’ssous
                         juste en-dessous
                                    tout en dessous
                                                        à descendre
                                                                   en douceurs

toi tu march­es / tu march­es jusqu’à
la Galerie Nationale
la galerie nationale près de la cathédrale
des anges presque debout font l’ange et regardent
se compter l’heure / sem­piter­nelle / sempiternelle

 

Le con­férenci­er enfile la flûte
la flûte des visites
dans la trame tendue
retendue des regards
par­fois des reflets brillent
Ren­tr­er dans la galerie d’art
Intem­porelle / intemporelle
en-dedans / tout-en-dedans
des choses à con­voiter / en douleurs
des con­vois d’or
Des tis­sus t’enveloppent
t’imprègnent / t’impriment
jusqu’au sang
des recoins de lune
interlope
jet­tent l’extase obscure
sur la toile
Sur la toile
une étin­celle par­fois / une atten­tion s’allume
den­rée rare
3 mètres sur 3 mètres 8 ans de travail
3 de recom­mencés / les lissiers tis­sent la patience
dans l’espoir-Pénélope
tu pédales
tu pédales de bonheur
retrou­vé c’est le méti­er qui rentre
au-dedans
sur le fil
fil de laine dans cette trame de soie / des draps de satin
la lumière vibre / sculpte la toile
étoiles de l’art dans les regards
loin loin loin / âme-tram-rails / des trains qui passent
parce qu’ils passent
eux / au loin / broutés
par le regard
euh… / bovin

On prend du plaisir
Le Directeur de la Grande
Cen­trifugeuse des Rêves –des­ti­na­tion
mangues / ananas / palétuviers
s’est pen­du mais
on se ser­rait la ceinture
c’est la faute à personne
surtout la faute à personne

Le Directeur s’est pen­du / attention
Pat­ri­moine à ven­dre / Art à ven­dre / Artistes
soldés
en sol­de de tout cœur
Send u$ your heart ! A vot’ bon cœur, m’ssieurs dames !
Bien Nation­al  / 350 euros/picture
pour la peine de ton rêve
ton rêve précaire
–pas cher, pas cher-
Pour une tapis­serie, fau­dra bien voir
temporiser
art con­tem­po­ranisé
‑On préparera
Sci­ences Po’

Tout se perd & tout
est à vendre
Maman est morte & je ne sais
pour quoi
Il faut élim­in­er l’armoire / l’armoire‑à
‑glace qui déforme
sa pau­vre image / sa pau­vre image
C’est lui le respon­s­able C’est lui le responsable
Maman est morte & je ne sais
plus quand
mais faut récupérer
récupér­er le mobilier
surtout le mobilier
Noter
Récup’ Mobil-moth­er
Fouiller emporter / vite emporter
Pen­dant la coupure / la coupure d’électricité

Sous cou­vert de ta tête
coupure d’électricité
tour­nesols à l’envers
Break Heart Ange per­du dans ton sommeil
se ronge les ongles –ce sont les nerfs
ce sont les nerfs / ten­dus sous la peau
C’est la faute à la coupure
la coupure d’électricité
du réseau / des nerfs
C’est la faute à la mort de Maman
Faudrait dormir

Pas dans le poème de la nuit
les caté­naires sont tombés
/ foudroyés
les lignes ont les bass­es tensions
et les écliss­es assassinent
Il est six heures ici / midi à New York
Minu­it dans le lit des Sex-appeal
Orphée frus­tré déraisonne
rêve Nar­cisse plutôt qu’Eurydice
Scoop-de-mytho’ au cœur de l’Info’/  qui sonne
l’angélus éteint pour­tant qui résonne
deux fois par jour / pas humain
mais

c’est la faute à personne
c’est la faute à Personne
Orphée frus­tré cogne
aux portes éventrées
des Ego-sys­tèmes / nos EGOs
‑Sys­tème
de Beaux Goss­es pas beaux

mais il n’y a personne
mais IL N’Y A PERSONNE
 

 

Présentation de l’auteur

Murielle Compère-DEMarcy (MCDem.)

Bibliographie

  • Je marche—, poème marché/compté à lire à voix haute et dédié à Jacques DARRAS, éd. Encres Vives, 2014
  • L’Eau-Vive des falais­es, éd. Encres Vives, 2014
  • Coupure d’élec­tric­ité, éd. du Port d’At­tache, 2015
  • La Falaise effritée du Dire, éd. du Petit Véhicule, Cahi­er d’art et de lit­téra­tures n°78 Chien­dents, 2015
  • Trash fragilité (faux soleils & drones d’ex­is­tence), éd. du Cit­ron Gare, 2015
  • Un cri dans le ciel, éd. La Porte, 2015
  • Je Tu mon AlterÉ­goïste, éd. de l’Ecole Poly­tech­nique, Paris, 5e, 2016
  • Sig­naux d’ex­is­tence suivi de La Petite Fille et la Pluie, éd. du Petit Véhicule, coll. de La Galerie de l’Or du Temps ; 2016
  • Co-écri­t­ure du Chien­dents n°109 :  Il n’y a pas d’écri­t­ure heureuse, avec le poète-essay­iste Alain MARC, éd. du Petit Véhicule ; 2016
  • Le Poème en marche suivi par Le Poème en résis­tance, éd. du Port d’Attache ; 2016
  • Dans la course, hors cir­cuit, éd. Tar­mac, coll. Car­nets de Route ; 2017 ; réédi­tion aug­men­tée en 2018
  • Poème-Passe­­port pour l’Exil, avec le poète et pho­tographe (“Poé­togra­phie”) Khaled YOUSSEF éd. Corps Puce, coll. Lib­erté sur Parole ; mai 2017
  • Nantes-Napoli, français-ital­iano tra­duc­tions de Nun­zia Amoroso, éd. du Petit Véhicule, Cahi­er d’art et de lit­téra­tures n°121, vol.2, Chien­dents, 2017
  • …dans la danse de Hurle-Lyre & de Hurlevent…, éd. Encres Vives, coll. Encres Blanch­es n°718, 2018
Murielle Compère Demarcy

Pub­li­ca­tions en revues : Phoenix, La Passe, FPM-Fes­­ti­­val Per­ma­nent des Mots, Trac­­tion-Bra­bant, Les Cahiers de Tin­bad, Poésie/première, Ver­so, Décharge, Tra­ver­sées, Mille et Un poètes (avec “Lignes d’écriture” des édi­tions Corps Puce), Nou­veaux Dél­its, Microbes, Comme en poésie, Poésie/Seine, Cabaret, Con­cer­to pour marées et silence, … ; sur espaces numériques Terre à ciel, Le Cap­i­tal des Mots, Recours au Poème

Pub­li­ca­tions en 2018 dans Nunc, la Revue Europe et Galerie Pre­mière Ligne

Antholo­gies : “Sans abri”, éd. Janus, 2016 ; “Au Fes­ti­val de Con­cèze”, éd. Comme en Poésie, 2017 ; Poésie en lib­erté (antholo­gie numérique pro­gres­sive) en 2017 et 2018 ; citée dans Poésie et chan­son, stop aux a pri­ori ! de Matthias Vin­cenot, aux édi­tions For­tu­na (2017), …

Rédac­trice à La Cause Lit­téraire, écrit des notes de lec­ture pour La Revue Lit­téraire (éd. Léo Scheer), Les Cahiers de Tin­bad, Poez­ibao, Tra­ver­sées, Sitaudis.fr, Tex­ture, Zone Cri­tique, Lev­ure Lit­téraire, Recours au Poème en tant que con­tributrice régulière.

Lec­tures publiques : Mai­son de la Poésie à Amiens ; Marché de la Poésie, Paris,6e ; Salon de la Revue (Hall des Blancs-Man­teaux dans le Marais, Paris 4e) ; dans le cadre des Mardis lit­téraires de Lou Guérin, Place Saint-Sulpice (Paris, 6e) ; Fes­ti­val 0 + 0 de la Butte-aux-Cailles ; Melt­ing Poètes à la Galerie de l’Entrepôt (Paris, 14e) ; auteure invitée aux Fes­ti­val de Mont­meyan (Haut-Var) [août 2016 + août 2018] ; au Fes­ti­val Le Mitan du Chemin à Camp-la-Source en avril 2017 /[Région PACA] ; au Fes­ti­val DécOU­VRIR-Con­cèze (Cor­rèze) en août 2018

Invitée du “Mer­cre­di du poète” ani­mé par Bernard Fournier, le 28 févri­er 2018, au François Cop­pée — 1, Bd de Mont­par­nasse, Paris 6e- présen­tée par Jacques Darras.

Lue par le comé­di­en Jacques Bon­naf­fé le 24 jan­vi­er 2017 sur France Cul­ture.

Son blog : Poésie en relectures

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