Nicolas Waquet, Cinq variations

2018-01-10T22:10:10+01:00

 

 

O mon ami qui ne m’a jamais vu,
Bien­tôt le soleil percera
Der­rière tes yeux voilés.

J’ai peur, tu sais, au bord de sa lumière.
Tu as déjà quit­té ses rives
Et tu me laisseras

L’azur, la mer, l’horizon tout autour,
Per­du, là où l’eau est si lisse,
Le silence rutilant.

 

 

***

 

 

C’est l’automne, le ciel est creux
Et c’est l’après-midi.

De grands arbres tumultueux,
Au bois dur, parfumé,
Dif­fusent une lueur de peine.

Et l’amant, par ces allées
Où la lumière se traîne,

Rôde, dis­cret dans cette douleur
Vacante, cher­chant, meurtri,
À se vêtir d’obscurité.

 

 

***

 

Loin de la terre sillonnée,
Des clair­ières de l’être,

Ta mort som­meille, fris­sonne, tapie
Au fond de mes yeux clos.

Chaque soir je regagne son règne,
Mon silence esseulé,

Comme une bête blessée
Dans le sang du soleil.

 

 

***

 

 

L’absente
Respire auprès de moi

Elle dort
Douce­ment ne fait que vivre

Ailleurs
Lorsque son corps la quitte

Secret
Dès que la nuit l’habille

 

 

***

 

 

Une porte s’ouvre devant moi.

La terre grince sur son axe.

Soleil froid ; cham­bre vide.

J’ai rêvé tu vivais encore.

Présentation de l’auteur

Nicolas Waquet

Nico­las Waquet est né en 1978. Sa poésie, traduite en ital­ien, est pub­liée dans divers­es revues. Tout en traduisant, pré­façant et anno­tant des œuvres en alle­mand, en anglais, en latin et en grec ancien, il a signé aux Édi­tions de Cor­levour deux recueils de poèmes inti­t­ulés À peine et Puisqu’il fait jour, ce dernier faisant égale­ment l’ob­jet d’un cycle de mélodies.

Nicolas Waquet - © photo Véronica Marie L
Aller en haut