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Passage en revues

Par | 2017-12-30T21:51:32+00:00 6 août 2013|Catégories : Revue des revues|

IntranQu’îllité, la revue mise en œuvre par James Noël, qui a son port d’attache en Haïti, se pré­sente comme « revue lit­té­raire et artis­tique », et ne dédaigne pas la poé­sie, bien au contraire. James Noël donne un édi­to­rial tout en foi en l’art et en l’action de ce der­nier sur le concret du monde. Le maître d’œuvre de la revue écrit : « Portée par le chaos, la revue fraie son che­min, dans le flou de l’heure. Et nous, nous assu­rons pour la forme, le dosage d’un ima­gi­naire en over­dose ». Puis : Nous avons opté, façon boîte noire, pour un outil qui capte des vibra­tions, avec une pério­di­ci­té annuelle. Produire des rêves, fixer des ver­tiges une fois l’an, n’est-ce pas une façon éco­lo­gique de (se) pen­ser sans pol­luer le ciel men­tal, sans brû­ler la nuit en soi ? ». Tout lec­teur un peu habi­tué de Recours au Poème com­pren­dra aisé­ment que nous nous recon­nais­sions dans ce pro­gramme. L’architecture d’ IntranQu’îllité fonc­tionne par thèmes suc­ces­sifs. Ainsi, en ce second opus :

8 textes autour de « Jorge Luis Borges, l’œil du maître », forment « l’épicentre » de ce numé­ro. James Noël et sa com­plice Pascale Monnin ont sol­li­ci­té des écri­vains, des plas­ti­ciens et des pho­to­graphes pas­sion­nés par l’œuvre du maître ici choi­si, Borges. Ce sont des voix diverses et enga­gées, glo­ba­le­ment très à gauche : Chao, Ramonet ou Depestre par exemple. On lira aus­si les tons d’écrivains tels que Hubert Haddad, Christian Garcin ou Dany Laferrière. La revue met le cur­seur haut.

IntranQu’îllité s’intéresse ensuite au « Che comme méta­phore ». Chaque écri­vain appe­lé à contri­buer à cette par­tie s’est vu deman­dé de racon­ter sa ren­contre avec le Che par « le prisme de la lit­té­ra­ture ». Cela donne un ensemble de très belle fac­ture dans lequel on peut lire des textes de Francis Combes, Ernest Pépin ou Yahia Belaskri, entre autres. Le dos­sier se ter­mine par un entre­tien avec Ramiro Guevara.

Troisième mor­ceau d’architecture : « Tous les vents du monde », orches­tré par Valérie Marin La Meslée, « Bons vents vivants de tous les mondes en un seul, magni­fi­que­ment épars ». On trouve trois poèmes d’Adonis, poète que nous consi­dé­rons ici comme l’un des grands poètes des pro­fon­deurs vivant, des textes de Diamanka, Pierre-Marc de Biasi ou Arthur H.

Vient ensuite la par­tie qui a prio­ri concerne le plus Recours au Poème : « De la poé­sie avant toute chose ». On ne sau­ra mieux dire, autant en ce qui concerne l’ordre des prio­ri­tés que le réel de l’origine de la vie. La poé­sie est ce qui est venu en pre­mier. Et son chant est une quête per­pé­tuelle et cyclique d’un retour construc­tif de et vers l’Origine. C’est ce que nous pen­sons ici. Accompagnés de belles pho­to­gra­phies et/​ou repro­duc­tions d’art, on lira des poèmes de Fabian Charles,  Enna Saplum, Henri Poncet, Alex Laguerre, Paul Wamo, Cécile Desmaisons, Gilbert Bourson, Martine Salmon, Madeleine Monette, Massimo Saidel, Eliphen Jean, Michel Vézina, Arnaud Delcorte, Antoine-Hubert Louis, Felwine Sarr, Franz Benjamin, Bernard Noël, Nadol’s, Anne Mulpas, Charles Dobzynski, James Noël, Jacques Taurand et Paul Harry Laurent. Le choix est à la fois diver­si­fié et de qua­li­té.

Ce second numé­ro d’IntranQu’îllité se pro­longe le temps de trois autres fortes rubriques : Coq à l’âne, Villa Médicis, Retours en aller simple.

A lire.

 

revue IntranQu’îllité n°2, mai 2013

Directeur/​ Maître d’oeuvre : James Noël

La revue est annuelle

Contact : passagersdesvents@​gmail.​com

 

N4728 pro­pose ici sa 24e livrai­son, et s’affirme une fois de plus comme l’une des très belles revues de poé­sie du pay­sage lit­té­raire fran­çais. C’est du reste plus qu’une revue, un labo­ra­toire de tra­vail et de recherche, aspect accen­tué en cet opus par la créa­tion d’une nou­velle rubrique pen­sant la poé­sie : Sentiers. Le comi­té pose une ques­tion à plu­sieurs poètes, ici : Lire la poé­sie contem­po­raine ? On trou­ve­ra des réponses de Bourg, Deyrolle, Emaz, Gellé, Jouan, Vogels et un entre­tien avec Florence Trocmé, ani­ma­trice du site Poezibao. Nous aimons bien cet espace et en fai­sons régu­liè­re­ment la « pro­mo­tion » dans Recours au Poème, y com­pris sur les réseaux sociaux. Sentiers offre un ban d’essai convain­cant qui donne envie de lire la suite, avec des voix diverses (ce qui est annon­cé d’ailleurs par le direc­teur de la publi­ca­tion).

Du côté des poèmes, le som­maire est très riche. On lira, entre autres, les forts poèmes ou textes de Dugardin, Baumier, Dudouit, Girard, Le Lepvrier, Le Penven, Hanea, Peigné, Torlini… Des voix diverses qui rendent comptent en par­tie de ce qui s’écrit main­te­nant.

Ce numé­ro com­mence, comme à l’habitude de N4728, par la mise en avant de trois voix sin­gu­lières et recon­nues : Ludovic Degroote, Jacques Ancet et Dominique Dou.

L’ensemble forme un numé­ro qu’il convient de se pro­cu­rer. Ceux qui ne connaissent pas encore N4728 et qui aiment la poé­sie feraient bien d’aller faire un tour du côté de ses pages.

 

revue N4728, numé­ro 24, juin 2013.

Direction : Christian Vogels

Comité : Antoine Emaz, Albane Gellé, Alain Girard-Daudon, Yves Jouan, Christian Vogels.

Contact : n4728@​zythumz.​fr

Le numé­ro : 12 euros

 

 

La revue Bâtarde, en son second numé­ro, s’attaque au bon­heur. C’est pour­quoi sa cou­ver­ture s’orne de la pho­to d’un skieur « heu­reux », accro­ché à la barre d’un remonte-pente. Une image à la Philippe Muray, celle d’un homo fes­ti­vus contem­po­rain. L’équipe (clan­des­tine) de Bâtarde ne manque ni d’humour ni de cynisme, un tan­ti­net situa­tion­niste même, cette belle revue, tant en ce qui concerne son conte­nu que sa forme ou son fond artis­tique. Du papier aux œuvres d’art en pas­sant par les textes et les pho­tos. Elle tient son quar­tier géné­ral et son comi­té cen­tral en Belgique, pro­ba­ble­ment du côté de Bruxelles.

Ici l’on dit que « le dia­logue entre usa­gers conscients du monde exa­mine de près les pos­sibles infra­struc­tures du bon­heur et de son oppres­sion à l’échelle intime tout autant qu’à l’échelle socio­lo­gique » et que « Pierrot rit à pleines dents, dents jaunes ». Nous sommes en com­plet accord avec cette cri­tique du monde contem­po­rain, que l’on retrouve par ailleurs, du côté du théâtre, dans les tra­vaux en cours d’un dra­ma­turge comme Falk Richter. On retrouve le côté pro­lon­ge­ments d’un cer­tain situa­tion­nisme dans l’organisation des pages de la revue : les auteurs conviés sont lis­tés au début, avec indi­ca­tion des pages où on peut les lire, et ensuite les textes ne font pas appa­raître de nom d’auteur. Cela donne une forte uni­té à l’ensemble, fai­sant res­sor­tir d’ailleurs l’intelligence du tra­vail des acteurs de la revue. On lira ou on décou­vri­ra les œuvres plas­tiques de Blondeau, Dejaeger, Ergo, Gosselin, Jacobs, Dreszniak, Pennequin, Baumier, Tholomé, Nisse… Et bien d’autres. Cette revue n’est pas de celles qui cumulent des textes sans pen­sée, c’est une vraie revue lit­té­raire, et donc poli­tique. Il y a quelque chose d’un regain de l’avant-garde dans ses pages. A se pro­cu­rer abso­lu­ment.

 

revue Bâtarde, numé­ro 2, juin 2013

apé­rio­dique

contact : contact@​indekeuken.​org

www​.inde​keu​ken​.org

 

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