> Ping-Pong : LA DERNIERE OEUVRE DE PHIDIAS de Marilyne Bertoncini

Ping-Pong : LA DERNIERE OEUVRE DE PHIDIAS de Marilyne Bertoncini

Par |2018-08-18T14:19:00+00:00 31 mai 2017|Catégories : Essais & Chroniques|

 

ICI UNE LECTURE PERSONNELLE

UN BROUILLON SUR PAPIER BLANC

 

 

« Nous avons l’art pour ne pas mou­rir
de la véri­té. »

NIETZSCHE

« Je sens qu’il va fal­loir s’occuper
de quelque chose d’élevé. »

 

GOGOL

Lire fait écrire, mais quoi ? Une ave­nance, une innom­ma­bi­li­té.
Un pas devant, un pas de côté, et j’avance
Fantôme radieux
Le poème seul sait faire tour­ner la tête du lec­teur. Le poème déjà – le même – est
ailleurs à accom­plir un autre tra­vail. Et je lis en lui. Vers contre vers, c’est cela. À ne
pou­voir conclure, on pour­suit. Et ce matin, le camion démarre en trombe. Petit
camion d’épicier.

C’est un film assu­ré­ment : aper­ce­voir un lec­teur de si près s’éloigner. C’est un film
pour moi. Je ne vois pas autre­ment ni ne lis sans voir, sans aller quelque part,
bien­ve­nue l’infini. Je me voyage beau temps, mau­vais temps.

Ici, non pas comme je l’ai pen­sé, mais comme je le vivrai : lire un livre avec son
immense.

Puisqu’ils vivent en dehors de moi, les mots se cherchent un corps pour y semer leur
âme et y coha­bi­ter, escor­té de voeux.

 

*

 

C’est assis au volant que je mets la lec­ture en voie
Je ne lis jamais seul, je lis le devant
Le pay­sage dépas­sé, je relis
Si le ciel est droit, la route trouve le che­min fin
Il n’y a pas d’habitude à prendre avec une lec­ture : s’assoir, et filer avec son fonds
Jamais le même lieu, la même neige près d’un arbre d’hiver
Si je lis, je parle des objets, des images, des lettres
Surtout la langue fran­çaise, je conçois à la réap­prendre
Avec les mots du poème
J’en accepte les défauts, leur génie
Et votre Phidias, Marilyne, attend d’être aper­çu pour faire entendre sa voix

 

Il ne le savait pas, qu’il pas­se­rait à l’écrit pri­vé, à l’éphémère à l’éternel
Il lisait, lui, dans les veines du marbre, les veines de l’eau ne brouillaient rien
Il a connu les pluies pleines, les longues marches au désert
En fait, on ne sait pas
Un jour, il a per­du la vue, il a tou­ché l’instant avec ses mains, et il a sculp­té
Dans le blanc
L’adorable beau­té

[…]

Le camion, tiens
Il s’arrête
J’observe à droite les traces lais­sées par une ques­tion : Et pour­quoi la poé­sie ?
Et pour­quoi celle-ci, et pour­quoi pas celle-là ?
Je réponds : pour nous tenir droit
Dans l’obscurité
Pour être la colonne qui prend racine dans l’air
D’une même cou­lée que l’élan
Du mar­teau du burin

[…]

Le camion, tiens
Il repart
Tranquille
Je me lasse de réflé­chir
J’entreprends ma lec­ture au plus près du vide
Je pose un doigt lent sur le com­men­ce­ment, et je lis ici :

Phi-dias

Dans l’îlot clair décou­pé par la lampe
au creux de la ténèbre où ma pen­sée te cherche
Je trace la caresse
de ton nom

 

Nuit, la nuit
Dès alors, je sais
Que la suite s’écrira au moment de la lec­ture en ces pages d’un livre :
LA DERNIERE OEUVRE DE PHIDIAS

[…]

[…]

Et le camion se remet en route
Il ne gêne rien de l’instant lent, il file toute allure
Je suis libre enfin, je ne crains guère la magie des mots
Je suis par­mi les mor­ceaux choi­sis d’une bio­gra­phie
Dont on ignore presque tout
Sinon les siècles qui en ont fait un par­mi les siens

 

Je vogue tout autant que je marche avec la vitesse atteinte du véhi­cule
Au loin, l’histoire déploie ses images reines – ô mes Reines !
Et se déplie dans mes mains encore je touche la paume fine d’Athéna
Je vois – ô je vois ! – mon dieu en exil, il est pour moi
Pourquoi celui-ci et pour­quoi pas çui-là ?
Celui-ci puisque je l’imagine
Je le lis ain­si
Je me lie à lui
C’est moi qui vois par­mi les noms cités tout au long du récit
Les années gagnées, four­nies en éter­ni­tés, ceux-ci :
Pline l’Ancien, Pausanias, Zeus, Olympie
Il n’y a pas d’image sans nom, pas d’amour sans his­toire
Et tout sculp­teur aura aimé jusqu’à en être condam­né, jusqu’à en être exi­lé
C’est ce qu’on lit dans les bio­gra­phies, entrailles offertes aux pillages
Aux cor­beaux, aux noirs pelages des nuits han­tées

[…] […]

Nuit, la nuit
Le camion s’élance de nou­veau
Je ne sais rien de sa lan­cée, je me dirige, je crois, vers l’île de Lemnos
Je n’ai qu’un seul dieu, il me faut voir le plein des cieux
Le plein des visages rou­lant au-des­sus des essieux du temps, et filant encore
Et bra­vant le mys­tère, vers ce qui me ren­dra à moi le réel
Taillé dans le marbre, Phidias ache­vant sa der­nière oeuvre :
Mon propre visage de lec­teur posé à por­tée de main
Souverain

[…]

Camion épi­cier
Il s’arrête, j’en des­cends, je ne suis plus le même, com­ment conti­nuer ?
Je reprends ma lec­ture, aus­si le pay­sage s’impatiente, une ombre face à la mer
Phi-dias ! Je t’aperçois dans le ciel pal­pi­tant
Je laisse le poème dire, je me tais, le camion s’éloigne, je suis le visage qui te cherche
des yeux, et serai celui qui te trou­ve­ra, car tu es déjà au creux de ma tête

La mer :
La mer :
Deux syl­labes d’enfant
Je ne me sou­ve­nais plus
Je me retrouve ici je suis celui qui t’appelait
Depuis des siècles je suis celui qui était
Un enfant vivant
Parmi les siècles
Et l’enfant t’a recon­nu

 

Tu es Phidias, moi t’appelant
Toi qui me nommes
depuis le plus loin­tain pay­sage
Phi-dias, deux ailes t’emportent et meublent ici mon ciel de Tourelle
mon fleuve de Gaspésie, ciel fidèle, mouettes au vent
Oh certes ! tu te pren­dras au piège des signes de celle qui te crée
Qui te traque Phi-dias
Mer et falaises t’abritent
Entends celle vers qui tu t’amènes :
Toi – ô toi –, tu froisses la soie tiède de l’immense joue bleue du cré­pus­cule
Tu touches ici à l’immensément
Et moi, je quitte tout pour te rejoindre
Je ne me perds jamais
Du fond des eaux, je suis celui qui relève l’obscur
Phi-dias ! rap­pelle-toi, je suis l’enfant qui n’a pas péri en son enfance
Je suis celui le ter­ri­fiant
Celui de tous les miracles
Je te suis à la trace, soli­taire
Camion navire bateau croi­seur
Je m’adjoins les hautes figures des dieux
Je suis d’eau tel je suis des fonds abys­saux
Et telle celle qui te crée, je suis celui qui te trouve
En mes mains fami­lières comme des feuilles au vent
Phi-dias ! Phi-dias !
Quels cris sous la pierre, arbre ou oiseau
Aucun
Je suis là comme j’y étais
Elle et moi, auteur lec­teur :
Précieux voya­geurs
Témoins

 

*

 

Phidias, tes sculp­tures
Des noms comme des insectes, des fos­siles
Des noms avec leur intime secret
On ne sait rien
Des sculp­tures dis­pa­rues
Colonnes, mer­veilles du monde cou­pées au cou­teau
Qui sait ce qu’il faut oublier
L’enfant crie ce que le cri peut faire
Lui ici l’évadé du désastre
Des roses de mer, il en rede­mande sur un air de pia­no
Noir

 

Texte, poème, pages font lire en angle tout
L’oeil cubique

 

*

 

À pro­pos
Il y a la sculp­ture s’il y a le marbre
Et les vei­nures du blanc
Et s’il y a le mou­ve­ment
Il y a les membres des corps à voir
À Pompéi
À la cime du cri
Et là, l’enfant se tient
Il est celui qui a vu
Enlacées, les amours éper­dues
Celui qui a vu l’éternité se cou­cher à la vue
1969 est la date de son regard
L’enfant s’avance de près avec ses 19 ans
En poche : l’océan Atlantique et ses mon­tagnes
Et der­rière : le vil­lage : Les Éboulements
La baie des Escoumins, le golfe du Saint-Laurent
Encore, en poche : une pierre blanche des Amériques, une pierre innue
Et le voi­là devant les murales de Pompéi
Il se penche sur le rose des chambres, sur le bleu des salons
Il regarde
Il voit les membres des momies, les bai­sers non encore ache­vés
Il le sait : les corps s’empoignent pour aimer l’Éternité
Par-delà la sculp­ture, le réel, la lave scelle l’instant
La mise à mort est accom­plie
Pour l’enfant
Qui s’agenouille pour tou­cher le poème
Et Marilyne, vous l’écrivez :
Momies de Pompéi
Muettes aban­don­nées à la cime du cri

Dans la chambre murale
À la cime, oui
Couchés par terre les corps
L’âme inté­rieure
Et l’enfant venu de si loin, le ventre noué
Il dit : ils se sont aimés
Il dit : l’amour n’a aucun défaut
Et tou­jours, l’enfant entend la voix qui crie dans le marbre
Et pour toute sculp­ture, une voix
Il entend : « J’aimerai qui­conque enten­dra que je crie que je l’aime. »

 

Membres et bai­sers cela lui suf­fit
À Pompéi
Et Phidias crie : Elle est annon­cée
Quoi ?
L’Éternité !
C’est l’amour
Emmêlé au soleil !

 

*

 

Oh ! silen­cieux appels
L’histoire un pas […] l’histoire un nom
L’enfant entend tout
Des grandes oeuvres sculp­tées
Il n’y a pas de silence sans bruit
Tu te nommes Loth
Tu te nommes Méduse, Orphée, Ménades
Et tous crient ton nom, Phidias
Sans se las­ser
Car tu es celui qui fait, celui qui touche
Qui magni­fie
Aucune île n’est sans toi, Phidias
Si l’on te cherche, on te trouve
Au café des aveugles, les chaises ren­ver­sées sont du vacarme
Les regards jettent leur vision au-des­sus des fron­tons
Des conver­sa­tions se mirent dans la mer
Sur la plage les vents viennent pour repar­tir sevrés
Marée haute marée basse
On ne cesse de se rap­pe­ler
L’enfant à vélo
Et fleurs et ogives
L’enfant sème cruel, de l’inexorable
Mortel, il sème d’humides étin­celles de doute
Ne reste que l’immortalité des voi­lures du marbre
Des ges­tuelles, des croyances
Des images, des dieux
Des prières adres­sées
Ô vie ! reste en moi !
Et l’enfant embrasse ses propres mots décou­verts au hasard des jours
L’enfant crie : je crois au matin ! je crois au midi ! je crois au soir !
Et devant les feux, pleine noir­ceur : je crois en moi !
Et Phidias le rejoint le prend dans ses mains
Le lave de la boue, le sculpte de tem­pêtes, de pous­sières
De mémoires

Qui es-tu toi qui lis le poème
Qui t’abreuves à la source des mots
Qui lis les des­sins
À la conquête de la sur­face ?

Phidias pré­sent
Phidias ima­gi­naire
J’avance trem­blant sur le sable
Je quitte l’île de l’exil
Je te sais ailleurs
L’exil n’est pas pour le juste
Phidias tous mes gestes sont appris de toi
Rien n’est si tu n’es pas dans ma lec­ture
Rien n’est si je n’écris pas te lisant
Et te lisant je te vois toi qui déjà est venu vers moi
Toi qui m’as tou­ché de la main pour m’apprendre le des­sin à signer
Si j’écris, tu te sers de ton souffle
Si j’écris, tu ne fuis pas aus­si loin que je le crois
Si j’écris, rien d’autre
Les sons ne sont plus qu’indistinct cré­pi­te­ment d’insectes et jeu d’enfant
Phidias !
Je lis une seule la parole qui en appelle de toi
Je lis :
Saisis donc
Phidias
Le tronc tor­du du pin
Phidias !
Hisse-toi vers la main
De l’enfant qui t’appelle
Je lis pour crier ton nom
LE CRIER !
Pour t’exhorter à être Phidias né de Phidias
Pour te recher­cher sous le blanc de la page
dans l’évanescence de l’écran

Encore
Je suis libre
De te regar­der, de te faire renaître
Et je te vois, visage devant
Nature-sculp­ture
Je te lis dans tous les temps d’écriture
T’observe tra­vailler
Statuaire, tu donnes de l’élan aux Hommes-dieux
De la grâce aux Déesses vues, ima­gi­nées
Phidias, je t’imagine puisque je te vois

 

Dans le fin lisé­ré d’or
De la porte entrou­verte

Dans le fin réseau rouge
de la vigne de mer

Car te voir
C’est aus­si savoir que
Les lieux m’échappent
Et que sau­rais-je si dans l’aujourd’hui
Ça ne sau­rait être
Ostende
Ou Brighton :
Je sau­rais l’absence

Et l’on me dira que l’eau trouve son che­min tou­jours
Et le che­min sa mai­son
Et lisons ici, telle :

cette mai­son sur­gie des valves de coquillages
dont l’escalier s’enroule
     si étroit que des épaules on touche les parois

Encore quoi ? Le véri­table fait :
Entre les pauses de l’écriture : quoi ?
De l’écriture

Ô EXIL !
Vers toi je file pleine allure
Côtoie jar­din et dunes
Argent bleu et or vert
Qui meublent les phrases
En rires d’hirondelles
S’envolant

Ô EXIL !
Là où je vais je demeure
Là où je m’abandonne
Je nomme le mot dieu
Je nomme le mot humain
Je prends de vitesse le regard qui cherche pay­sage en train
Je ne cherche plus la matière, je suis
Matière
Dessin ori­gi­nel

En la ténèbre

 

Me voi­ci :

remon­tant de la pierre
du fond des âges d’avant l’homme
d’avant toute chose

Je suis du plus tard
Du futur je suis signe
[…]
Phi-dias !
[…]
Phi-dias !
Toi qui exposes la lumière des mémoires
Le noir-nuit
             beau­té et magie
Femmes-ventres femmes-pleurs femmes-coeur qui accourent
Fil de laine et fil lien
Et matière et lan­gage
Phi-dias ! Phi-dias !
Tu exposes toi dans l’enceinte, mage
Pour par­ler
En poé­sie
Et tu es par­tout en mou­ve­ment dans tes des­sous
Tu racontes en robe-mots robe-images
Les marbres blancs des musées
Y montres ta moder­ni­té
Tissée d’heures à mer­veille

[…]

Phidias ! Phidias !
Puisque tu es écrit
Puisque tu es le loin­tain
Toi l’infime mou­ve­ment
Toi tu restes
Pour que je te rejoigne
Et que je sois celui que ne te ser­vi­ra pas
Et que je sois celui qui marche comme l’on danse
Phidias ! Phidias !
Tu te demandes d’où je viens
Et je suis celui qui va
Camion navire bateau vent voiles mots
Phidias ! Phidias !
Je viens de la Voix
De l’éclat de tes robes de marbre
Du des­sous des pous­sières
            et blanches et noires tes mains souillées
De l’odeur des images

 

Des pains, des pig­ments
Des outils, des ciseaux, du labeur
Je viens d’où je vais
Te rejoindre : exil et ate­lier
Je file, je voyage par­mi les heures
Parmi les oracles que les dieux cachent dans la nature
Phidias ! Phidias !

Je t’attends, je t’attends !
au brû­lant soleil
de l’été

[…]

Alors quoi ? […]
Alors que tu ensei­gnais les fils et les moies de la pierre
fai­sais tou­cher la chair au grain sub­til des marbres
de Chio, de Penthée ou Paros

je des­si­nais des visages
j’avais 15 ans
tu étais là, et tes sculp­tures de l’île d’Égine
d’un ate­lier l’autre tu étais là
devant fées et cha­suble d’enfant
fusain noir
à la main

 

*

 

Puis, il a été dit :
Un soir
On atten­dit en vain
le retour de Phidias

Puis, il est dit :
Sur l’arbre
une cigale
cisèle le silence

Encore, on l’attend
Et l’on se jette nu ain­si
Dans le bruit des choses vivantes
Un chant du monde
Ici un haï­ku
Monte
De la Provence
On l’attend ! On l’atteint ! On l’entend !

 

D’un seul mot, on entend le Monde rugir
On l’entend sur­gir
Il est à emplir l’air du ciel, les pou­mons des mers
Il est mot éma­nant des sculp­tures per­dues – ô plaintes ô mélan­co­lie
Mot à vou­loir noyer

L’appel

du vide

Mot seul ici :
             cri enfin
En choeur, hur­lé du large
L’astre noir
             celui-ci, sor­ti de la nuit, néces­saire :
PITIÉ !
PITIÉ !
PITIÉ !

[…]
Pour l’Humanité

Alors […]
À moi de n’ignorer rien
De me don­ner
À outrance
De m’épuiser
Dans l’existence même
Du poème
Et de sa mort
Pour l’Autre

Et encore, cette fois-ci :
Ô PITIÉ !
Ô PITIÉ !
[…]
Pour les siècles
des siècles

Ô Mers !
Ô Montagnes !
Ô Volcans !
Ô Ténèbres
PITIÉ !
PITIÉ !

 

Pour le Vivant
Ardent

 

*

*

 

Phidias ! Phidias !

[…]

FIDIA ! FIDIA !

[…]

[…]

QUE FAIRE MAINTENANT
NOTRE LECTURE TERMINÉE ?
Déposer des mots sur le silence sans le bles­ser
Exhiber le sublime
               infi­ni­ment du dedans
               infi­ni­ment du dehors
Parcourir le monde habillé d’une vie à vivre
Poursuivre le tra­vail par le poème armé
               des espé­rances inalié­nables
Affirmer sa liber­té
               affran­chie de son ombre
S’arrimer au souffle éper­du du verbe
Puis s’adjoindre les hautes figures du feu
Croire à la lumière des fonds noirs
Entendre le tout de toutes langues
Et se repo­ser une musique à la main
               sûr de ses amours volées aux drames
               aux meur­triers des corps ardents
               aux paroles assas­sines
               coeur sou­ve­rain
Est ain­si tou­jours vivant
               celui qui est à veiller.

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