Platero y yo : élégie andalouse pour narrateur et guitare, Juan Ramón Jiménez

Par |2021-05-06T16:14:32+02:00 3 mai 2021|Catégories : Essais & Chroniques, Juan Ramón Jiménez|

Voici, la pre­mière édi­tion inté­grale, et en plus bilingue espagnol/français, et en livre audio de « Platero y yo : ele­gia andaluza para nar­rador y gui­tar­ra » ; Enfin pour­rait-on dire, pour une œuvre sin­gulière, d’une forme peu courante; œuvre musi­cale elle même réal­isée à par­tir de l’œuvre lit­téraire éponyme « Platero y yo » de Juan Ramón Jiménez ; entre­prise méditer­ranéenne s’il en est : poète andalou, com­pos­i­teur ital­ien, inter­prètes vivants en Rous­sil­lon, édi­teur situé en Provence…

Nous présen­terons briève­ment ici l’auteur de l’œuvre pre­mière, puis l’œuvre poé­tique elle-même, le com­pos­i­teur ayant réal­isé, à par­tir d’elle, l’œuvre com­mune, objet de la présente édi­tion et nous ter­minerons par la genèse de cette édi­tion et une brève descrip­tion matérielle de l’objet livre-CD lui-même.

Juan Ramón Jiménez, (1881–1958) est un poète espag­nol d’inspiration sym­bol­iste, con­tem­po­rain de Fed­eri­co Gar­cia Lor­ca (1898–1936) et Anto­nio Macha­do (1875–1939) ; ils se con­nais­saient et s’appréciaient : Macha­do a d’ailleurs écrit qua­tre poèmes dédiés à Juan Ramón Jiménez dont un spé­ciale­ment dédi­cacé à l’auteur de Platero. Juan Ramón Jiménez a reçu le prix Nobel en 1956, deux ans avant sa mort et a lais­sé une œuvre immense. 

Platero · Clé­ment Riot, Miguel-Angel Romero, Var­ius Artists — Topic.

Ce poète a dévelop­pé l’idée de « poésie pure », une poésie habitée par un idéal supérieur de beauté et détachée de tout con­tenu idéologique, poli­tique ou social… du moins explicite­ment. Jiménez se veut avant tout un poète du raf­fine­ment et de la nuance, et ses com­po­si­tions sont sou­vent dotées d’une large dimen­sion musi­cale. Poète non mil­i­tant certes, mais néan­moins fidèle à ses idéaux human­istes et à la République,  à la fin de la guerre civile, en 1939, il doit, comme beau­coup, s’exiler ; il vivra aux USA, puis à Puer­to Rico où il mou­rut en 1958.

Moins con­nu que Fed­eri­co Gar­cia Lor­ca ou Anto­nio Macha­do, cer­taine­ment parce que moins vis­i­ble poli­tique­ment, mais aus­si, très prob­a­ble­ment, parce qu’il n’eut pas leur fin trag­ique et ne béné­fi­cia donc jamais, comme eux, d’une place de choix au pan­théon de l’Exil. Pour­tant, certes homme dis­cret, il est tou­jours resté fidèle à ses con­vic­tions : des témoignages rap­por­tent que, par exem­ple, lors de son exil aux USA, en pleine péri­ode de ségré­ga­tion, lui et sa femme refusèrent tou­jours d’occuper les places réservées aux blancs dans les lieux et trans­ports publics ; par ailleurs, sa poésie, quoique dis­crète­ment, fait sou­vent l’éloge de la lib­erté et nous don­nerons un exem­ple plus loin.

« Platero y yo : ele­gia andaluza para nar­rador y gui­tar­ra – Platero et moi : élégie andalouse pour nar­ra­teur et guitare »

L’œuvre com­prend 138 courts chapitres, autant de petits poèmes en prose. Une pre­mière édi­tion par­tielle, 63 chapitres, est pub­liée à Madrid en 1914, dans une édi­tion pour la jeunesse. L’édition inté­grale sort en 1917. Platero con­nut aus­sitôt un immense suc­cès, devint livre de lec­ture sco­laire dès 1920 et représente depuis lors un clas­sique et l’un des livres les plus lus, non seule­ment en Espagne même, mais aus­si dans toute l’Amérique latine où il a béné­fi­cié d’une mul­ti­tude d’éditions, la plu­part bon marché, mod­estes et pop­u­laires. Il est ain­si devenu un mod­èle de langue et représente pour l’aire his­panique, ce que Pinoc­chio ou Le Petit Prince représen­tent pour les Ital­iens ou les Français : une œuvre d’auteur touchant au mythe, de celles dont on oublie le nom de l’auteur.

Le con­tenu : « Platero et moi » est sous-titré Élégie andalouse

L’élégie est une poésie lyrique, de longueur et de forme vari­ables, mais car­ac­térisée par un ton plain­tif par­ti­c­ulière­ment adap­té à l’évocation d’un mort ou à l’expression d’une souf­france due à un aban­don ou à une absence. Ici, l’élégie décrit la vie et la mort de l’âne Platero, com­pagnon dis­paru de l’auteur, et c’est en même temps le pré­texte à la descrip­tion poé­tique de la vie andalouse, de sa nature, des saisons et des per­son­nages. Platero est aus­si un sym­bole : l’âne andalou, méditer­ranéen, et au-delà, l’animal domes­tique uni­versel, à la fois out­il de tra­vail, moyen de trans­port, com­pagnon, ami et con­fi­dent : syn­thèse, sym­bole et arché­type de l’âne !

Platero · Clé­ment Riot, Miguel-Angel Romero. Pro­vid­ed to YouTube by Believe SAS.

La forme

Un réc­it, donc en prose, mais poé­tique, une sorte de tran­si­tion entre le roman et le poème ; suite de brefs chapitres, pas plus longs qu’un poème en prose, à la fois autonomes et liés entre eux car, s’il n’y a pas de con­ti­nu­ité entre deux chapitres, le tout forme assuré­ment un ensem­ble cohérent et uni­taire. Le réc­it poé­tique ne racon­te pas une his­toire, le déroule­ment d’une vie, mais seule­ment une suite d’instants priv­ilégiés, heureux ou mal­heureux, où trois élé­ments sont primordiaux :

Le per­son­nage, sou­vent exprimé à la pre­mière per­son­ne : le nar­ra­teur, ici le poète. L’espace, ici la cam­pagne, une société rurale et par­ti­c­ulière­ment le lieu de l’action : Moguer (Andalousie, province de Huel­va), vil­lage de l’auteur. Et enfin le temps : dans ce lieu, à la fois typ­ique et banal, les mois et les saisons suiv­ent leur cours, non datés, comme les mois d’une année quel­conque ou de n’importe quelle année. Ce n’est pas le temps de l’Histoire, c’est un temps atem­porel, mythique, qui découpe la réal­ité en une suite dis­con­tin­ue faite de moments choi­sis où les élé­ments de la nature – ani­maux, végé­taux, minéraux – sont fréquem­ment humanisés.

Ce livre mérite donc, – comme Le Petit Prince – plusieurs niveaux de lec­ture ; apparem­ment basé sur de sim­ples sou­venirs, des anec­dotes du quo­ti­di­en, Platero délivre aus­si en réal­ité une leçon de vie : la cam­pagne, le paysage sen­tent, bougent, vari­ent, changent de couleur ; la vie n’est pas seule­ment héroïsme mais aus­si quelque chose de plus intime, ten­dre et chaleureux.

Livre pour la jeunesse donc, mais, comme le Petit Prince, lu aus­si – voire autant ou plus – par des adultes, c’est à ce titre que l’âne Platero, comme tout per­son­nage mythique, a sus­cité, à son tour des recréa­tions, des adap­ta­tions, des trans­po­si­tions à d’autres arts (musique, ciné­ma, sculp­ture…). Citons : en 1974 un Platero y yo du com­pos­i­teur espag­nol Cristo­bal Halffter pour chœur, voix solistes et réc­i­tant ; en 1964 un film du réal­isa­teur espag­nol Alfre­do Castel­lón (loin d’être inou­bli­able il est vrai, comme l’essentiel de la pro­duc­tion ciné­matographique espag­nole de cette époque, pour des raisons évi­dentes liées au fran­quisme tri­om­phant de ces années-là) ; ou encore en 1960 le « Platero y yo : élégie andalouse pour nar­ra­teur et gui­tare », opus 190 du com­pos­i­teur ital­ien Mario Castel­n­uo­vo-Tedesco, dont il est ques­tion ici.

Le com­pos­i­teur, Mario Castel­n­uo­vo-Tedesco (1895–1968) est, comme Juan Ramón Jiménez un artiste de l’exil : il dut fuir en 1939 l’Italie fas­ciste après les mesures anti­sémites de Mus­soli­ni. Réfugié aux USA il y pas­sa le reste de sa vie. Com­pos­i­teur de ten­dance impres­sion­niste et néoro­man­tique très pro­lifique, Mario Castel­n­uo­vo-Tedesco a écrit pour tous les gen­res et ses sources d’inspiration sont sou­vent lit­téraires ; il a ain­si écrit beau­coup de “musiques à pro­gramme” pour le théâtre, l’opéra, le bal­let, les mar­i­on­nettes, le ciné­ma (48 Films entre 1941 et 1958, films d’aventures ou films fan­tas­tiques comme « le retour du vam­pire » ou « Dr Jekyll et M Hyde » en 1941) …, des mélodies sur, ou des com­po­si­tions d’après, des textes poé­tiques ou nar­rat­ifs (Shake­speare, Machi­av­el, Mus­set, Oscar Wilde, Dante…) ; ses très nom­breuses pièces pour piano ou gui­tare – ses instru­ments de prédilec­tion – sont sou­vent conçues comme des poèmes sym­phoniques en minia­ture. C’est tout naturelle­ment qu’il s’intéressa à Platero y yo, cette œuvre d’auteur touchant au mythe.

Juan Ramon Jiménez, Platero et moi, élégie andalouse, présen­té et traduit par Clé­ment Riot, edi­tions Oui’Dire

Par­mi les 138 courts tableaux du livre, il en choisit 28 – les indis­pens­ables, comme le début et la fin, ain­si que les plus beaux ou ses préférés en tout cas…pour en faire une œuvre nou­velle, à part entière, où musique et texte s’harmonisent par­faite­ment, vont main dans la main, comme pour une mélodie, une chan­son, un opéra, sauf qu’ici la voix est par­lée, par­lée mais calée pré­cisé­ment sur la musique comme en atteste la par­ti­tion (édi­tions Per­ben), lais­sant toute­fois une cer­taine marge d’interprétation aux interprètes.

Insis­tons claire­ment : il ne s’agit pas d’une ‘lec­ture musi­cale’ comme il y en a tant (texte dit sur une nappe sonore ou un habil­lage musi­cal déco­ratif et non spé­ci­fique), la musique n’est pas ici un fond sonore util­isé pour la cir­con­stance, mais une œuvre à part entière et spé­ci­fique­ment écrite en sou­tien, com­plé­ment et har­monie avec le texte ; elle s’inscrit dans le genre, assez rare en musique clas­sique, d’œuvre pour « voix par­lée et instru­ment ou ensem­ble instru­men­tal » : citons l’emblématique « Pierre et le Loup » ou, moins con­nu, « His­toire du Sol­dat » d’Igor Stravin­sky sur un con­te de Charles Fer­di­nand Ramuz. Pour cette édi­tion inté­grale audio et texte cou­plés, une nou­velle tra­duc­tion française s’imposa d’emblée, afin que le dis­cours musi­cal de la gui­tare épouse aus­si étroite­ment et aus­si naturelle­ment que dans l’orignal espag­nol, le texte nar­ratif français.

Papil­lons blancs · Clé­ment Riot, Miguel-Angel Romero. Pro­vid­ed to YouTube by Believe SAS.

Genèse du projet 

En 2009 Oui’Dire édi­tions a pub­lié le pre­mier enreg­istrement inté­gral en langue orig­i­nale et en français : 2 dou­bles CD qui reçurent un bel accueil de la cri­tique (Gui­tare clas­sique, l’Humanité, Les langues néo latines…). D’où le pro­jet, dix ans plus tard, de clore l’aventure en réal­isant un out­il com­plet qui puisse servir, mod­este­ment, hors études uni­ver­si­taires bien sûr, d’ouvrage de référence pour…Pour qui d’ailleurs ? Comme le dirait le poète s’adressant à son ami Platero – « pour qui écrivent les poètes? » – répon­dons sim­ple­ment pour : les ama­teurs de poésie, pour les fran­coph­o­nes voulant décou­vrir cette œuvre espag­nole et uni­verselle, les his­panophones voulant, à tra­vers cette œuvre con­nue d’eux, se famil­iaris­er avec le français, les musi­ciens et mélo­manes voulant décou­vrir un genre assez peu con­nu et pra­tiqué dans son exi­gence pré­cise de com­po­si­tion pour voix par­lée et instrument.

Comme les Moineaux du chapitre XVII, nous ne sauri­ons trop recom­man­der à « nos frère, nos ten­dres frères » humains… de se met­tre en état de poésie, « Con­tents, sans fas­ti­dieuses oblig­a­tions, sans ces Olym­pes ni ces enfers qui met­tent en extase ou qui tour­mentent les pau­vres hommes esclaves »… de se promen­er, comme nous l’avons fait, en toute lib­erté dans cette œuvre, de s’y « baign­er partout, à tout moment ».

Cette union étroite de poésie et de musique, retrou­vera alors, dans toute sa var­iété, sa vie pro­pre, sa musi­cal­ité unique : lec­ture col­lec­tive ou indi­vidu­elle, à voix haute ou en voix intérieure : sans oubli­er les leçons de vie que l’âne Platero délivre à tout un cha­cun selon le niveau de lec­ture choisie : la vie n’est pas seule­ment héroïsme mais aus­si quelque chose de plus intime, ten­dre et chaleureux.

Par­mi les 28 chapitres de l’œuvre, com­men­tons-en ici trois :

Platero

Jue­gos del Anochecer · Clé­ment Riot, Miguel-Angel Romero. Pro­vid­ed to YouTube by Believe SAS.

Incon­tourn­able, c’est le pre­mier, la présen­ta­tion de l’âne ; pour enten­dre les cor­re­spon­dances musique/texte : d’abord l’espagnol, puis le Français. L’âne est Human­isé (Miroirs de jais : yeux miroirs de l’âme, noirs, vit­reux, bril­lants) et présen­té comme à la fois frag­ile et résis­tant : au début comme une peluche, doux, moelleux, sans squelette,… puis Aci­er (dur, solide, résis­tant) et enfin Argent de lune (pierre de lune, bijou délicat,…).

Gorriones/Les moineaux

Nous sommes le 25 juil­let (fête de San­ti­a­go, le patron de l’Espagne). Ce poème en prose, d’apparence anec­do­tique, est en fait un hymne à la lib­erté : d’entrée le poète revendique dis­crète­ment son agnos­ti­cisme « Tout le monde est allé à la messe. Nous sommes restés dans le jardin des moineaux, Platero et moi » puis ter­mine, décrivant les moineaux, par une ode à la libre lib­erté « […] Con­tents, sans fas­ti­dieuses oblig­a­tions, sans ces Olym­pes ni ces enfers qui met­tent en extase ou qui tour­mentent les pau­vres hommes esclaves, sans autre morale que la leur, sans autre Dieu que l’azur, ce sont mes frères, mes ten­dres frères. Ils voy­a­gent sans argent et sans bagages, changent de mai­son quand ça leur chante ; ils devi­nent un ruis­seau, pressen­tent une frondai­son, et ils n’ont qu’à ouvrir leurs ailes pour attein­dre le bon­heur. Pour eux, point de lun­di ni de same­di ; ils se baig­nent partout, à tout moment ; ils aiment l’amour sans nom, l’amour uni­versel. Et le dimanche, quand les humains – les pau­vres humains ! – s’en vont à la messe, ver­rouil­lant leurs portes, eux, en un exem­ple joyeux d’amour sans rite, s’abattent aus­sitôt, en un brouha­ha frais et jovial, sur le jardin des maisons ver­rouil­lées, dans lesquelles quelque poète – vieille con­nais­sance déjà – et quelque ânon ten­dre – tu te joins à moi ? – les con­tem­plent fraternellement. »

On com­par­era aux « Oiseaux de pas­sage », le poème tiré du recueil de Jean Richep­in, « la chan­son des gueux » (1876), ren­du célèbre bien plus tard, en 1969, par Georges Brassens. Les thé­ma­tiques, voire les images, sont si ce n’est iden­tiques, du moins très proches et il n’est pas absurde de penser que JR Jiménez, fran­coph­o­ne et fran­cophile, eut con­nais­sance de ce poème et s’en inspi­ra ? C’est une hypothèse.

Amistad/Amitié 

Ici nous retrou­vons tout le tal­ent de Juan Ramón Jiménez qui, sous l’apparence d’une descrip­tion factuelle, anec­do­tique, avec des mots sim­ples et sans abstrac­tion, idéal­i­sa­tion ou théori­sa­tion aucune, nous décrit magis­trale­ment la puis­sance de l’amitié, ses car­ac­téris­tiques et ses com­posantes : la con­fi­ance (il s’endort sur son dos) ; la lib­erté, tou­jours de règle entre amis qui ne s’imposent rien (« je le laisse aller à sa guise et lui… m’amène tou­jours où je veux») ; la sol­i­dar­ité, la com­pas­sion (« je descends pour le soulager… » ; la ten­dresse, l’amour (« Je l’embrasse, le taquine… ») ; la com­plic­ité, l’affinité (le fameux ‘qui se ressem­ble s’assemble’ : « il rêve mes pro­pres rêves »).

 

« Platero et moi : Platero y yo, élégie andalouse pour nar­ra­teur et gui­tare » de Juan Ramón Jiménez et Mario Castel­n­uo­vo-Tedesco. Un livre audio bilingue présen­té et traduit par Clé­ment Riot, suivi de « Un per­son­nage lit­téraire nom­mé Platero » par Jacques Issorel et de « la poésie de Juan Ramón Jiménez et la musique de M Castel­n­uo­vo-Tedesco main dans la main » par Ali­cia Diaz de la Fuente, une biogra­phie du poète et du com­pos­i­teur, une bib­lio-discogra­phie (138p) et un CD Mp3 (246mn) nar­ra­tion en français et espag­nol Clé­ment Riot, gui­tare M A Romero. Ouï-dire édi­tions, ODL 928.

Présentation de l’auteur

Juan Ramón Jiménez

Juan Ramón Jiménez, est né à Moguer, en Andalousie, le 23 ou et mort le à San Juan, à Por­to Rico, est un poète espag­nol de la généra­tion de 14.

Opposant au régime fran­quiste, il s’en­fuit à Por­to Rico en 1939. Il y reçut le prix Nobel de lit­téra­ture en 1956 alors qu’il vivait en exil avec d’autres fig­ures mar­quantes de la Pénin­sule, telles que Pablo Casals et Fran­cis­co Ayala.

Il a notam­ment dévelop­pé l’idée de « poésie pure », qui recherche à attein­dre à un idéal supérieur de beauté détachée de toute idéologique, poli­tique ou social. Jiménez développe de nou­velles recherch­es esthé­tiques et ryth­miques dans l’ex­pres­sion d’un lyrisme mélan­col­ique. Ses com­po­si­tions sont par ailleurs dotées d’une grande dimen­sion musicale.

Son réc­it poé­tique le plus célèbre est Platero y yo, sous-titré Elégie andalouse et dont l’édi­tion inté­grale parut en 1917. 

Espaces, trad. de Gilbert Azam, Paris, Édi­tions José Cor­ti, 90 p., 1989,  (ISBN 978–2‑7143–0270‑0)

Pierre et Ciel, trad. de Bernard Sesé, Paris, Édi­tions José Cor­ti, 287 p., 1990,  (ISBN 978–2‑7143–0401‑8)

Fleuves qui s’en vont, trad. de Claude Couf­fon, Paris, Édi­tions José Cor­ti, 109 p., 1990,  (ISBN 978–2‑7143–0402‑5)

Son­nets spir­ituels [« Sone­tos espir­i­tuales »], Paris, Paris, Édi­tions Aubier-Mon­­taigne, 1992, 189 p. (ISBN 978–2‑7007–1415‑9)

Poésie en vers, trad. de Bernard Sesé, Paris, Édi­tions José Cor­ti, 220 p., 2002,  (ISBN 978–2‑7143–0795‑8)

Beauté, [« Belleza »], trad. de Bernard Sesé, Paris, Édi­tions José Cor­ti, 214 p., 2005,  (ISBN 978–2‑7143–0895‑5)

Jour­nal d’un poète jeune mar­ié, traduit et pré­facé par Vic­tor Mar­tinez, Toulon, Édi­tions de la Nerthe, 2008, 296 p., (ISBN 978–2‑916862–13‑2)

Juan Ramón Jiménez (auteur) et Claude Couf­fon (tra­duc­teur), Platero et moi [« Platero y yo »], Paris, Édi­tions Seghers, 2009, 294 p.(ISBN 978–2‑232–12306‑1)

 

Poèmes choi­sis

Autres lec­tures

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Clément Riot

con­teur, com­pos­i­teur de musique élec­troa­cous­tique et auteur, se pro­duit, en français et aus­si en espag­nol, seul ou avec un ou plusieurs com­plices (flûtes, gui­tare, vio­le de gambe, flûtes à bec, orgue, accordéon…) ; notam­ment dans des spec­ta­cles (réc­its de tra­di­tion orale ou de créa­tion) bien accueil­lis par la presse (L’Education musi­cale, La Let­tre du Musi­cien, Les Let­tres Français­es / L’Humanité, Trad-Mag­a­zine, Croix du Midi, L’Indépendant, Midi Libre, La Dépêche, le Dauphiné libéré, Les Dernières Nou­velles D’Alsace …) Inter­vient égale­ment comme réc­i­tant, dans des œuvres clas­siques et écrites (« Pierre et le Loup », « Messe Wisig­oth­ique », « Con­cer­to pour vio­lon­celle et réc­i­tant », « Des mots et des orgues », « His­toire du sol­dat »…). Le réper­toire de Clé­ment Riot va de con­tes tra­di­tion­nels puisés aux sources les plus var­iées à des créa­tions per­son­nelles tou­jours inspirées du style oral et des divers­es formes de nar­ra­tion, sou­vent en fusion avec un univers musi­cal par­ti­c­uli­er (musiques con­tem­po­raines écrites ou impro­visées, élec­troa­cous­tique,…) A par­ticipé pen­dant 10 ans à la revue « Ecouter-voir » Bib­li­ogra­phie : — “Platero y yo : élégie andalouse pour nar­ra­teur et gui­tare”, livre audio bilingue, 2019, Ouï-dire éd. — Cétacé : légen­des et prophéties jubartes, ill. de Jeanne Riot, 2016 (épuisé) — Le grand par­ler Aurochs ou L’E­popée de la Con­stel­la­tion du Tau­reau = La pal­abra mar­avil­losa del pueblo Uro o la epopeya del Con­stelación del Tau­ro, bilingue français/espagnol, ill. du pein­tre Bal­bi­no Gin­er, 2015 (épuisé) — Les con­tes de 14–18 de mémère Ger­maine, ill. Lau­rence Godon-Pirof, 2014 (épuisé) Discogra­phie : Com­pos­i­teur : Daou­mi : épopée acous­ma­tique en 4 épisodes in memo­ri­am Louise Michel, CD Motus/in Tex­to Inter­prète : “Platero y yo : élégie andalouse pour nar­ra­teur et gui­tare”, (1° enreg­istrement) op 190 de Mario Castel­n­uo­vo-Tedesco et Juan Ramón Jiménez ; nar­ra­teur Clé­ment Riot, gui­tare Miguel Angel Romero. Ouï-dire édi­tions : CD ODL667-668 espag­nol / CD ODL 665–666 Français www.clement-riot.com
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