Sébastien Cochinard, Induration et autres poèmes

Par |2019-05-04T20:02:24+02:00 4 mai 2019|Catégories : Poèmes, Sébastien Cochinard|

induration

 

endur­er le silence

sans prise avec toi

qui m’échappe aux fractions

des sou­venirs de tes pas

 

atti­rante étrangeté

mul­ti­plice lucidité

sfu­ma­to de ta cachette

dila­toire et secrète

 

tu te dérobes aux corneilles

femme de philtre jouxte treille

pouce-pied aux rêves ruelles

 

pour quel empan de sylve ancienne

rive entr’ouverte à ton jusant

nos corps ruseraient un radeau

 

 

coraux ou kumquats

 

ou sont-ce des coraux

je ne saurais le dire

pointes légère­ment ten­dues aux reflets des kumquats

donne m’en s’il te plaît la clef

femme d’entre toutes les flammes

tes gestes exsu­dent une lenteur involontaire

ain­si tu ajustes tes bas avant d’aller au travail

me lançant un sourire à la dérobée

tu sais aus­si qu’anthracite et sixte est ton antre

à la frôle chaleur j’y greffe l’ente

aux mille caress­es palimpsestes

ce matin le soleil ne se lève pas

que faire Eva de cette nuit qui n’en finit pas sans toi ?

 

 

 algèbre à l’orme

 

une femme flam­bante aux mèch­es de désir

m’a couché ce matin dans des draps d’orme neuf

le bais­er échap­pé de ses lèvres suin­tantes semblait

une moulure dédiée aux satel­lites de la sensualité

cette sculp­ture de l’étrange était recou­verte du rétic­ule vert-de-gris

de la honte et de l’ennui mêlés

mais aus­si des mille petites plumes de la sagac­ité qu’on ne peut attraper

sans sen­tir entre ses doigts le vert frais des promenades

nous échap­per

les bor­ds enroulés de son ouïe

plus la blancheur de ses chevilles

plus les mésanges indé­cis­es lais­sant leurs pas au long cours de ses bras

éga­lent l’invasion de son sourire

moins la froideur de ses adieux

 

 

au repos du miroir

 

drogue infusée au sang du ciel comptant

mes­sage échap­pé seul au seuil du miroir

mygale glaçant noire l’almoravide nuit

péquins affolés nus courant à l’autre rive

surseoir de ma riv­ière fla­geolant des grelots

pour une aléa­toire nuit vivre d’éternels repos

 

 

archéologie des saisons

 

le print­emps incarnat

comme un lilas caché

sous les replis de tes sen­teurs marines

embaume attire et badine

pousse au crime de soupirer

tes sels enfreints tes fracas

c’est ton espoir

d’enfante et adolescente

risquant out­repas­sant ten­ta­trice de toi-même

tôt con­sciente de ton étrangeté

et de la néces­sité d’aucune concession

 

aux lour­deurs écras­antes de l’été

tu te loves et te réveilles

offerte à la chaleur levantine

du soleil de ta vie

re-belle aux reflets roux

j’ai adoré tes yeux à hau­teur d’homme

tes yeux sul­fures ton oeil corolle

surtout l’alternance de noir vêtue

de tes silences

et de tes fulgurances

réflex­ions paus­es déci­sions soudaines

sac et ressac de ton imag­i­na­tion et de tes sensations

le temps long que tu t’offres

pour la promesse des décou­vertes de l’autre

 

aux fraîcheurs ven­teuses de l’automne

tu joues sans faus­seté mais bravache

ta lib­erté

encore et tou­jours remise en cause

du moins te semble-t-il

ayant com­pris le soin d’autrui

 

Présentation de l’auteur

Sébastien Cochinard

Né en 1969, je vis depuis 1990 à Paris. J’écris des poèmes depuis l’âge de sept ans, deux péri­odes se détachant par leur plus grande inten­sité :1991 à 1997 puis 2017 à aujourd’hui. Par­al­lèle­ment, j’ai repris un pro­jet d’écriture de roman.

 

J’ai effec­tué une recen­sion et une com­pi­la­tion exhaus­tive de mes poèmes en décem­bre 2017, au terme desquelles j’ai com­mencé à pub­li­er : huit de mes poèmes ont ain­si été accep­tés dans la revue en ligne lichen, un pre­mier poème sera pub­lié en sep­tem­bre 2018.

 

Mon écri­t­ure a des reflets char­nels, sur­réal­istes, elle est résol­u­ment tournée vers les sen­ti­ments amoureux, le rap­port aux corps et à l’altérité. Je trou­ve mon inspi­ra­tion dans mes march­es diurne et noc­turne dans les rues parisi­ennes, les vis­ites de galeries d’art, d’ateliers d’artistes (pein­ture, dessin, sculp­ture), de musées, mes lec­tures et le sou­venir des mon­tagnes cévenoles.

J’assiste à des lec­tures de poésie et par­ticipe à un cer­cle de lecteurs de poèmes se retrou­vant mensuellement.

 

La plu­part de mes poèmes sont con­sulta­bles sur ma page :

https://www.facebook.com/scochinard

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