> Shizue Ogawa, Une âme qui joue – la forme

Shizue Ogawa, Une âme qui joue – la forme

Par |2018-11-09T10:35:07+00:00 5 novembre 2018|Catégories : Essais & Chroniques, Shizue Ogawa|

Ce livre de poèmes est le qua­trième paru aux édi­tions Caractères, tous publiés comme les volumes ori­gi­naux parus au Japon sous l’intitulé géné­rique d’Une âme qui joue et sui­vis d’un qua­li­fi­ca­tif : “le cercle”  “l’horizon”, “les ailes”,  ici plus abs­trait : “la forme”. Shizué illustre ce titre dans l’un des poèmes :

la forme/​ déli­vrée des obli­ga­tions /​ embrasse la liber­té que le créa­teur lui donne /​ une âme qui joue /​ recon­nait abso­lu­ment tout/​ et abou­tit à la véri­té”. Même si “la véri­té /​ n’a jamais été dévoi­lée”. Sauf peut-être par la Poète pour qui “Les mots sont des fleurs /​ à peine écloses /​ la pre­mière qui les cueille /​ c’est moi”.

On retrouve avec bon­heur les thèmes majeurs qui ins­pirent toute la créa­ti­vi­té mul­tiple de cette “âme qui joue”, dans toute l’innoncence d’une petite fille jamais réduite au seul état étroit d’adulte – même si pour elle la véri­té prend aus­si en compte “ la mort /​ sans être le néant (…) sans être la déso­la­tion”. — Une approche sérieuse donc qui sait que “Courte est la dis­tance entre nais­sance et mort”, et qui s’interroge sur le poids des “cent huit pas­sions” qui “tour­mentent notre conscience” dans la tra­di­tion boud­dhiste.

Shizue Ogawa, Une âme qui joue – la forme.
éd.trilingue. Ed.Caractères 2018

 

Certains poèmes naissent d’un quo­ti­dien tran­quille­ment pro­saïque. “Nos corps sont petits /​ mais com­bien de choses ne font-ils pas!”  Mais plus sou­vent aus­si ils dissent la com­mu­ni­ca­tion directe et joyeuse avec toutes les mani­fes­ta­tions du monde créé, ani­males, végé­tales, miné­rales et élé­men­taires. Shizué invite ses amis : “les gre­nouilles (qui) sont reve­nues à notre rivière /​ la rei­nette élue maire pour la seconde fois” ; et “l’insecte de garde qui sur­veillait sa montre /​ [et qui] a levé la main /​ et fait signe au soleil /​ “main­te­nant tu peux te lever”. Elle dit aux arbres ses joies et ses tris­tesse car “Les épines sont aus­si [ses] amies”. Nombre de poèmes sont dédiés à celui qui par­tage sa vie “car mon rêve était de m’asseoir sous un arbre avec toi”; et qui, dans une pro­me­nade mati­nale qui ter­mine le volume, devant les “innom­brables gouttes de rosée [qui] s’attardaient /​ sur les plan­ta­tions de riz imper­cep­ti­ble­ment cour­bées” par la séche­resse, mur­mure : “Je t’offre tout” /​ “tout!”

 

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Shizue Ogawa A SOUL AT Play – Voices from three Continents by /​ Shizue Ogawa edi­ted by Alice Catherine Carls and Shizue Ogawa /​ UNEÂME QUI JOUE/​ Voix de trois conti­nents, Poèmes choi­sispar Shizue Ogawa  édi­tés par Alice Catherine Carls et Shizue Ogawa.

Shizue Ogawa A SOUL AT PLAY – VOICES FROM THREE CONTINENTS Selected Poemsby /​ Shizue Ogawa edi­ted by Alice Catherine Carls and Shizue Ogawa /​ UNE AME QUI JOUE – VOIX DE TROIS CONTINENTS, Poèmes choi­sispar Shizue Ogawa  édi­tés par Alice Catherine Carls and Shizue Ogawa. Edition tri­lingue japonais/​anglais/​français, deu

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Michèle Duclos

Maître de Conférences hono­raire, agré­gée et doc­teur, Michèle Duclos a consa­cré son ensei­gne­ment et sa recherche à l’université Michel de Montaigne de Bordeaux à la poé­sie bri­tan­nique et irlan­daise contem­po­raine. Sa recherche a por­té essen­tiel­le­ment sur le poète Kenneth White à qui elle a consa­cré sa thèse et de très nom­breux articles. Elle a créé et confié à la biblio­thèque de Bordeaux un Fonds consa­cré à ce poète (aujourd’hui confié à l’IMEC). Elle fut en 2003 l’un des orga­ni­sa­teurs du Colloque « Horizons de Kenneth White : Littérature, pen­sée, géo­poé­tique » qui lui était consa­cré par l’association uni­ver­si­taire ARDUA à Bordeaux. En 2006 les édi­tions uni­ver­si­taires ELLUG ont publié son essai Kenneth White, nomade intel­lec­tuel, poète du monde. Elle a diri­gé pour les Presses uni­ver­si­taires de Bordeaux Le Monde ouvert de Kenneth White et une Anthologie de la Poésie bri­tan­nique des années trente. Elle a par­ti­ci­pé indi­vi­duel­le­ment et col­lec­ti­ve­ment à l’Anthologie de Poésie Irlandaise du 20ème siècle (ed. Verdier, 1996), à celle des Poètes d’Irlande du Nord (PU Caen, 1995) et au volume John Montague, Amours, marées (ed. William Blake& Co, 1988). Co-tra­duc­trice aux édi­tions du Rocher de  Kathleen Raine, Le Monde Vivant de l’Imagination et pour les édi­tions Fédérop des poètes Ruth Fainlight (Encore la Pleine Lune) et de Thomas Kinsella (Le Messager). Elle a tra­duit  pour les édi­tions Le Poémier de Plein vent de Bergerac Ruth Fainlight et la cana­dienne Patricia Keeney. Au prin­temps 2009 les édi­tions Caractères ont publié en édi­tion bilingue ses tra­duc­tions et sa pré­sen­ta­tion de poèmes de Charles Tomlinson, Comme un Rire de Lumière, pré­fa­cées par le pro­fes­seur et poète Michael Edwards, au prin­temps 2013 Etre-là, ses tra­duc­tions et pré­sen­ta­tion du poète Eamon Grennan et en 2015 de la poète japo­naise anglo­phone Shizue Ogawa Une âme qui joue – l’horizon (éd. tri­lingue). Les édi­tions Alidades ont sor­ti en 2013, tou­jours en bilingue mais en col­la­bo­ra­tion, ses tra­duc­tions de poèmes de Harry Clifton, L’Observatoire des Oiseaux et en 2014, de John Montague, « Border Sick Call » (« Médecin de cam­pagne en Irlande », pré­cé­dem­ment paru dans la revue Po&sie).

En octobre 2010 les édi­tions de la MIPAH (Bruxelles) avaient publié, dans la col­lec­tion Pangée, Une Ame qui Joue, choix de poèmes, de Shizué Ogawa, qu’elle a tra­duits en col­la­bo­ra­tion avec Jacqueline Starer. A l’occasion la venue de Shizue Ogawa à Bordeaux à l’automne 2012, à l’invitation de l’université Michel de Montaigne  par le dépar­te­ment  d’Etudes asia­tiques, elle a pré­fa­cé le volume hors com­merce Une Ame qui joue, l’embarras, la tran­quilli­té, l’amour qui repre­naient les tra­duc­tions des trois tra­duc­trices pré­cé­dentes.

Elle a éga­le­ment tra­duit quatre pièces  (PrisonRéfugieeEsperanto Inn  et A House Full of People) de la dra­ma­turge grecque bilingue anglo­phone Lia Karavia pour les édi­tions Bilateral (Athènes).

Elle col­la­bore régu­liè­re­ment, par des articles et des tra­duc­tions, aux revues Le Journal des Poètes et Poésie/​Première, à la revue en ligne tem​po​rel​.fr, et irré­gu­liè­re­ment  à Phréatique, à Poésie 2001 et Poésie 2003, à Po&sie, à Traversées, à Autre Sud, à Friches, et à Zone Sensible.

Grâce à ces revues elle a œuvré à faire décou­vrir ou mieux connaître, par des essais et des tra­duc­tions, des poètes anglais ( Kathleen Raine, David Gascoyne, Charles Tomlinson, Edgar Lucie-Smith, Alan Sillitoe et plu­sieurs poètes des années trente), irlan­dais (John Montague, John Hewit, Thomas Kinsella, Louis MacNeice, Eamon Grennan, Desmond Egan, Harry Clifton, Carmela Moya, Anatoly Kudryavitsky ), écos­sais (Kenneth White, Tony McManus), des poètes amé­ri­cains (Ruth Fainlight, Ted Kooser, Paige Ackerson-Kiely), cana­dienne (Patricia Keeney), des poètes grecque (Lia Karavia) et Japonaise (Shizué Ogawa), tibé­tains (Lhasang tse­ring et Palden Sonam Gangpancha, ain­si que le Maître boud­dhiste viet­na­mien Thich Nhat Hanh, tous écri­vant en anglais.

Elle a reçu plu­sieurs prix pour ses tra­duc­tions et ses tra­vaux cri­tiques.

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