Vincent Motard Avargues, BRING THE NOISE, PUBLIC ENEMY et autres poèmes

Par |2026-03-06T12:00:22+01:00 6 mars 2026|Catégories : Poèmes, Vincent Motard Avargues|

tu le rimages
puis le refilmes
à cet endroit de la plage
que vous fréquen­tiez alors

en plein été
aujourd’hui
c’est l’hiver
et tu ne peux plus le voir

ici comme ailleurs
vie
dans le vivant

sa lumière explo­sive alors
même si se terrait

l’ombre en lui

*masque, oui
tu le rimages
puis le refilmes
à cet endroit de l’âge
où l’impossible n’existait pas alors

et jamais itou
aujourd’hui
te voilà l’aîné des deux
l’impossible bien trop là

pour tou­jours
seul
dans sa solitude

son ombre implo­sive alors
même si se terre
sa lumière en toi

air, oui

BORDEAUX, ISABELLE MAYEREAU

dimanche matin
rue Sainte-Cather­ine endormie
toi pas éveillé
qui te sens te sais seul, oh

et rue des Ayres
par­fums d’absences
d’amitiés per­dues non
non de ser­ments malades

puis cours Pasteur
bars fermés
mag­a­sins autres
seuls les immeubles tien­nent, va

et le soleil lâche la grève
et la pluie sèche pour une fois
quand les rares vis­ages croisés
ne te dis­ent rien de leur silence

enfin à dire vrai tu par­les la langue des poussières
ou plutôt le lan­gage du vent
vu qu’il y avait là un film muet
tourné au six­ième étage du numéro six, oh

et dans ce décor invari­able­ment variable
nuage de vies
cer­ti­tude de l’incertitude 
as-tu vrai­ment été acteur ici

dimanche matin
après avoir dor­mi tranquille
c’était à Bordeaux
ou bien dans un rêve, va

PLUME D’ANGE, CLAUDE NOUGARO

et d’un coup
une plume là
vire­volte en l’air
sat­uré de cette
venelle obscure

et dès lors
la ville rouge devient
la ville rose avec
son air de pierre
qui chante, oh

et tu aimerais
voir un ange ou
même un oiseau mais
mais tu ne vois ici
que ce que tu veux vraiment

et ce que tu désires
dans le fond c’est un début
de forme loin du rêve fini de
ta vie en laque­lle tu ne cesses
pas de ne pas te réveiller, oh

Présentation de l’auteur

Vincent Motard Avargues

Né le 15 juin 1975, à Bor­deaux, auteur-com­­pos­i­­teur-inter­prète mul­ti-instru­­men­tiste, pho­tographe, peintre.
A créé la revue en ligne Ce Qui Reste, qu’il ne dirige plus.
A été co-rédac­­teur en chef, et est chroniqueur et con­seiller pour la revue Recours Au poème. 
A rédigé et rédi­ge par­fois des notules pour les revues La Cause Lit­téraire, Recours Au Poème, FPM, etc.
A ani­mé et ani­me encore des ate­liers d’écriture.

Bibliographie 

(poésie)
« Airs Solides », édi­tions Encres Vives, 2025
« Pein­ture de l’absence », édi­tions le Chat Polaire, 2022
« Là où ici », édi­tions aux Cail­loux des chemins, 2021
« Comme le fleuve au paysage », (co-écrit avec J.B. Pédi­ni), éd. de l’Aigrette, 2020
« Car­nets d’un plongeur sec », édi­tions Gros Textes, 2019
« La chair de la pierre », édi­tions Incli­nai­son, 2018 
« (im)Permanence », édi­tions Encres Vives, 2015 
« Je de l’Ego », édi­tions du Cygne, 2015 
« Recul du trait de côte », édi­tions de la Crypte, 2014 
« À ce qui est de ce qui n’a », édi­tions Encres Vives, 2013 
« Leurs mains gan­tées de ciels », édi­tions Encres Vives, 2012
« Le vil­lage retrou­vé », édi­tions Encres Vives, 2012
« Si peu, tout », Éclats d’en­cre édi­teur, 2012 
« l’Al­pha est l’Omé­ga », ‑36° édi­tions, 2011
« Un écho de nuit », édi­tions du Cygne, 2011
(nou­velles)
« Fugues en rives anonymes », édi­tions la p’tite Hélène, 2020
(pho­togra­phies)
Radi­celles, avec des poèmes de Murièle Mod­é­ly, édi­tions Tar­mac, 2019

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