tu le rimages
puis le refilmes
à cet endroit de la plage
que vous fréquentiez alors
en plein été
aujourd’hui
c’est l’hiver
et tu ne peux plus le voir
ici comme ailleurs
vie
dans le vivant
sa lumière explosive alors
même si se terrait
l’ombre en lui
*masque, oui
tu le rimages
puis le refilmes
à cet endroit de l’âge
où l’impossible n’existait pas alors
et jamais itou
aujourd’hui
te voilà l’aîné des deux
l’impossible bien trop là
pour toujours
seul
dans sa solitude
son ombre implosive alors
même si se terre
sa lumière en toi
air, oui
BORDEAUX, ISABELLE MAYEREAU
dimanche matin
rue Sainte-Catherine endormie
toi pas éveillé
qui te sens te sais seul, oh
et rue des Ayres
parfums d’absences
d’amitiés perdues non
non de serments malades
puis cours Pasteur
bars fermés
magasins autres
seuls les immeubles tiennent, va
et le soleil lâche la grève
et la pluie sèche pour une fois
quand les rares visages croisés
ne te disent rien de leur silence
enfin à dire vrai tu parles la langue des poussières
ou plutôt le langage du vent
vu qu’il y avait là un film muet
tourné au sixième étage du numéro six, oh
et dans ce décor invariablement variable
nuage de vies
certitude de l’incertitude
as-tu vraiment été acteur ici
dimanche matin
après avoir dormi tranquille
c’était à Bordeaux
ou bien dans un rêve, va
PLUME D’ANGE, CLAUDE NOUGARO
et d’un coup
une plume là
virevolte en l’air
saturé de cette
venelle obscure
et dès lors
la ville rouge devient
la ville rose avec
son air de pierre
qui chante, oh
et tu aimerais
voir un ange ou
même un oiseau mais
mais tu ne vois ici
que ce que tu veux vraiment
et ce que tu désires
dans le fond c’est un début
de forme loin du rêve fini de
ta vie en laquelle tu ne cesses
pas de ne pas te réveiller, oh















