> ECORCE TERRESTRE

ECORCE TERRESTRE

Par | 2018-02-19T22:58:47+00:00 13 janvier 2013|Catégories : Blog|

 

Le lan­gage, seconde écorce ter­restre, se plisse, se creuse, s’élève selon les divi­sions, les dérives, les sou­bre­sauts du monde. Le poème prend appui dans ses fis­sures. Verticale sou­vent tor­due, il gran­dit à flanc d’abîme. Aucune logique ne le tient là.

Il coor­donne le vide au pay­sage habi­té.

La vie est-elle venue d’ailleurs ? Tombée sur terre avec une pluie d’étoiles filantes ? Ou s’est-elle for­mée len­te­ment, peut-être au fond des mers, peut-être au creux des vagues, peut-être sur les argiles aux rayons du soleil ?

Le poème puise à plein sol aus­si bien que dans les détri­tus qui jonchent la sur­face, en voie de deve­nir humus.

Humus, déjà si près de l’humain.

Et la soif ? Très en des­sous, la nappe phréa­tique, est-ce le silence ? La parole est-elle paro­die du monde ou sa véri­té exsu­dée ?

Le pay­sage humain, un jour, dis­pa­raî­tra. Le vide n’en aura pas de convul­sions. Leurs des­tins ne sont pas paral­lèles. Falaises et mon­tagnes, océans et rivages ne por­te­ront plus de nom, la terre n’en trem­ble­ra pas.

Le temps bat­tra sans doute en d’autres vies. L’éternité ne recueille­ra pas le poème. Il n’en réclame aucune part.

 

poème extrait de CAILLOUX

Sommaires