marée d’oxygène anthracite
chauffé à blanc diffusant les essences
trois merisiers écorces laminées
châtaigniers cépées maigres
et bogues hérissons aériens enroulés
chênes pédonculés jalonnant le talus
arborescences
cimes de jeunes pins
en foule brume de candélabres éteints
quatre cinq six branches
aux doigts tendus
agrippant
les bouffées de nuit
accrochant
le dessous des nuages
tamponnés de charbon
respiration suspendue
à leur souffle étouffé
air mat
vide de lumière
dissolution de pensée
obscurité étreignant le visible
ressenti deviné encore
corps cherchant
le berceau indifférent des troncs
corps se mêlant au fluide sombre
de la fonte du jour
Superpositions
accroché
matin argenteur du ciel
lamelle de lune rognée ambigüe
à la traine ou dans l’expectatif
elle soleille les collines
clairvoyance aride de lumière d’air
diluant le bleu
*
entraves
troncs prostrés
ronces tressant leurs barbillons
baies de sang accrochées au faux houx
pierres sèches
qui se décrochent se précipitent
terre emportée écheveaux de racines
exposées par le débâcle
frissons frôlant l’intuition
*
confidences
en fragments feuilles mortes
superposition de sèves chênes blancs
taillis de châtaigniers fraternité farouche
érables merisiers satinés
chapelets de sorbes coraillés
lente intrusion
attente réponse laconique
*
silence
en ramure lacunaire
racontés doigts rêches sur écorces rêches
récitées paumes lisses sur écorces lisses
pansement de mains pudiques
sur fractures de branches cassées
baume
de l’étreinte reliures
Zone blanche
soleil de papier
cryptique zone blanche sur creux noirs
rugosités de tronc d’érable râpeux
rappel d’une joue absente
soleil sans substance écrasant les reliefs
lissant broussailles et terrasses
aplats dorés flous comme poussières de pollen
hauteur zone blanche
hauteurs autour vague distance
vagues erre lente
un soleil qui taille des feuilles
taille détails livides
tranche détache
volutes charnues de chèvrefeuille
desséchées filasse informe
mots mâchés recrachés
s’amoncelant sur la chaussée
poussière mordante de calcaire
un soleil vorace chasse le vent sec
le vent sec pousse les feuilles taillées
les feuilles taillées disputent le parfum de genêt
et le chant chants d’oiseaux emmêlés
au balancement des branches
le vent sec rétrécit le soir le retourne le replie
quel pas fera avancer
quelle avancée effacera l’empreinte
tenace une graine crochue
prise dans la fibre de l’esprit
le vent sec balaie les feuilles de peau
où les phrases se délient
Salamandres
faisceau de lampe torche égaré
sursaut surpris enlacement
de corps illuminés
amour hardi oublieux
corps constellés luisants
sur leur lit de feuilles mortes
corps sombres comme l’eau
enflammés sous les étoiles
nocturne saisissant
amour en arabesques écrites
dans l’encre du silence
élémentaire
ciel de nuit terrestre
ciel de feu et d’eau
nuit de peau criant sa présence
à l’envers des désastres
Sylvia
ivresse oxygène souffle coupé
sur la page
ton paysage Ariel
immobile
flux volcanique retenu
devant ton soleil obscur
stase
toi ton cheval aériens
détente corps unique projeté
inspirant la brume chaude des naseaux
transmutation crinière chevelure
les yeux brillants prunelles de mûre
regard aiguisé frôlant les épines
flèche qui fend le matin naissant
perçant ton soleil de sang
animal tu es
esprit tu voles tu vis
cœur battant dans le fer des sabots
rejetant les mots comme
les paquets de terre
ta tête trop lourde
ferme entre quatre murs
la chevauchée
ouverture air
joie jaillissement de clarté
livrer délivrer ce levant
suspendue à l’orée de son éclat
prête à dévaler la pente de la page
foulée débridée
tu t’élances encore















