> Janine Modlinger, Beauté du presque rien

Janine Modlinger, Beauté du presque rien

2018-01-06T16:35:39+00:00

 

Il faut se lais­ser faire, se lais­ser ployer par le vent, être souple comme la liane, dres­sé haut tels ces arbres mil­lé­naires.

 

Il suf­fit de cela : un trait de lumière cap­tée par l’océan, l’embrasement des arbres dans le feu du vent.

 

 

Beauté du presque rien, une clar­té entre deux bat­te­ments de cil, une oasis de joie trans­pa­rente.

 

Entends-tu ce cri, c’est la beau­té d’un oiseau deve­nu lumière.

 

Je tremble d’être venue là, dans l’été de ma vie, toute jeune et âgée, lumi­neuse d’être lumière dans l’ascension du jour.

 

Tu es là, paumes ouvertes, mon regard sou­rit de te voir à la même source.

 

L’oiseau appelle, de feu et de joie comme dans un jour unique.

 

Le regard lavé par les sai­sons, la dou­leur des­cen­due au pro­fond, je me lève main­te­nant pour entendre ce simple chant.

 

Nous avons le lan­gage de ceux qui sont des­cen­dus dans la nuit. Nommer le jour, le saluer, le prier.

 

 

Voici qu’une pluie fine par­sème le feuillage. Que nous est-il deman­dé, sinon de nous ras­sem­bler, d’acquiescer, de faire accueil à l’immense ?

 

 

Tu me tends un coquillage, ta main vient jusqu’à moi à tra­vers la lumière.

 

 

 

Aimer : effleu­rer la peau, la pau­pière, poser un regard qui fait naître la lumière.

 

 

Je le sais, je serai tou­jours pétrie d’abîme. Mais que vienne une voix, qu’une branche d’univers ouvre sa corolle à mes yeux, et je sau­rai me redres­ser.

 

 

Regarde, cer­tains hommes chantent, dirait-on, élan­cés dans la lumière, leur chant tel l’oiseau ivre dans l’aube.

 

 

A ceux qui savent chan­ter la mort est-elle douce, peut-être, comme une craie qui s’efface.

 

 

 

Odeur d’huile et de sel dans la pal­me­raie, la beau­té dis­til­lée en notes savantes, accor­dées à l’attente.

 

  
Il s’agit – nous l’oublions – d’une fête, les arbres tout le jour la célèbrent dans le balan­ce­ment de leur tige.

 

Cependant ce monde : guerres, viols, pillages. A tout jamais l’insulte à la lumière.

 

 

Le poème serait-il un refuge ? – Il est l’autre face du visage, la prière de l’homme pour poser une stèle d’absolu.

Présentation de l’auteur

Janine Modlinger

  • Veille   (éd. de l’Harmattan)
  • Bernard Picard, le don d’une pré­sence (éd. Biblieurope)
  • De feu vivant (éd. Eclats d’encre)
  • Une lumière à peine ( éd.. de l’Atlantique)
  • Eblouissements (éd. Ad Solem)

Publication dans les revues :  “La Revue de Belles-Lettres”, “Voix d’encre”, “Multiples”, ” Arpa”…

 

Janine Modlinger

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