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Orianne Papin, Poste restante, Marie-Laure Le Berre, Ligne

Par |2021-01-06T03:00:48+01:00 5 janvier 2021|Catégories : Critiques, Marie-Laure Le Berre, Oriane Papin|

Poste res­tante, Orianne Papin

Ayant décou­vert les poèmes d’Orianne Papin dans la revue en ligne Gustave, j’étais curieuse de lire son pre­mier recueil. Une belle lec­ture. Trente poèmes autour du pre­mier amour, celui que l’on découvre sou­vent à l’adolescence, lors des grandes vacances en bord de mer. Garder le lien par l’échange de lettres via la Poste res­tante, « gage de confiance /​ pro­ba­toire ». Délicatesse et sen­sua­li­té du poème. Frôlement des pre­miers gestes. L’enfance qui s’éloigne : « Un corps étran­ger /​ dans le miroir /​ une mue deve­nue per­cep­tible » Puis le pre­mier faux pas. « Les gens /​ qui pleurent sou­vent /​ ont les che­veux /​ qui sentent la mer. »

« Tomber /​ dans l’amour » nous dit Orianne Papin, c’est « S’en sor­tir étour­di /​ et puis plon­ger /​ encore ».  

Orianne Papin, Poste restante, Polder 185, Gros Textes, 2020, couverture de Sophie Belle, préface de Sylvestre Clancier, 6€.

Ligne, Marie-Laure Le Berre

Il s’agit d’une longue marche à tra­vers la lande bre­tonne, mais comme l’écrit Jean-Michel Maulpoix dans sa pré­face, c’est avant tout une réponse « à son appel, en sui­vant la marche des rocs, men­hirs ou murets de pierres sèches. » On pense for­cé­ment à Guillevic et c’est dans sa lignée que Marie-Laure Le Berre note « quand on va à Carnac /​ il y a des ques­tions qui se posent /​ la pierre connaît la réponse /​ mais elle ne dit rien /​ elle méduse ». Les men­hirs inter­rogent et aspirent des légendes « fille de l’écume » jaillie de la mer « pour un chant », « Bacchantes de Lydie » qui « ondulent leurs grands corps /​ sous les rais de la lune /​ qui joue ». La poète s’insurge de voir ceux qui courent entre les pierres « Le feriez-vous dans vos cime­tières ? » Ces pierres ne parlent pas mais ont une his­toire, une peau dure que l’on caresse, un cœur fait de chant que la poète tente de per­cer. Ligne est aus­si une marche /​ Odyssée à tra­vers la mémoire. Combats du pas­sé. Combat du poète face aux mots : Tu ne dors pas /​ Les men­hirs chantent /​ Tu écoutes ».

Marie-Laure Le Berre, Ligne, Polder 182, Gros Textes, 2019, couverture Georges Le Fur, préface de Jean-Michel Maulpoix, 6€.

Présentation de l’auteur

Marie-Laure Le Berre

Marie-Laure Le Berre vit dans le Finistère, à Moëlan-sur-Mer. Professeure de lettres clas­siques, doc­teur en étude latine de la Sorbonne (spé­cia­li­sée dans la comé­die latine au siècle des Scipion, IIe siècle avant J.-C),  elle enseigne le latin, le grec ancien et la littérature.

© Revue Décharge.

Poèmes choi­sis

Autres lec­tures

Présentation de l’auteur

Oriane Papin

Orianne Papin vit à Fontainebleau (Seine-et-Marne). Seule, avec ses par­te­naires artis­tiques ou avec ses élèves, elle fabrique des mots toute la jour­née. Auteure de poé­sie et de récits, ses textes sont publiés par plu­sieurs mai­sons d’édition et revues, en France, au Canada, en Belgique et au Mexique : Décharge-Gros Textes, Corridor Éléphant, La Marge, Triages, Verso, Les Hommes sans épaules, Gustave, Diérèse, Cabaret, Traversées, Ancrages, …

Très active sur la scène cultu­relle natio­nale,  elle pose la poé­sie dans le quo­ti­dien : poé­sie urbaine, slam de poé­sie, poé­sie visuelle, pia­no bar, classes à pro­jets artis­tiques, mise en scène de per­for­mances littéraires.

 

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Lydia Padellec

Lydia Padellec est née à Paris en 1976. Poète et plas­ti­cienne, elle a créé les édi­tions de la Lune bleue (2010-2018) et orga­nise en Bretagne depuis 2015 le Festival Trouées poé­tiques. En 2001, elle découvre le haï­ku à tra­vers l’œuvre des grands maîtres japo­nais. Elle a pra­ti­qué chaque mois le kukaï de Paris, mené par Daniel Py (2007-2013) et lance en 2014 son propre kukaï à Port-Louis en Bretagne. Elle par­ti­cipe depuis 2008 au Festival Francophone de Haïku (Montréal, 2008 ; Lyon, 2010, Martigues, 2012, Vannes 2014, Québec 2016). Lors du Printemps des poètes 2010, elle a créé un spec­tacle « Sur les lèvres rouges des Saisons » autour des formes poé­tiques japo­naises, accom­pa­gnée de musi­ciens. Ce spec­tacle est deve­nu un livre édi­té par l'Amandier en 2012, réédi­té en 2019 par Unicité, qui réunit pour la pre­mière fois le haï­ku, le tan­ka et le haï­bun. Elle anime des ate­liers depuis 2004 auprès de dif­fé­rents publics (écoles, média­thèques, musée Albert-Kahn…). De jan­vier à juin 2019, dans le cadre du pro­gramme de rési­dences d'écrivains en Ile-de-France, elle est en rési­dence au Pôle cultu­rel-Médiathèque de Rambouillet pour un pro­jet autour du conte-haï­bun inti­tu­lé Haïjin. Elle écrit aus­si des poèmes en vers libres, des poèmes en prose, récits et nou­velles. Publiée en France et à l’étranger depuis 1999 dans une cin­quan­taine d’anthologies et de revues, ses poèmes et haï­kus sont tra­duits dans plu­sieurs langues dont l’anglais et le japo­nais. Elle tra­duit elle-même les poèmes de Christina Rossetti (1830-1894) dont Recours au Poème a publié les pre­miers essais en 2013. Elle a ini­tié et diri­gé quatre antho­lo­gies : Voyage au bout des doigts (coédi­tion Plébiscite et la Lune bleue, 2012), D’une fleur à l’autre – 10 Haïjins nés à par­tir de 1970 (Editions de la Lune bleue, 2012), Ce que la Lune dit au jour – 13 poètes qué­bé­coises (Editions de la Lune bleue, 2016), DUOS, 118 jeunes poètes de langue fran­çaise, né(e)s à par­tir de 1970 (Bacchanales 59, 2018). Elle tra­vaille éga­le­ment avec des plas­ti­ciens (livres d’artistes, livres pauvres) et des musi­ciens. Prix Xavier Grall en mars 2017 pour l’ensemble de son œuvre et pour son enga­ge­ment en poé­sie. Ses recueils : • Mémoires d’une enfant déran­gée, édi­tions Lunatique, 2020 • Sur les lèvres rouges des Saisons – Les métro­po­li­tains, édi­tions uni­ci­té, 2019 • Cicatrice de l’Avant-jour, édi­tions Al Manar, juin 2018 (Prix SQY des Collégiens 2019) • Les abeilles ne chantent pas la nuit, La Porte, 2017 • Mélancolie des embruns, édi­tions Al Manar, 2016 • Sur la trace du vent, Chiendents n°108, édi­tions du Petit Véhicule, 2016 • Poètes – une antho­lo­gie par­ti­cu­lière, édi­tions Henry, 2015 (Bourse du CNL) • Quelque part au milieu de la pel­li­cule, La Porte, 2015 • Un doigt sur les lèvres, édi­tions Unicité, 2014 (haï­ku) • Et la pous­sière tremble comme une petite fille, La Porte, 2014 • Entre l’herbe et son ombre, édi­tions Henry, 2014 (Prix Trouvères des Lycéens 2014) • Et ce n’est pas la nuit, édi­tions Henry « La main au poète », 2013 • Sur les lèvres rouges des Saisons, édi­tions de l’Amandier, 2012 épui­sé • La mésange sans tête, édi­tions Eclats d’encre, 2012 • La mai­son mor­ce­lée, édi­tions Le bruit des autres, 2011 (Prix PoésYvelines des Collégiens 2013) Blog per­son­nel : http://​sur​la​tra​ce​duvent​.blog​spot​.com/ Site de la Lune bleue : http://​www​.edi​tions​la​lu​ne​bleue​.fr/ Blog des Trouées poé­tiques : http://​les​trouees​poe​tiques​.blog​spot​.com/ Photo ©Jean Rio
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