Pierre Tanguy, Poètes en Bretagne

Par |2022-03-06T07:48:20+01:00 21 décembre 2021|Catégories : Critiques, Pierre Tanguy|

Poètes en Bre­tagne qui est paru en mai 2021 aux édi­tions Sauvages dans la col­lec­tion « La Pen­sée sauvage » rassem­ble les « lec­tures choisies » de Pierre Tan­guy sur de nom­breux recueils écrits par des poètes de Bre­tagne entre 2010 et 2020. 

Il s’agit d’une antholo­gie orig­i­nale pro­posée par un poète, cri­tique et ancien jour­nal­iste, qui nous dévoile pas moins de 56 poètes qui vivent ou ont vécu dans la région. « Ce sont des lec­tures choisies parce que plusieurs de ces poètes me sont fam­i­liers et que je suis par­ti­c­ulière­ment atten­tif à leurs pub­li­ca­tions. » Pierre Tan­guy nous pro­pose donc un panora­ma per­son­nel non exhaus­tif de poètes dont il appré­cie l’écriture. Nous y trou­vons égale­ment avec plaisir des poètes « con­sacrés » et dis­parus comme Hélène et René Guy Cadou, Xavier Grall, Guille­vic, Alain Jégou et Paul Quéré. 

Chaque poète est présen­té briève­ment entre qua­tre et six lignes, présen­ta­tion suiv­ie d’une ou de plusieurs notes de lec­ture qui ont, cha­cune, fait l’objet d’une pub­li­ca­tion antérieure en revue. « Un poète n’est-il pas là, d’abord, pour nous inter­peller sur le sens de l’existence ? » (p.22), écrit-il à pro­pos du livre Les ques­tions inno­centes de Gilles Baudry, moine béné­dictin de Landéven­nec, paru en 2017 aux édi­tions L’œil ébloui. « Il y a des mots, des lieux qui sauvent la vie. Y a‑t-il plus belle mis­sion pour la poésie que celle-là ? En le dis­ant, Eve Lern­er se range du côté de la vie, du regard émer­veil­lé sur le monde (ce qui ne l’empêche pas de cibler avec vigueur ses turpi­tudes) » (p.212) sur Partout et même dans les livres (édi­tions Sauvages, 2020, Prix Paul-Quéré 2019–2020).

Pierre Tan­guy, Poètes en Bre­tagne (Lec­tures choisies), Edi­tions Sauvages, 2021, 246 pages, 15€.

« A quoi recon­naît-on un poète bre­ton ? A sa famil­iar­ité avec la mort ou, plutôt, à sa capac­ité à faire se ren­con­tr­er, dans ses textes, les vivants et les morts » (p.36) au sujet d’A mes amis envolés de Louis Bertholom (Vivre tout Sim­ple­ment, 2020). A tra­vers ses notes, à tra­vers la voix des poètes, Pierre Tan­guy syn­thé­tise d’une cer­taine manière ce que sig­ni­fie vivre en poésie aujourd’hui en Bre­tagne (mais val­able aus­si, selon moi, ailleurs, tant les ques­tions soulevées sont uni­verselles) : résis­tance face à un monde qui se délite, spir­i­tu­al­ité, ancrage au ter­ri­toire (terre et mer), aux êtres, à l’histoire et à la langue. Ce qui con­tribue peut-être à la spé­ci­ficité des poètes bre­tons, c’est le souf­fle qui émane de leurs vers et surtout leur amour inal­ién­able et infi­ni pour la Bretagne. 

Les lec­tures choisies par Pierre Tan­guy nous invi­tent à décou­vrir et à lire les ouvrages de poésie de Guy Allix, Marc Baron, Gilles Baudry, Louis Bertholom, Jean-Pierre Boulic, Hélène Cadou, René Guy Cadou, Jean-Claude Caër, Marie-Josée Christien, Gérard Cléry, Jean-Louis Coa­trieux, Jean-Claude Albert Coif­fard, Jean-Pierre Colleu, Chan­tal Couliou, Olivi­er Cousin, François de Cornière, Michel Dugué, Yves Elléouët, Xavier Grall, Gué­nane, Chris­tine Gué­nan­ten, Jean-Albert Guéné­gan, Eugène Guille­vic, Roland Hal­bert, Denis Heudré, Alain Jégou, Jacques Josse, Didi­er Jour­dren, Daniel Kay, Paol Keineg, Alain Kervern, Nicole Lau­rent-Catrice, Jean Lavoué, Hen­ry Le Bal, Marie-Lau­re Le Berre, Geneviève Le Cœur, René Le Corre, Denise Le Dan­tec, Mérédith Le Dez, Gérard Le Gouic, Mireille Le Liboux, Yvon Le Men, Anne-José Lemon­nier, Thier­ry Le Pen­nec, Eve Lern­er, Brigitte Mail­lard, Paul Morin, Jean-Pierre Ned­elec, Lydia Padel­lec, Fañch Peru, Jacques Poul­laouec, Gérard Prémel, Yves Prié, Paul Quéré, Claude Ser­reau, Colette Wittorski.

Présentation de l’auteur

Pierre Tanguy

Pierre Tan­guy est orig­i­naire de Lesn­even dans le Nord-Fin­istère. Ecrivain et jour­nal­iste, il partage sa vie entre Quim­per et Rennes. En 2012, il a obtenu, pour l’ensemble de son œuvre, le prix de poésie attribué par l’Académie lit­téraire de Bre­tagne et des Pays de la Loire.

Ses recueils ont, pour la plu­part, été pub­liés aux édi­tions ren­nais­es La Part com­mune. Citons notam­ment  Haïku du chemin en Bre­tagne intérieure  (2002, réédi­tion 2008), Let­tre à une moni­ale (2005),  Que la terre te soit légère (2008), Fou de Marie (2009), Les heures lentes (2012), Silence Hôpi­tal aux édi­tions La Part com­mune (2017).

Il est égale­ment l’au­teur de recueils de haïkus

 Haïku du chemin en Bre­tagne intérieure, La Part Com­mune 2002, réédi­tion 2006. Post­face de Alain Kervern

Haïku du sen­tier de mon­tagne, La Part Com­mune, 2007. Pré­face de Alain Kervern

Ici même,  avec des pein­tures du Michel Remaud, La Part Com­mune, 2014. Post­face de Alain Kervern

Silence hôpi­tal,  La Part Com­mune, 2017, post­face de Alain Kervern

En antholo­gies ou livres collectifs

Chevauch­er la lune, antholo­gie du haïku français con­tem­po­rain, édi­tions David (Québec), 2001

Antholo­gie du haïku en France, bilingue français-anglais, édi­tions Aléas, 2003

L’arbre sort du bois, édi­tions Pip­pa, 2017

Le petit livre du haïku, First édi­tions 2018

Sav-Heol, Soleil lev­ant, Ris­ing sun,  haïkus et tankas de Bre­tagne et du Japon, Futures­can, 2019

Haïkus d’hommes, édi­tions Pip­pa, 2020

 

 

 

 

Pierre Tanguy

Autres lec­tures

« J’écris dehors », sur Pierre Tanguy

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Lydia Padellec

Lydia Padel­lec est née à Paris en 1976. Poète et plas­ti­ci­enne, elle a créé les édi­tions de la Lune bleue (2010–2018) et organ­ise en Bre­tagne depuis 2015 le Fes­ti­val Trouées poé­tiques. En 2001, elle décou­vre le haïku à tra­vers l’œuvre des grands maîtres japon­ais. Elle a pra­tiqué chaque mois le kukaï de Paris, mené par Daniel Py (2007–2013) et lance en 2014 son pro­pre kukaï à Port-Louis en Bre­tagne. Elle par­ticipe depuis 2008 au Fes­ti­val Fran­coph­o­ne de Haïku (Mon­tréal, 2008 ; Lyon, 2010, Mar­tigues, 2012, Vannes 2014, Québec 2016). Lors du Print­emps des poètes 2010, elle a créé un spec­ta­cle « Sur les lèvres rouges des Saisons » autour des formes poé­tiques japon­ais­es, accom­pa­g­née de musi­ciens. Ce spec­ta­cle est devenu un livre édité par l’A­mandi­er en 2012, réédité en 2019 par Unic­ité, qui réu­nit pour la pre­mière fois le haïku, le tan­ka et le haïbun. Elle ani­me des ate­liers depuis 2004 auprès de dif­férents publics (écoles, médiathèques, musée Albert-Kahn…). De jan­vi­er à juin 2019, dans le cadre du pro­gramme de rési­dences d’écrivains en Ile-de-France, elle est en rési­dence au Pôle cul­turel-Médiathèque de Ram­bouil­let pour un pro­jet autour du con­te-haïbun inti­t­ulé Haïjin. Elle écrit aus­si des poèmes en vers libres, des poèmes en prose, réc­its et nou­velles. Pub­liée en France et à l’étranger depuis 1999 dans une cinquan­taine d’anthologies et de revues, ses poèmes et haïkus sont traduits dans plusieurs langues dont l’anglais et le japon­ais. Elle traduit elle-même les poèmes de Christi­na Ros­set­ti (1830–1894) dont Recours au Poème a pub­lié les pre­miers essais en 2013. Elle a ini­tié et dirigé qua­tre antholo­gies : Voy­age au bout des doigts (coédi­tion Plébiscite et la Lune bleue, 2012), D’une fleur à l’autre – 10 Haïjins nés à par­tir de 1970 (Edi­tions de la Lune bleue, 2012), Ce que la Lune dit au jour – 13 poètes québé­cois­es (Edi­tions de la Lune bleue, 2016), DUOS, 118 jeunes poètes de langue française, né(e)s à par­tir de 1970 (Bac­cha­nales 59, 2018). Elle tra­vaille égale­ment avec des plas­ti­ciens (livres d’artistes, livres pau­vres) et des musi­ciens. Prix Xavier Grall en mars 2017 pour l’ensemble de son œuvre et pour son engage­ment en poésie. Ses recueils : • Mémoires d’une enfant dérangée, édi­tions Luna­tique, 2020 • Sur les lèvres rouges des Saisons – Les mét­ro­pol­i­tains, édi­tions unic­ité, 2019 • Cica­trice de l’Avant-jour, édi­tions Al Man­ar, juin 2018 (Prix SQY des Col­légiens 2019) • Les abeilles ne chantent pas la nuit, La Porte, 2017 • Mélan­col­ie des embruns, édi­tions Al Man­ar, 2016 • Sur la trace du vent, Chien­dents n°108, édi­tions du Petit Véhicule, 2016 • Poètes – une antholo­gie par­ti­c­ulière, édi­tions Hen­ry, 2015 (Bourse du CNL) • Quelque part au milieu de la pel­licule, La Porte, 2015 • Un doigt sur les lèvres, édi­tions Unic­ité, 2014 (haïku) • Et la pous­sière trem­ble comme une petite fille, La Porte, 2014 • Entre l’herbe et son ombre, édi­tions Hen­ry, 2014 (Prix Trou­vères des Lycéens 2014) • Et ce n’est pas la nuit, édi­tions Hen­ry « La main au poète », 2013 • Sur les lèvres rouges des Saisons, édi­tions de l’Amandier, 2012 épuisé • La mésange sans tête, édi­tions Eclats d’encre, 2012 • La mai­son morcelée, édi­tions Le bruit des autres, 2011 (Prix PoésYve­lines des Col­légiens 2013) Blog per­son­nel : http://surlatraceduvent.blogspot.com/ Site de la Lune bleue : http://www.editionslalunebleue.fr/ Blog des Trouées poé­tiques : http://lestroueespoetiques.blogspot.com/ Pho­to ©Jean Rio
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