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Pierre Tanguy et Michel Remaud, Ici Même

Par | 2018-01-03T01:04:10+00:00 18 janvier 2015|Catégories : Critiques, Pierre Tanguy|

 

Les belles édi­tions ren­naises La Part Commune publient Ici même sous la plume de Pierre Tanguy rehaus­sée du sub­til pin­ceau de Michel Remaud. Ouvrage où il nous est don­né à contem­pler, De l’Extrême-Orient à ‘l’Extrême-Occident’, le « haï­ga », asso­cia­tion d’un haï­ku à une image, comme l’explique fort bien l’éminent ‘haï­kiste’ Alain Kervern, dans la post­face du recueil.

En trois par­ties, Sur la côte, Dans les terres, Au jar­din, ces che­mins, ces lieux qui sont les siens et pro­ba­ble­ment son uni­vers, Pierre Tanguy se fait le créa­teur de l’instant qu’il rend vivant. Il palpe les rap­ports intimes et secrets des choses, les cor­res­pon­dances et les ana­lo­gies ain­si que Michel Manoll a vou­lu l’écrire au sujet de l’œuvre de René Guy Cadou.

Et pour l’exprimer, il confie à ces moments offerts leur part d’émotion : Montant dans le train/​elle serre très fort/​son bou­quet de lilas ; La pointe rouge/​du pre­mier bou­ton de camélia/​me ras­sure ; leur trace d’humour Grands gra­ve­lots trottinant/​dans la laisse de mer/​quelle pagaille ! ; leur sur­prise : Cette racine brune/​glissant entre mes pas/​une petite cou­leuvre ; Un renard bondit/​devant la roue de mon vélo/​la belle jour­née ; aus­si la ten­dresse de l’amour : Au cœur du trèfle violet/​la voix de mon père/​traversant un champ ; la bêche de mon père/​son vieux manche/​me donne des forces ; En fleurissant/​ces plants de giroflées/​ressuscitent ma mère.

Il faut ajou­ter que chaque page, sans confu­sion aucune, sans illu­sion, sans com­plai­sance, en buti­nant mots et cou­leurs, laisse devi­ner quelque chose du mys­tère de la vie ain­si que les livres de Pierre Tanguy nous le donnent chaque fois à sen­tir et goû­ter (ah ! la confi­ture de cas­sis).

C’est sûre­ment ce que Michel Remaud, maître de son art, dans un lan­gage per­son­nel et épu­ré, révèle ou res­sus­cite en ouvrant le regard aux per­cep­tions de ce qui nous dépasse, ces cou­leurs de l’âme qu’il met « en pleine lumière » selon son pro­pos.

Voilà un recueil où tout peut se lire, se contem­pler avec François Cheng, c’est-à-dire com­mu­nier et faire adve­nir la beau­té, selon la cita­tion por­tée en exergue de l’ouvrage.    

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