tra­duc­tion établie par l’au­teur pour les trois pre­miers textes,
tra­duc­tion de Dominique BOUDOU pour “Motels fermés”

 

Canto al pie de los Atlas

 

Yo no conoz­co la his­to­ria de estos hombres,

ape­nas sabría distinguirlos,

enca­pucha­dos o desnudos,

entre las nubes de eucalip­to de sus baños

donde que­dos escuchan al demi­ur­go de otros tiempos.

 

Yo no los reconozco

porque ignoro inclu­so si me hablan o me cantan

o me invi­tan a tomar­les de la mano

como a veces se toman entre ellos

cuan­do la luz del día se confunde

con los faroles morte­ci­nos de sus zocos.

 

Yo sólo sien­to que me fundo

lenta­mente, irresistiblemente,

detrás de sus miradas,

Donde se encon­den los jue­gos y las danzas

Que cer­ca de las fuentes compartimos

Ajenos a los dog­mas de los Libros.

 

Yo bus­co, paciente al pie de tan­tos muros,

que sus miradas prisioneras

y la mía de humilde igno­rante de los Libros

apacigüen el fuego de los dogmas

se eleven por enci­ma de los Atlas

para fundir con el bril­lo de otros tiempos,

las nieves que silen­cian nue­stros cantos.

 

 

Chant au pied des Atlas

Je ne con­nais pas l’his­toire de ces hommes,

je saurais à peine les distinguer,

enca­pu­chon­nés ou nus

entre les nuages d’eu­ca­lyp­tus de leurs bains

ou dans le bruit assour­dis­sant de leurs places

écoutant dans la quié­tude le démi­urge d’autres temps.

 

Je ne les recon­nais pas

car j’ig­nore même s’ils me par­lent, s’ils me chantent,

ou s’ils m’in­vi­tent à les pren­dre par la main

comme ils le font par­fois entre eux

lorsque la lumière du jour se confond

avec les réver­bères lan­guis­sants de leurs souks.

 

Je me sens en fusion

lente, irré­sistible,

der­rière leurs regards,

où s’éclipsent les jeux et les danses

que nous parta­gions près de la source

étrangers aux dogmes des Livres.

 

J’at­tends patiem­ment au pied de tant de murs,

que leurs regards prisonniers

et le mien, celui d’un hum­ble igno­rant des Livres,

apaisent le feu de tous les dogmes,

s’élèvent par-delà l’Atlas

pour faire fon­dre, sous l’é­clat loin­tain d’un autre temps,

les neiges qui imposent le silence à nos chants.

 

 

 

Conversión añil de Majorelle

 

Aho­ra que el añil

es lámi­na argen­ta­da al filo de la noche

puedo pasearme a solas,

subir al cenador, volverme parra

o hechicera bun­ganvil­la de lento vuelo

que cubra con pudor mis embelesos

y trepe has­ta el alféizar de los dioses

para robar­les el secre­to del pigmento.

 

Debo ahuyen­tar las tardes tristes,

el plo­mo despi­ada­do de Lorena,

ondear al vien­to las hojas verdes

de mis sueños de pérgola

que lamen las entrañas del desierto,

las alber­cas mis­te­riosas de su alma,

dan­zas de agua escurridiza

fil­trán­dose en el río de sus venas.

 

Ten­dré que com­plotar con el silencio

de la flor a la espera del insecto

atra­pa­do en el redil de la enramada,

volver a ser el niño sigiloso

que teme le des­cubran las andanzas

para ascen­der ligero entre las ramas

has­ta el azur ardi­ente de la llama

donde se abrasan todos mis deseos.

 

Aho­ra que el añil

es pacto clan­des­ti­no con los dioses,

estam­po mi silen­cio sobre el lienzo

refle­jo bal­adí de mis denuedos

y dejo que veneren la memoria

en los cer­cos fron­dosos de mi huerto

donde obran el mila­gro y el destello

del azul flo­re­ciente del destierro.

 

Conversion indigo de Majorelle

 

Main­tenant que l’indigo

est une lame argen­tée au fil de la nuit

je peux me promen­er seul,

mon­ter sur la ton­nelle, me trans­former en berceau de treilles

ou en bougainvil­li­er qui ensor­celle de son vol lent

et cou­vrir avec pudeur toutes mes ivresses

en ram­pant jusqu’à l’embrasure où se penchent les dieux

afin de dérober les secrets du pigment.

 

Je dois chas­s­er la tristesse des après-midi,

le plomb impi­toy­able du ciel de la Lorraine,

faire ondoy­er au vent les feuilles vertes

sym­bole de mes rêves de pergola

qui lèchent les entrailles du désert

et les bassins mys­térieux de l’âme,

dans­es d’une eau furtive

se fil­trant dans le fleuve de mes veines.

 

Je devrais com­plot­er avec le silence

de la fleur qui attend l’insecte

pris­on­nier de la résille des branches,

pour rede­venir l’en­fant secret

qui craint qu’on décou­vre ses méfaits

et ain­si m’élever léger entre les tiges

jusqu’à l’azur ardent des flammes

où s’embrassent tous les désirs.

 

Main­tenant que l’indigo

devient pacte clan­des­tin avec les dieux

je des­sine mon silence sur la toile,

hum­ble reflet de mes efforts,

et je laisse ma mémoire vénérée

dans la haie lux­u­ri­ante de mon verger

où œuvrent le mir­a­cle et l’étincelle

du bleu fleuris­sant de mon exil.

 

Encuentro galante en La Menara

 

Al lle­gar al jardín, amante de la noche,

desliza los cer­ro­jos de la verja

que pro­te­gen la pureza de tu cuerpo.

 

Atraviesa el oli­var, escla­va de la danza,

sin deten­erte en el tañi­do de las ramas,

arpas traicioneras que usurpan mi poder.

 

Rec­haza las palmeras, novia ilusionada,

silue­tas grá­ciles, esbelta insen­satez del viento,

que no pueden com­pe­tir con tus encantos.

 

Cier­ra los ojos al ful­gor, ami­ga placentera,

de la coro­na de nieve de los montes,

espe­jis­mo capri­choso de las dunas.

 

Impul­sa tus pies descal­zos, sirvien­ta dócil,

has­ta el pabel­lón que he levantado

donde antes pasta­ban las bestias.

 

Descorre las corti­nas, gacela delicada,

y siente a la seda vol­verse burda

ante el con­tac­to divi­no de tus manos.

 

Entra en el cuadra­do, don­cel­la ennoblecida,

de las deli­cias que ignor­a­ba tu cuello,

arco cert­ero en mi car­caj repleto.

 

Con­tem­pla des­de el lecho, mujer efímera,

el estanque de purifi­cado­ras aguas

que bor­rará el peca­do de mis ansias.

 

Hún­dete en sus fauces oscuras, prince­sa muerta,

ahoga en él tu llan­to o el vul­gar quejido,

y deja que despierte al alba, viu­do de la noche.

 

Ren­con­tre galante dans La Menara

 

En arrivant au jardin, maîtresse d’une nuit,

glisse les ver­rous de la grille

qui gar­dent la pureté de ton corps.

 

Tra­verse l’o­livi­er, esclave de la danse,

sans remar­quer l’air que jouent ses branches,

des harpes traîtress­es qui usur­pent mon pouvoir.

 

Repousse les palmiers, fiancée illusionnée,

ces sil­hou­ettes gra­cieuses, sveltesse insen­sée du vent,

qui ne peu­vent rivalis­er avec tes charmes.

 

Ferme les yeux, amie consentante,

à la couronne écla­tante des monts enneigés,

mirage capricieux des dunes.

 

Élance tes pieds nus, ser­vante docile,

jusqu’au pavil­lon que j’ai bâti

là où les bêtes pais­saient jadis.

 

Écarte le rideau, gazelle délicate,

et sens la soie devenir grossière

au con­tact divin de tes mains.

 

Pénètre le car­ré, pucelle anoblie,

des délices que ton cou ignore,

l’arc adroit pour mon car­quois rempli.

 

Con­tem­ple depuis le lit, femme éphémère,

le bassin d’eau purificatrice

qui effac­era le pêché de mon désir.

 

Sub­merge-toi dans son gosier obscur, princesse morte,

noie dans ses eaux tes pleurs ou ton san­glot banal

et laisse-moi me réveiller à l’aube, veuf de la nuit.

 

 

Moteles cerrados

para María Ánge­les Pérez López

 

en ple­na cac­ería de bisontes.

Andu­vo solo el hombre.

Bus­ca­ba paz entre muchachas.

Sosiego en unos labios generosos.

En casa lo ase­di­an mil dragones.

De pron­to un motel de mala muerte.

Un neón rosa­do, una enseña vagabunda.

La firme con­vic­ción en el olvido.

El reme­dio con­tra el odio y la violencia.

La solu­ción final, el desahogo.

El deseo quemán­dole por dentro.

El recuer­do del cuer­po de una hembra.

El cosquilleo feliz de aque­l­la época.

El mis­mo bule­var, el mis­mo árbol.

Muros sin vida, luces apagadas.

Ni un solo coche en el aparcadero.

Las plan­tas secas, un mendi­go en la negrura.

Letal silen­cio de una ciu­dad muerta.

Renun­cia por decre­to a los placeres.

Leyes morales que tejen la locura.

Un revólver tibio entre sus manos.

La puer­ta de su casa aborrecida.

La mue­ca de la esposa que lo espera.

Un tiro…, dos, en medio del silencio.

 

Motels fermés

 

L’homme est par­ti seul.

Il cher­chait la paix par­mi des filles.

Le repos sur des lèvres généreuses.

Chez lui mille drag­ons l’assiègent.

Soudain un motel miteux.

Un néon dépoli, une enseigne brinquebalante.

La cer­ti­tude absolue de l’oubli.

Le remède con­tre la haine et la violence.

La solu­tion extrême, le soulagement.

Le feu du désir au ventre.

Le sou­venir du corps d’une femelle.

Le doux fris­son de ce temps-là.

Le même boule­vard, le même arbre.

Murs sans vie, lumières éteintes.

Pas la moin­dre voiture sur le parking.

Les plantes sèch­es, un men­di­ant dans l’obscurité.

Silence mor­tel d’une ville morte.

Il renonce par décret aux plaisirs.

Lois morales qui tra­ment la folie.

Un revolver tiède entre ses mains.

La porte de sa mai­son honnie.

La gri­mace de l’épouse qui l’attend.

Un tir…, deux, au milieu du silence.

 

 

*

“Can­to al pie de los Atlas”, “Con­ver­sión añil de Majorelle”, “Encuen­tro galante en La Menara” sont extraits du recueil bilingue  Lueurs voilées du Sud, Lum­bres veladas del Sur, Oxy­bia édi­tions, 2018

 

Le poème “Mote­les  cer­ra­dos” est tiré du recueil Ani­mal en vilo, Uni­ver­si­dad autono­ma de Nuo­vo Leon — Ed. UANL, Méx­i­co, 2017

« Traduttore, traditore »

« Tradut­tore, tra­di­tore », tout le monde con­naît la parono­mase ital­i­enne qui sig­ni­fie « traduire c’est trahir ». Com­bi­en de fois, en tant que tra­duc­teur, je me suis sen­ti ten­té de chang­er un mot ne serait-ce que parce qu’un autre pou­vait son­ner mieux à nos oreilles ! Com­bi­en de fois aus­si, en tant qu’auteur, j’ai trou­vé peu con­va­in­cante la tra­duc­tion de cer­tains pas­sages de l’un de mes livres ! Non pas parce que le tra­duc­teur a été mau­vais, mais sim­ple­ment parce que par­fois entre deux langues, et dans cer­taines sit­u­a­tions, le « courant » ne passe pas. Dans la vie quo­ti­di­enne à Cuba, mon pays d’origine, on utilise sou­vent un reg­istre de langue argo­tique pour lequel on ne trou­vera pas d’équivalent en français, et par­fois même pas dans l’espagnol par­lé dans la pénin­sule ibérique ou dans d’autres pays d’Amérique latine.

Mes derniers livres je les ai écrits directe­ment en français. Cela fait plus de vingt-cinq ans que j’habite en France. Cepen­dant, toutes ces années de pra­tique de la langue n’ont pas été d’une grande aide pour éviter les pièges dûs au fait de l’existence de très nom­breux points en com­mun entre le français et l’espagnol. De ce fait, je crois que je me sen­ti­rai tou­jours plus à l’aise quand j’écris mes romans ou mes poèmes en espag­nol, de la même façon que je me sens plus ras­suré quand je rédi­ge mes réc­its, voire mes essais, en français.

Toute­fois, lorsque l’éditeur de mon dernier recueil de poésie a voulu pub­li­er mes poèmes dans une édi­tion bilingue français-espag­nol, j’ai opté pour établir moi-même la ver­sion française de mes pro­pres vers déjà pub­liés, quelques années aupar­a­vant, en Espagne. Je ne pour­rai pas affirmer que je me suis traduit moi-même, car on ne pour­ra jamais se traduire quand on est l’auteur d’un texte. Le texte, bien évidem­ment, nous appar­tient, et de ce fait on s’autorise tou­jours à faire des change­ments qu’un tra­duc­teur respectueux n’envisagerait jamais. Nous sommes con­stam­ment appelés à « amélior­er » nos pro­pres textes si nous avons l’occasion de le traduire dans une langue que l’on connaît.

Dans l’un des poèmes du recueil dont je par­le, par exem­ple, inspiré par la présence de Paul Bowles au Maroc – où il a passé la plus grande par­tie de sa vie – j’ai écrit en espagnol :

Aho­ra se ha adentrado

en la noche azul eter­no de las dunas

Si j’avais été un tra­duc­teur extérieur et que je devais traduire ces deux vers, j’aurais dû écrire :

Main­tenant, il s’est aventuré

dans la nuit du bleu éter­nel des dunes …

Mais, quelque chose en tant qu’auteur me dis­ait que « s’aventurer » n’était pas très beau en français et qu’on a du mal à admet­tre dans la langue de Molière que les dunes puis­sent devenir bleues pen­dant la nuit. Je me suis donc décidé à établir une autre version :

Main­tenant, il s’est enfon­cé dans le bleu

d’éternité des nuits du désert…

De telle façon que ce ne sont plus les « dunes », mais le « désert » qui devient d’un bleu éter­nel pen­dant la tra­ver­sée noc­turne de l’esprit de Paul Bowles. 

Ce ne sont pas des licences poé­tiques, mais des licences tout court que seul l’auteur peut se per­me­t­tre. Cette lib­erté, ne sera mal­heureuse­ment pas pos­si­ble lorsqu’on écrit dans une langue dans laque­lle on ne se sen­ti­ra pas à l’aise. Alors, nous n’aurons pas d’autre choix que de nous en remet­tre à ce fameux tra­di­tore évo­qué par la parono­mase italienne. 

De la même façon que, dans l’une de ses nou­velles les plus géniales, Jorge Luis Borges avait décidé qu’un cer­tain Paul Ménard était l’auteur du Qui­chotte parce qu’il l’avait recopié – Borges con­sid­érait que nous devenons les auteurs de toutes les œuvres que nous lisons car nous les réécrivons men­tale­ment selon nos pro­pres codes – je suis per­suadé que chaque livre traduit dans une autre langue devient un autre livre. Et ceci, au point que si l’on per­dait tous les exem­plaires de ce livre dans sa langue d’origine, nous per­dri­ons à jamais aus­si les véri­ta­bles inten­tions de l’auteur car aucune tra­duc­tion ne serait capa­ble de les trans­met­tre dans leur intégralité.

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William Navarrete

Né à Cuba en 1968
Nation­al­ité : cubaine et française
Il réside à Paris depuis 1991.

Il a fait des études d’ His­toire de l’Art à l’ Uni­ver­sité de La Havane, puis en arrivant à Paris à La Sor­bonne — Paris IV.

Il compte à son act­if plusd’ une ving­taine d’ou­vrages en espag­nol et en français : essais, recueils de poésies, recueils de nou­velles et romans (traduits en alle­mand, en ital­ien et dans d’autres langues). Il exerce le jour­nal­isme, la tra­duc­tion et a dirigé deux col­lec­tions de lit­téra­ture lati­no-améri­caine pour les édi­tions Il Foglio (Toscane, Ital­ie) et Adu­a­na Vie­ja (Valen­cia, Espagne). Con­férenci­er, il a don­né de nom­breuses con­férences dans des médiathèques, fes­ti­vals et salons lit­téraires et cen­tres d’études en France, États-Unis et Amérique latine.

Son pre­mier recueil de poésie, Edad de miedo al frío(inédit en français) a recu le prix Euge­nio Florit du Cen­tro de la Cul­tura Panamer­i­cana, de New York. Ani­mal en vilo(inédit aus­si en français) a été pub­lié par l’Université Autonome de Nue­vo León, au Mex­ique. Son recueil Lueurs voilées du Suda été récem­ment pub­lié en ver­sion bilingue espagnol/français par les édi­tions Oxy­bia, à Grasse, en 2017 et présen­té à la Mai­son de l’Amérique Latine, à Paris. Trois des poèmes de ce recueil sont parus dans la revue Apulée(éd. Zul­ma, Paris, 2017).

Son pre­mier roman pub­lié en français La danse des mil­lions(Ed. Stock, Paris, 2013), est paru en espag­nol sous le titre de La gema de Cubagua(Madrid, 2011). En 2014, son deux­ième roman, Fugas(Tus­quets, 2014) est paru chez Stock sous le titre de En fugue(Stock, 2015). La pub­li­ca­tion de son troisième roman en espag­nol: Deja que se muera Españaa eu lieu en mai 2017 (Ed. Tusquets/Planeta) et sera pub­lié en mars 2019 sous le titre de Vidali­na par les édi­tions Emmanuelle Col­las, du groupe Anne Carrière.

Il a écrit et pub­lié en français sept ouvrages : La chan­son cubaine(2000), Cuba: la musique en exil(2004), La canopée du Lou­vre(nou­velles, 2008), Dic­tio­n­naire inso­lite de Cuba(Ed. Cos­mo­pole, 2014, réedi­tion 2016), Pour l’amour de Nice(Ed. Mag­el­lan, 2017) et Dic­tio­n­naire inso­lite de la Floride(Ed. Cos­mo­pole, 2017), Lueurs voilées du Sud(Oxy­bia, Grasse, poésie, sept. 2017).

Il a reçu une bourse de créa­tion du Cen­tre Nation­al du Livre(CNL) en 2016 pour le pro­jet d’écriture de son qua­trième roman.

Bib­li­ogra­phie (en gras en français):

- Lueurs voilées du Sud(poésie / éd. bilingue) (Ed. Oxy­bia, Grasse, 2017)
Pour l’amour de Nice(réc­it) (Ed. Mag­el­lan, Paris, 2017)
Dic­tio­n­naire inso­lite de la Floride(essai) (Ed. Cos­mo­pole, Paris, 2017)
- Deja que se muera España(roman), Ed. Tusquets/Planeta, Espagne/Mexique, 2017
- Ani­mal en vilo(poésie), Ed. U. Autóno­ma de Nue­vo León, Mon­ter­rey, Mex­ique, 2016.
- Nou­velles de Cuba(nou­velleDanser avec l’ennemi), Ed. Mag­el­lan, Paris, 2016
- En fugue(roman), Ed. Stock, col. La Cos­mopo­lite, Paris, 2015
- Dic­tio­n­naire inso­lite de Cuba(écrit en français), Ed. Cos­mo­pole, Paris, 2014
- Fugas (roman), Ed. Tus­quets, 2014
La danse des mil­lions(roman), Ed. Stock, col. La Cos­mopo­lite, 2013
- La gema de Cubagua  (roman), Ed. Legua, Madrid, Espagne, 2011
- Lum­bres veladas del Sur(poésie), Valen­cia, Espagne, 2008
- Ald­abona­zo en Tro­cadero 162(essai), Valen­cia, Espagne, 2008
Visión críti­ca de Hum­ber­to Calza­da(mono­gra­phie d’art), Valen­cia, Espagne,  2008
La canopée du Lou­vre(nou­velles), Ed. A. V., Valen­cia, Espagne, 2007
Visión críti­ca de Gina Pel­lón(mono­gra­phie d’artiste), Valen­cia, Espagne, 2007
Can­ti ai pie­di del­l’At­lante(poésie, trad. ital­i­enne Ilar­ia Gesi), Ed. Coen Tanu­gi, Gor­gonzo­la, 2006
Catale­jo en lon­tanan­za, Ed. Adu­a­na Vie­ja, Cadix, Espagne, 2006
Ver­si tra le sbarre(poésie, trad. ital­ien), Ed. Il Foglio, Piom­bi­no, Ital­ie, 2006
Edad de miedo al frío(poésie / Prix Euge­nio Florit), Ed. Adu­a­na Vie­ja, Cadix, 2005
Insu­las al pairo(poésie)», Ed. Adu­a­na Vie­ja, Cadix, Espagne, 2004
Cuba : la musique en exil(essai, écrit en français), Ed. L’Har­mat­tan, Paris, 2004
Cen­te­nario de la Repúbli­ca Cubana(essai), Ed. Uni­ver­sal, Mia­mi, USA, 2002
La chan­son cubaine: textes et con­texte(essai, écrit en français), Ed. L’Har­mat­tan, Paris, 2000