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Béatrice Marchal, Au pied de la cascade

Par |2020-05-21T06:35:09+02:00 21 mai 2020|Catégories : Béatrice Marchal, Critiques|

Requiem ne s’écrit pas au plu­riel, /​ à chaque mort un monde s’évanouit…

Béatrice Marchal va dres­ser deux tom­beaux dans ce recueil où dou­leurs et deuils se suivent, sem­blables et dif­fé­rents.

« Tombeau de l’amie », de la sœur, d’abord, « tom­beau de la mère » ensuite. C’est toute une vie de sen­ti­ments, d’affection, d’amour  qui se déroule à nou­veau au che­vet des mori­bonds, des mou­rants, des morts.

 

On apprend au fil des ans à connaître 
l’autre, empa­thie, patience,…

 

 

Béatrice Marchal, Au pied de la cas­cade, L’Herbe qui tremble, 13 €.

Il reste de la pre­mière une lumière, évo­quée par trois fois : où l’étrange per­sis­tant éclat de la lune /​ se fait rap­pel d’une pré­sence sin­gu­lière. Plus loin, il est ques­tion d’une unique étoile et encore : un noyau de lumière

Pour la seconde, l’auteure ques­tionne : un même mys­tère inter­roge le temps. /​ Quels fruits laisse-t-il mûrir dans l’ombre /​ d’un corps d’un esprit vain­cus ? Il y a l’accompagnement final dans la tris­tesse, la misère et l’horreur de la fin : Derrière les portes meurent de vieilles femmes /​ éden­tées… et l’inconvenance superbe des petits-enfants dans leur splen­dide insou­ciance.

Béatrice Marchal, même si elle parle d’un monde de sanie, sait rap­por­ter aux gens qu’elle aime toutes sortes de fleurs et de plantes qui tendent à méta­mor­pho­ser les êtres qui dis­pa­raissent. Et c’est la méta­phore aqua­tique qui achève le recueil. Il ne s’agit pas de craindre la noyade dans cette tra­ver­sée dif­fi­cile du temps, au contraire, c’est la cas­cade qui vient de si loin en amont et qui va si loin, avec son cours tumul­tueux qui nous dépasse et qui rap­pelle la vie et nous rap­pelle à la vie…

 

Ceux qui sont par­tis  après beau­coup d’amour on les retrouve 
en soi…

 

Présentation de l’auteur

Béatrice Marchal

Béatrice Marchal vit à Paris et retrouve régu­liè­re­ment la mon­tagne vos­gienne où elle a pas­sé sa jeu­nesse.

Elle a publié en poé­sie : La Cloche de tour­mente (Cahiers de Poésie verte, Prix Troubadours 2014)

  Equilibre du pré­sent (Editinter, 2012)

Aux Editions de l’Atlantique,  Une Voix long­temps cher­chée (2011),  La Remontée du cou­rant (2010), L’Epreuve des limites (2010)
Aux édi­tions La Porte, Tant va le regard  (2007), La Baguette de cou­drier (2010)
Livres d’artistes avec les gra­veurs Eva Gallizzi, et  Dominique Penloup : Où va la route.
Œuvre cri­tique :  Les Chants du silence, Olivier Messiaen, fils de Cécile Sauvage ou la    musique face à l’impossible parole (Delatour-France, 2008), 123 p.
Ecrits d’amour de Cécile Sauvage, Paris, Cerf, 2009, 189 p.
La Poésie en France depuis Baudelaire (Paris, Dunod, 1999), 127 p.

Elle col­la­bore à plu­sieurs revues poé­tiques (Diérèse, Friches, Arpa) et vient d’écrire une pré­face au Poésie/​​Gallimard consa­cré à Richard Rognet, à paraître en novembre.

Elle est pré­si­dente du Cercle Aliénor, cercle de poé­sie et d’esthétique qui orga­nise chaque mois une confé­rence à la Brasserie Lipp.

 

 

Bibliographie (sup­pri­mer si inutile)

Poèmes choi­sis

Autres lec­tures

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Jacques Morin

Jacques Morin, né en 1950 à Paris. Etudes au Lycée Voltaire et à la Sorbonne. Professeur en Lycée Professionnel et retrai­té. S’occupe de la revue Le Crayon noir entre 1973 et 1981, puis Le Désespoir, Précisément (1979-1980), avant de fon­der Décharge en 1981, qui en est à son n° 184. A publié une tren­taine de recueils (poèmes, chro­niques, fic­tions, antho­lo­gies). Derniers titres parus : J’écris, Rhubarbe, 2016 Petit car­net d’un revuiste de poche, Les Carnets du des­sert de lune, 2016 Le bord du pay­sage, La Renarde rouge, 2016 L’éternité et des pous­sières, Henry, 2017 Trois sai­sons et demie, Atelier de Groutel, 2017 À peine six semaines, gra­vures d’Angèle Spérius, Cahier des Passerelles n° 41, 2019 Photo : Isabelle Huberdeau-Houé