> Contre le simulacre. Enquête sur l’état de l’esprit poétique contemporain en France. Réponses de Elie-Charles Flamand

Contre le simulacre. Enquête sur l’état de l’esprit poétique contemporain en France. Réponses de Elie-Charles Flamand

Par | 2018-02-25T04:51:10+00:00 17 juin 2016|Catégories : Rencontres|

En atten­dant le numé­ro spé­cial que Recours au poème consa­cre­ra à ce très grand poète qui vient de dis­pa­raître, écou­tons ses réponses à notre enquête.

La briè­ve­té, non point miné­rale mais au plus exact de l'expression et de la vie, donne sa richesse à cet entre­tien.

 

1)    Recours au Poème affirme l’idée d’une poé­sie conçue comme action poli­tique et méta-poé­tique révo­lu­tion­naire : et vous ? (vous pou­vez, natu­rel­le­ment, ne pas être en accord avec nous, ou à être d’accord dans un sens dia­mé­tra­le­ment oppo­sé au nôtre)

La poé­sie n'a rien à voir avec la poli­tique et ne doit sur­tout pas se lais­ser pol­luer par elle, on a vu ce que cela a don­né avec Eluard, par exemple.

 

2)    « Là où croît le péril croît aus­si ce qui sauve ». Cette affir­ma­tion de Hölderlin parait-elle d’actualité ?

Bel apho­risme, et récon­for­tant (encore plus beau, soit dit en pas­sant, dans sa langue ori­gi­nale), qui s'applique à la vie, mais la poé­sie n'est-elle pas la vie même !

 

3)    « Vous pou­vez vivre trois jours sans pain ; – sans poé­sie, jamais ; et ceux d’entre vous qui disent le contraire se trompent : ils ne se connaissent pas ». Placez-vous la poé­sie à la hau­teur de cette pen­sée de Baudelaire ?

La poé­sie est une voca­tion, comme la prê­trise par exemple, et on doit TOUT lui sacri­fier.

 

4)    Dans Préface, texte com­mu­né­ment connu sous le titre La leçon de poé­sie, Léo Ferré chante : « La poé­sie contem­po­raine ne chante plus, elle rampe (…) A l'école de la poé­sie, on n'apprend pas. ON SE BAT ! ». Rampez-vous, ou vous bat­tez-vous ?

Cette injonc­tion est évi­dente. A ce pro­pos, il faut dis­tin­guer poé­sie et chan­son, cette der­nière, même quand elle a des pré­ten­tions phi­lo­so­phi­co-morales comme ici, est un sous-pro­duit sans inté­rêt.

 

5)    Une ques­tion double, pour ter­mi­ner : Pourquoi des poètes (Heidegger) ?  En pro­lon­ge­ment de la belle phrase (détour­née) de Bernanos : la poé­sie, pour quoi faire ?

La poé­sie est une quête essen­tielle sans laquelle l'existence n'a guère de sens.