> La revue TRACES N° 176 fête en janvier 2013 ses 50 ans d’existence

La revue TRACES N° 176 fête en janvier 2013 ses 50 ans d’existence

Par |2018-10-16T20:43:01+00:00 9 février 2013|Catégories : Revue des revues|

 

Claude Serreau ouvre ce numé­ro 176 ; pour ceux qui ne connaî­traient pas l’histoire de la revue , l’ami , le col­la­bo­ra­teur ,le com­pa­gnon en poé­sie de Michel-François Lavaur  depuis un demi siècle ,s’en fait l’historien. Pour lui, MFL est : « celui qui a réus­si à faire d’une revue arti­sa­nale un docu­ment essen­tiel et un témoi­gnage sans égal pour qui veut et qui vou­dra connaître  ce que fut en France et en par­ti­cu­lier dans l’Ouest, au cours des cin­quante der­nières années, une vie au ser­vice de la Poésie. »(p. 5), ce que confirme Jean-Claude Vallejo à la fin de ce numé­ro : « Traces est un cas unique, et je suis convain­cu, d’accord avec le poète et édi­teur Bruno Doucey, avec qui j’ai eu l’occasion d’en par­ler, alors qu’il diri­geait encore la mai­son Seghers, qu’il n’est pas pen­sable pour nous d’occulter la contri­bu­tion de la revue Traces et de MFL à ce demi siècle de la vie poé­tique fran­çaise. »(p.72)

En page 7 l’article de presse  annon­çant en jan­vier 1963 la sor­tie d’une nou­velle revue de poé­sie Traces , montre que déjà en ce numé­ro 1, Claude Serreau, Pierre Autize, Jean Bouhier, Georges Drano, Gilles Fournel, Jean Laroche et James Sacré avaient  répon­du à l’appel ; avec de tels poètes, cette revue com­men­çait sous de très bons aus­pices.

Le poète Hamich Tibouchi offre aujourd’hui à Michel –François Lavaur un très beau poème pour toutes les traces rem­plies de vie (p. 14)

Une lettre de Alain Lebeau retient  l’attention, touche au cœur, elle trace le che­min qui mène à l’ami quand les sou­ve­nirs enso­leillent l’automne, quand la vie a pas­sé et que les gestes se font plus lents mais que forts d’une vie de poé­sie et d’amitié, on peut se par­ler en silence…

Georges Cathalo offre un bou­quet de vœux, rete­nons celui-là : « J’aurais vou­lu retrou­ver les mil­liers de lettres et de cour­riers divers que MFL a offerts à ses amis et à ses cor­res­pon­dants afin de com­po­ser un monu­ment épis­to­laire. » (p.21)

 Michel-François Lavaur, le poète, le des­si­na­teur, le revuiste est aus­si  un mail artiste.

« Jour de fête , comme chez Jacques Tati, celui où l’on rece­vait une lettre de Lavaur(…) ces enve­loppes sin­gu­lières, dont les for­mats et les papiers inat­ten­dus s’ornaient de des­sins et de textes à la fan­tai­sie colo­rée, humo­ris­tique, ludique, par­fois aus­si mélan­co­lique. » Martine Morillon Carreau (p.40)

« J’ai eu l’immense joie, avec ses réponses, de décou­vrir le mail art. Un vrai cadeau que de rece­voir ces enve­loppes tra­vaillées, illus­trées, ornées, cal­li­gra­phiées, jouant aus­si avec les cou­leurs des nom­breux timbres… » Jean –Claude Vallejo (p.71)

Odile Caradec qua­li­fie de saint laïque celui qui a consa­cré une grande par­tie de sa vie à la poé­sie, dans un esprit total de gra­tui­té et de fra­ter­ni­té.

Qu’est-ce que la poé­sie ? À la défi­ni­tion que donne Patrice  Angibaud pour qui la poé­sie est prière, MFL répond : « tu me dis, et je te le concède, que le poème est une prière. C’est vrai , si prier c’est ouvrir nos portes secrètes au visi­teur étran­ger qui vient avec fran­chise ; si prier c’est se dépas­ser pour débou­cher sur l’autre et non s’en remettre à quelque dieu, voire à un démon, pour épon­ger nos appé­tits de pri­vi­lèges, ici-bas ou dans un monde post­hume ; si c’est cher­cher la com­mu­ni­ca­tion au plus intime de nos êtres, sous la cara­pace d’attitudes et de mani­gances que la hié­rar­chie et le qu’en dira-t-on imposent, peu ou prou, même aux plus rebelles à leur joug(…) mais que jamais l’écrit ne soit ce monu­ment de «  mas­tu­vu » sur notre vani­té. » (p.46).

Parole de véri­té que celle du poète, reçue il y a 40 ans , Patrice Angibaud nous la donne aujourd’hui à médi­ter car elle garde toute son actua­li­té… « En cet aujourd’hui où les mots sont vidés de leur sens ; en cet aujourd’hui où l’attention à l’autre est de moins en moins une pré­oc­cu­pa­tion ; en cet aujourd’hui où seuls comptent le cha­cun pour soi, l’apparence et le clin­quant. »( P.Angibaud)(p.46)

Pascale Lavaur nous offre un texte émou­vant qui nous dit le maître d’école et sur­tout le père qu’il fut, hom­mage plein de ten­dresse filiale : « Ma mai­son est l’école et mon père est le maître d’école… »

Eric Simon fait revivre la soi­rée du 24 février 2009 au café de la Rotonde à Nantes  où il avait invi­té MFL : «  et je garde en mémoire comme un pré­cieux joyau ce poème enten­du en occi­tan de la bouche même de Michel-François Lavaur, le timbre de la voix et l’accent res­tau­rant l’expression vibrante de chaque syl­labe, dans sa valeur de sens et d’émotion. La Rotonde, ce soir-là, s’éclairait d’une lumière per­sis­tante, celle de la bonne étoile. »(p.62)

 

Ce N° 176 est aux cou­leurs de l’amitié et de l’affection, il est un cadeau pour les lec­teurs, avec lui en ce début d’année 2013 la poé­sie brille haut et loin.

 

Pour conclure cette pré­sen­ta­tion, un extrait du poème de Jean Dif  qui dit si bien cette fra­ter­ni­té poé­tique qui a ani­mé cette revue, elle  explique sans doute sa lon­gé­vi­té   et  elle  a fait de Michel-François Lavaur un pas­seur en poé­sie qui lais­se­ra dura­ble­ment son empreinte dans le pay­sage poé­tique de la deuxième moi­tié du XXème siècle.

 

« Comme un fac­teur choi­sis­sait
   sur le che­min des cailloux
   pour son palais des mer­veilles
   patiem­ment dans ta four­bi­thèque
   pen­dant près d’un demi siècle
  tu as noué et renoué
  la longue chaîne des poètes
  venus de tous les hori­zons
  qui se lisant les uns les autres
  se recon­naissent sans se connaître

(…)

  mais voi­ci que le temps s’en vient
  et de nous ras­sem­bler à nou­veau
  pour un der­nier feu d’artifice… »

                                                                

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De nom­breux poèmes à décou­vrir, la plu­part inédits de : Claude Serreau, Martine Morillon- Carreau, Hamid Tibouchi, Guy Chaty, Claude Cailleau,Roland Halbert, Emmanuel Hiriart,Gilles Lades, Bernard Le Blavec, Jean Dif, Didier Cléro, Michel L‘Hostis, Bernard Picavet, Michel Baglin, Jean-Pierre Mestas, Jacques Simonomis, René Cailletaud, Hugues Pissaro, Gérard Prémel, Jean-Claude Coiffard, Jean-Pierre Poupas,Jean-Pierre Poëls,Rüdiger Fischer,Amédée Guillemot , Jean-Claude Touzeil,Moreau du Mans, Norbert Lelubre, Robert Momeux, Jean Laroche, Dagadès et Michel-François Lavaur.

 

Des illus­tra­tions de : Hugues Pissaro, Hamid Tibouchi, Gérard Sendrey, Claudine Goux, Krystel Lavaur, Pierre-Marie Eades, et Michel-François Lavaur. 

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