> Nohad Salameh, La voyageuse de minuit

Nohad Salameh, La voyageuse de minuit

2018-02-24T12:45:10+00:00

 

Celle venue d’Orient
escor­tée de ses phé­ni­cies
ses alpha­bets
et ses dieux d’outre-ciel
arbore la frac­ture de la terre
et la déchi­rure de vos regards.

Celle sur­gie des ver­gers d’Ève
avec ses oracles
ses nos­tal­gies dou­lou­reuses
et la fureur des songes
pro­gresse d’un pas de désert
vers le Centre
où se concentrent
l’exil et la mémoire de la rose.

La voya­geuse de minuit
qui pose ses ailes sur vos aubes
toute entière tan­née par les cou­chants
incante en vos som­meils
un chant d’espace
par excès d’errances
et appel d’air.
 

Présentation de l’auteur

Nohad Salameh

L’un des poètes les plus mar­quants du Liban fran­co­phone.  Née à Baalbek. Après une car­rière jour­na­lis­tique dans la presse fran­co­phone de Beyrouth, elle s’installe à Paris en 1989. De son père, poète en langue arabe et fon­da­teur du maga­zine lit­té­raire Jupiter, elle hérite le goût des mots et l’approche vivante des sym­boles. Révélée toute jeune par Georges Schehadé, qui voyait en elle «  une étoile pro­met­teuse du sur­réa­lisme orien­tal », elle publie divers recueils dont les plus récents sont : La Revenante, Passagère de la durée (édi­tions Phi, 2010) et D’autres annon­cia­tions (Le Castor astral, 2012). Elle a été saluée par Jean-Claude Renard pour son « écri­ture à la fois lyrique et dense, qui s’inscrit dans la lignée lumi­neuse de Schehadé par­mi les odeurs sen­suelles et mys­tiques de l’Orient ». Elle a reçu le prix Louise Labé pour L’Autre écri­ture (1988) et le Grand Prix de poé­sie d’Automne de la Société des Gens de Lettres  en 2007. Elle est membre du jury Louise Labé.

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Sabine Huynh est née à Saïgon en 1972 et a gran­di à Lyon, avant de par­tir vivre en Angleterre, aux États-Unis, en Israël et au Canada. Elle vit aujourd’hui à Tel Aviv. Après avoir été pro­fes­seur de langues et de lit­té­ra­ture fran­çaise, et avoir fait des études en sciences de l’éducation et en lit­té­ra­ture et lin­guis­tique anglaises, un doc­to­rat en lin­guis­tique à l’Université Hébraïque de Jérusalem (où elle a ensei­gné de 2002 à 2008), et un post-doc­to­rat en socio­lin­guis­tique à l’Université d’Ottawa, elle décide de se consa­crer entiè­re­ment à l’écriture (en anglais et en fran­çais) et à la tra­duc­tion lit­té­raire (prin­ci­pa­le­ment de l’anglais, l’hébreu et l’italien vers le fran­çais ; et poé­sie et textes en rap­port avec la Shoah – elle a tra­duit six livres, dont Des liens invi­sibles, ten­du /​ Taut, invi­sible threads, de Dara Barnat, publié en 2014 par Recours au poème édi­teurs, col­lec­tion Ailleur(s)). Son tra­vail a été publié dans de nom­breuses revues et antho­lo­gies.

Elle est co-auteure de l’anthologie poé­tique pas d’ici, pas d’ailleurs (avec Angèle Paoli, Aurélie Tourniaire et Andrée Lacelle, édi­tions Voix d’encre, 2012). 2013 voit la paru­tion de son roman La Mer et l’enfant (Galaade édi­tions), de son recueil de poèmes Les Colibris à recu­lons (contri­bu­tion gra­phique : Christine Delbecq, Eds. Voix d’encre), d’un recueil de poèmes écrit à quatre mains avec Roselyne Sibille, La Migration des papillons (Eds. La Porte), et du récit En taxi dans Jérusalem (édi­tions publie​.net, avec des pho­to­gra­phies d’Anne Collongues). En 2014 paraissent Tel Aviv/​ville infirme/​corps infi­ni, (édi­tions Voltije, poé­sie, avec des pein­tures d’André Jolivet. Texte seul repu­blié en 2014 aux édi­tions La Porte), et Avec vous ce jour-là/Lettre au poète Allen Ginsberg (Recours au poème édi­teurs, col­lec­tion L’Atelier du poème). En 2015 les édi­tions E-frac­tions publient son jour­nal La Sirène à la pou­belle, et les édi­tions Æncrages and Co. son recueil de poèmes Kvar lo (avec des encres de Caroline François-Rubino).

Collaboratrice régu­lière de la revue Recours au poème, (rubriques Chroniques – De mots à vous –, Essais et Revue des revues), elle contri­bue aus­si ou a contri­bué régu­liè­re­ment à la revue de poé­sie contem­po­raine Terre à ciel (diri­gée par Cécile Guivarch), à la revue de poé­sie et cri­tique lit­té­raire Terres de femmes (diri­gée par Angèle Paoli), à la revue inter­na­tio­nale de tra­duc­tion poé­tique TraduzioneTradizione (diri­gée par Claudia Azzola), à la revue de créa­tion lit­té­raire numé­rique d’ici là (diri­gée par Pierre Ménard), au jour­nal Jerusalem Post, et à la revue d’art contem­po­rain Inferno, pour laquelle elle s’occupait de la rubrique « Carnets de Tel Aviv », en tant que cor­res­pon­dante étran­gère (arts et spec­tacles).

Son site : presque dire