> Omar Youssef Souleimane, La tombe du réfugié

Omar Youssef Souleimane, La tombe du réfugié

2018-01-11T11:47:40+00:00

 

Demain quand je serai vieux
des jeunes réfu­giés d’un pays loin­tain me ren­dront visite
leurs pau­pières la liber­té
leurs yeux des étoiles
leurs bras des mots
que j’ai oubliés sur les herbes de mon pays depuis de longues années
je dis­tin­gue­rai sur leurs traits mes yeux que je ne vois plus désor­mais
et je ver­rai
le réfu­gié n’est enter­ré que dans sa langue
il l’a enter­rée comme une graine dans son coeur quand il est deve­nu réfu­gié
elle s’épanouira quand son corps s’anéantira
et grandira…grandira au point de deve­nir une tombe
j’ignore cela main­te­nant
mais je le sau­rai quand ils m’interrogeront sur mon pays
je leur répon­drai avec des feuilles de citron­nier enfouies dans un vieux cahier

 

 

Traduction Lionel Donnadieu

Présentation de l’auteur

Omar Youssef Souleimane

Omar Youssef Souleimane est né en 1987 à Quoteifé, sur les pla­teaux du Kalamoune à une qua­ran­taine de kilo­mètres au nord de Damas. Après avoir obte­nu un bac­ca­lau­réat scien­ti­fique en 2005, il étu­die la lit­té­ra­ture arabe à l’université de Homs. Entre 2006 et 2010, il a été cor­res­pon­dant de la presse syrienne, et a col­la­bo­ré avec de nom­breux jour­naux arabes. Il est l’auteur de livres de poé­sie Chansons de sai­son (2006), et je ferme les yeux et j’y vais, prix kowei­tien Saad Al Sabbah en 2010. Ayant par­ti­ci­pé aux mani­fes­ta­tions paci­fiques dès mars 2011 à Damas puis à Homs, il a été recher­ché par les ser­vices de ren­sei­gne­ments syriens. Afin d’éviter la pri­son, il est entré dans la clan­des­ti­ni­té et est par­ve­nu à quit­ter son pays. La France, où il vit depuis 2012, lui a accor­dé l’asile poli­tique en 2012.  

 

 

Omar Youssef Souleimane

Il a publié Il ne faut pas qu’ils meurent en 2013 aux édi­tions Al Ghaoune – Liban, La mort ne séduit pas les ivrognes en 2014, bilingue, français/​​arabe, aux édi­tions L’oreille du loup – Paris, un film a été réa­li­sé sur son poème ” Je ne suis plus per­sonne”.

Vivant en région pari­sienne, il y pour­suit ses études à l’université (Paris8) et conti­nue son œuvre­ra poé­tique.

X