> Les 101 Livres-ardoises de Wanda Mihuleac

Les 101 Livres-ardoises de Wanda Mihuleac

Par | 2018-03-02T18:39:14+00:00 1 mars 2018|Catégories : Essais & Chroniques, Focus, Marilyne Bertoncini|

Une épo­pée des ren­contres heu­reuses des arts

Artiste inven­tive, Wanda Mihuleac s’est pro­po­sé de pro­duire des livres-objets, livres d’artiste, livres-sur­prise, de manières diverses et inédites où la poé­sie, le visuel, le des­sin ou les formes des objets se com­binent afin de don­ner une autre pers­pec­tive et une autre dyna­mique aux textes des écri­vains. Mais Wanda Mihuleac n’est pas qu’une gla­neuse de livres-objets, elle n’est pas seule­ment leur édi­trice mais aus­si leur co-créa­trice par les thèmes pro­po­sés ou l’espace pré­fa­bri­qué offert à l’écriture, par les réflexions sur le sup­port gra­phique et la moda­li­té grâce à laquelle celui-ci devient une source d’inspiration.

101 Livres-Ardoises & Wanda Mihuleac ras­semble divers livres-objets, livres-ardoises aux graf­fi­tis et gra­phismes variés, livres sur les­quels on écrit au mar­queur blanc sur fond noir, de façons dif­fé­rentes.

Les ardoises, à leur tour, acquièrent des formes variées qui vont de la plus sage – celle de l’écolier – aux assem­blages et construc­tions de toutes sortes, en forme de boite, de mur.

Aux livres-ardoises s’ajoutent les livres-rubans, ou boo­me­rang, les livres- bou­teilles de Werner Lambersy, les bâton­nets de mika­do por­tant l’écriture du poète viet­na­mien Pham, la chaise longue minus­cule où repose le texte de Jean-Marc Couvé, un rou­leau cylin­drique à picots pour pia­no méca­nique offert par Wanda au musi­cien Jean-Yves Bosseur, un rou­leau tor­sa­dé comme une bande Moebius, les cubes, les pièces de domi­no d’Alain Jouffroy…

Puisque 101 Livres-Ardoises & Wanda Mihuleac est un véri­table gros livre, une sorte de biblio­thèque conden­sée dans une mul­ti­tude de tablettes et autres formes diverses et inso­lites, comme il a été déjà men­tion­né, je vais m’arrêter, sub­jec­ti­ve­ment, bien sûr,à ce qui m’;a rete­nu l’œil.

Le livre com­porte aus­si un dos­sier de l’ardoisier com­pre­nant des réflexions, des témoi­gnages rela­tifs à l’expérience de l’écriture sur l’ardoise, évo­quant l’enfance, ain­si que l’expérimentation des écri­tures en blanc sur noir, tout comme la contrainte de l’espace impo­sé, lequel, para­doxa­le­ment, s’avère inno­va­trice, créa­trice. En 2016, Laurent Grison, poète, cri­tique d’art et essayiste remar­quait le fait que ces livres-ardoises sont plu­tôt des « livres-archi­tec­tures », « archi­tec­tures construites, décons­truites ensuite recons­truites », « une sorte de cité uto­pique ».

double page d'Alain Jouffroy, "Dominos"

Le livre musi­cal de Jean-Yves Bosseur, réa­li­sé sur un rou­leau de pia­no méca­nique (2011, 28,5 x 160 cm : deux exem­plaires ori­gi­naux) cor­res­pond à quelques mesures du Songe d’une nuit d’été de Felix Mendelssohn-Bartholdy. Sur le bord per­fo­ré, le musi­cien a écrit sa propre par­ti­tion Songe noc­turne… et rare, pour saxo­phone contre­basse, qui conduit vers plu­sieurs lec­tures pos­sibles. La par­ti­tion a été conçue pour être inter­pré­tée par Daniel Kientzy.

Un autre livre écrit sur un rou­leau de pia­no méca­nique est A mesure que je t’aime de Sarah Mostrel

(2015, livre-objet, 30 x 120 cm, dans une boite de 8 x 9 x 1 cm ; deux exem­plaires numé­ro­tés ori­gi­naux, tirage fac­si­mi­lé de 25 exem­plaires numé­ro­tés et signés). Un poème d’amour intense, écrit comme une par­ti­tion musi­cale.

Le livre sonore car­ton­né de Laure Cambeau, acti­vé par deux piles élec­triques (26 x 21,8 x 1 cm, deux exem­plaires signés) : La fille peinte en bleu attente est un livre ins­tru­ment de musique com­por­tant un cla­vier-sol­fège.

Non loin du hamac – haï­kus de Dominique Chipot (2016, livre-objet, deux ardoises sur che­va­let, 32 x 16 cm, et entou­rées par neuf autres tablettes de bois, 6 x 8,5 x 4 cm, deux exem­plaires ori­gi­naux, signés, non com­mer­cia­li­sés), est un arran­ge­ment simi­laire à celui d’une pho­to de groupe.

Chaises hier de Jean –Marc Couvé (2012, livre-objet : une chaise longue en bois et toile, 41,5 x 15,5 x 15 cm, texte écrit sur les deux côtés du tis­su ; deux exem­plaires ori­gi­naux signés) est une chaise longue en minia­ture qui invite à la rêve­rie, au voyage, à une autre manière de pas­ser le temps que le terre à terre, selon les dires de l’artiste. C’est aus­si « une made­leine-diri­geable », une espèce de machine à explo­rer le temps retrou­vé de l’enfance.

Le livre-affiche de Jean-Luc Despax, Plus Street que Wall (265 x 54 cm ; deux exem­plaires ori­gi­naux signés). Merveilleux texte en jeux de mots et cou­ché sur l’ardoise comme des murs en briques nuances gris-cendre et gris-vio­let clair.

Les poèmes cubes /​ dés d’Evelyne Bennati Escarpin (2015, livre-objet à neuf cubes, 3,5 x 3,5 x 3,5 cm ; 2 feuilles, 10,5 x 10,5 cm, dans une boite de 12 x 12 x 4 cm ; deux exem­plaires ori­gi­naux, signés, non com­mer­cia­li­sés), crées sur un thème sug­gé­ré par Wanda Mihuleac, rap­pelle à l’artiste le jeu ouli­pien mais aus­si les contes, les chan­son­nettes et les pro­verbes. Il s’impose une lec­ture du regard qui par­court des facettes mul­tiples pour y décou­vrir des vers mas­qués, dis­si­mu­lés, comme dans une par­tie de cache-cache. Une lec­ture que peut com­po­ser le spec­ta­teur, de plu­sieurs façons, en recons­trui­sant le texte aléa­toire, en géné­rant d’autres com­po­si­tions en fonc­tion des vers ins­crits sur les cubes/​dés.

double page de Serge Pey, "Hommage à Zénon d'Elée"

C’est bon de Dan Bouchery (2010, livre car­ton­né et décou­pé, 17 x13 x0,8 cm, 10 pages, deux exem­plaires ori­gi­naux numé­ro­tés et signés) est un livre-objet, un assem­blage sur­réa­liste, dont l’intérieur en relief est pareil aux livres pour enfants. Un Bugs Bunny légè­re­ment huma­ni­sé, sur lequel est écrit, comme une conti­nua­tion du titre « À deux »… deux yeux, l’un parait fémi­nin, l’autre mas­cu­lin, des yeux yin & yang. Sur le côté de la figure, un D, comme une machine à écrire, sur lequel est ins­crit le nom de l’artiste.

À la tom­bée de la nuit de Michel Butor (2011, livre car­ton­né, 20 x 26,5 x 1 cm, 14 pages, deux exem­plaires numé­ro­té et signés) a l’air des pay­sages à formes géo­mé­triques noir et blanc où le texte trouve sa place sur les diverses par­ties de la page, tan­tôt en haut, tan­tôt en bas, tan­tôt sur le côté, res­sem­blant à des tableaux noirs qui se répondent par des frag­ments de texte.

Le livre de Magda Cârneci Roue, rubis, tour­billon (livre car­ton­né et décou­pé dont les car­reaux mobiles cachent des chiffres de 1 à 10 ; 23 x 21 cm, 10 pages ; deux exem­plaires ori­gi­naux, numé­ro­tés et signés, tirage fac­si­mi­lé de 25 exem­plaires numé­ro­tés et signés) est une œuvre d’art gra­phique et poé­tique. « L’exercice scrip­tu­ral » auquel s’est adon­née la poé­tesse sup­pose le retour à l’écriture au tableau noir de l’enfance mais aus­si une rela­tion nou­velle avec les outils lin­guis­tiques et gra­phiques. Dans ses réflexions sur ce livre, Magda Cârneci avoue avoir décou­vert « un nou­veau rap­port entre l’écriture et son sup­port, entre la parole et le signe visuel (…) entre le dicible et l’indicible ». L’écriture à l’encre blanche dans les espaces réser­vés (chaque page ayant été conçue comme un art gra­phique, avec des struc­tures abs­traites ou géo­mé­triques-construc­ti­vistes, évo­quant des col­lages cubistes) a repré­sen­té une véri­table mise à l’épreuve car chaque page lui parais­sait un « abîme sophis­ti­qué ». Mais cela a été éga­le­ment une occa­sion de revivre les sen­ti­ments de l’enfance, une joie de voir émer­ger, du tré­fonds de son être, l’écriture.

Géométrie(s) du chat de Francine Caron (2011, livre car­ton­né, 20,5 x 20,5 x 1,5 cm, 18 pages, deux exem­plaires ori­gi­naux, numé­ro­tés et signés ; tirage fac­si­mi­lé de 120 exem­plaires numé­ro­tés). Ce sont des poèmes ins­pi­rés par un chat, des formes géo­mé­triques d’un chat noir sur­pris en diverses atti­tudes, debout sur ses pattes, le dos rond, en boule ou bien allon­gé pares­seu­se­ment. Ces géo­mé­tries félines-poé­tiques s’harmonisent très bien du point de vue visuel- tex­tuel et génèrent même d’autres figures. Par exemple, le chat allon­gé pares­seu­se­ment avec le poème écrit des­sus peut être un sex­tant et le chat en boule une pleine lune.

Le livre Frou-frou (2010, livre-affiche, 52 x 223 cm, deux exem­plaires ori­gi­naux, numé­ro­tés et signés) de Guy Chaty est une espèce de tapis cou­vert de bulles ren­fer­mant des ono­ma­to­pées qui rap­pelle la trame d’un tex­tile noir et blanc mais aus­si les bulles des BD genre Pif le chien ou Tintin. Un livre-affiche cou­vert d’onomatopées comme un poème d’amour, joué devant le public aux Halles St. Pierre à Paris, en mars 2012. Une sorte de danse amou­reuse des bulles noires sur fond blanc, avec de brefs inserts de des­sins rap­pe­lant des tapis­se­ries, par­se­més, de façon post­mo­derne, d’émoticons sou­riants.

Jeux de l’être de Daniel Daligand (2010, livre car­ton­né, avec 13 pièces mobiles, 22,5 x 22,5 x 0,6 cm, 8 pages, deux exem­plaires ori­gi­naux, numé­ro­tés et signés) est un livre avec des aimants qui se déplacent sur une plaque métal­lique noire démon­trant l’attraction, l’attraction uni­ver­selle. Une attrac­tion entre les êtres, une attrac­tion des mots entre eux, sous forme de poèmes. Ce sont des poèmes à mul­tiples facettes, une sorte de poèmes-caléi­do­scopes sur l’attraction entre les amou­reux et sur le ludique poé­tique.

Le livre-boo­me­rang de Slobodan Despot, Keisaku boo­me­rang (2015, livre-lepo­rel­lo, 18 pages, 41 x 120 cm, déplié, cou­ver­ture en car­ton avec un boo­me­rang en bois, deux exem­plaires ori­gi­naux, numé­ro­tés et signés ; tirage fac­si­mi­lé de 10 exem­plaires numé­ro­tés) est une sorte d’accordéon déplié où des poèmes sont écrits sur les formes de boo­me­rang et sur les ardoises car­rées, noires sur le fond blanc des pages. Noir sur blanc et blanc sur noir, c’est cela le jeu visuel boo­me­rang.

Alphabet som­nam­bule, livre de Renaud Ego (2016, livre car­ton­né, avec des lam­beaux de voile et une montre, 26,5 x 21 x1,3 cm, 12 pages, deux exem­plaires ori­gi­naux numé­ro­tés et signés) est une montre-globe voi­lée, autour de laquelle, comme dans un rêve sur­réa­liste, les mots s’accumulent sur des ban­de­lettes noires. On peut y voir aus­si des flèches d’écritures pareilles aux aiguilles d’une montre visant le lec­teur-spec­ta­teur. Ce sont des poèmes qui tournent autour du thème « l’extrême déli­ca­tesse de l’horlogerie de la vie » et du rêve consis­tant à rendre au lan­gage un verbe plus créa­tif.

Dans l’air de Pascale Evrard (2012, livre-objet, palette de ping-pong en bois, 38 x 22,5 x 0,7, avec 47 trous rem­plis de rou­leaux en papier noir cou­vert de textes ; deux exem­plaires ori­gi­naux, numé­ro­tés et signés, non com­mer­cia­li­sés) rap­pelle les vieux papy­rus mais aus­si les petits mots oracle, petits mots sur­prise.

Le livre-puzzle de Mireille Fargier-Carouso, Ce serait un dédale (2011, livre car­ton­né avec de pièces de puzzle déta­chées, 16 x 16 x1,6 cm, 10 pages, deux exem­plaires ori­gi­naux numé­ro­tés et signés) sup­pose un art poé­tique com­bi­na­toire et apporte le ludique enfan­tin du jeu d’assemblage. Les pages gardent l’écriture poé­tique blanc sur noir, en figures géo­mé­triques blanc et noir.

Le train de Françoise Favretto (2014, livre car­ton­né et décou­pé, Ø=11 cm, der­nière cou­ver­ture d’un cm d’épaisseur, 10 pages, deux exem­plaires numé­ro­tés et signés) est un livre-objet qui repré­sente un train-poème, avec le texte écrit sur les roues den­te­lées, roues por­tant des ban­de­lettes noires ou des figures géo­mé­triques.

Puits ardé­sien de Şerban Foarţa (2011, livre car­ton­né, 20 x 16 cm, 10 pages, deux exem­plaires numé­ro­tés et signés) est un puits des lettres espiègles, écrites, évi­dem­ment, tou­jours blanc sur noir, d’inspiration ludique, four­nie par le sup­port offert, « ardoise rare », d’une « modes­tie immé­mo­riale ».

Un beau poème par­lant de l’écriture, nous le trou­vons dans le « Dossier de l’ardoisier ».

Um mapa de pala­vras de Nuno Judice (2017, 4 in-folio, un étui de car­ton, 22 x 16 x 0,6 cm, texte en por­tu­guais, deux exem­plaires ori­gi­naux, numé­ro­tés et signés ; tirage fac­si­mi­lé de 25 exem­plaires numé­ro­tés) contient des poèmes écrits à côté des cartes et sur l’espace d’une carte, espace tou­jours blanc et noir.

Jetunousvous de Werner Lambersy (livre-objet en forme de bou­teille, dans une boite en car­ton noire, 31 x 9,3 x 7 cm, 12 pages, deux exem­plaire ori­gi­naux, numé­ro­tés et signés) est un poème-bou­teille en l’honneur de François Rabelais. Ces « Dives bou­teilles » sont en même temps des­ti­nées aux pliage et dépliage de ce Jetunousvous.

Intéressante la Mondrianisation de Jan H. Mysjkin (2012, livre car­ton­né avec des col­lages de papier colo­ré, 20,4 x 20,4 x 2 cm, 24 pages, deux exem­plaires ori­gi­naux, numé­ro­tés et signés), jeu lexi­cal par­tant du nom de Mondrian où les lettres changent de place entre elles, lettres peintes avec des col­lages rap­pe­lant la Composition With Red Blue and Yellow mais en d’autres nuances.

La fable à l’envers de Bernard Noël (livre-mobile com­po­sé de 10 disques de car­ton, col­lages, dans une boite en métal, Ø=9 cm, deux exem­plaires ori­gi­naux, numé­ro­tés et signés) est comme une danse tour­billon­nante des disques blanc et noir et blanc et bleu essayant d’attraper le fil de cette fable à l’envers.

Journal en mika­do de Minh-Triêt Pham (2015, livre-objet, 30 bâton­nets-crayons de mika­do, 58 x Ø=0,6 cm, dans un tube de 63 cm x Ø= 0,7 cm, deux exem­plaires ori­gi­naux, numé­ro­tés et signés, tirage fac­si­mi­lé de 50 exem­plaires numé­ro­tés et signés) est un véri­table art du mini­ma­lisme mais aus­si un jeu com­bi­na­toire-aléa­toire inven­tif qui génère divers sens et formes géo­mé­triques.

Un assem­blage tenant de la poé­sie et du maté­riel, Sans titre, d’après un texte de Laurence Vielle (2017, livre-assem­blage : 20 flèches, une tête en verre, 35 x 25 x 25 cm, un exem­plaire ori­gi­nal) réunit des objet divers qui peuvent prendre des formes de flèches (des ciseaux entrou­verts) ou mettre des flé­chettes de texte sur un fla­con de par­fum Magie noire, or sur un révol­ver. C’est plu­tôt une ins­tal­la­tion poé­tique, un peu trop char­gée.

Si tout a un com­men­ce­ment de Matei Vişniec (2012, livre car­ton­né, papier col­lant noir et jaune, 20 x 16 cm, dix pages, deux exem­plaires ori­gi­naux, numé­ro­tés et signés) forme des poèmes-zig­zag noir et jaune, entre les­quels se glissent des des­sins blancs. Poèmes qui invitent à réflé­chir sur le com­men­ce­ment, la fin, sur la parole et les langues étran­gères.

D’autres livres-ardoises se dirigent vers l’abstraction géo­mé­trique, vers le construc­ti­visme, le let­trisme, ou bien sont dis­po­sés de manière ludique dans un jeu laby­rin­thique. Le livre-objet par­court plu­sieurs étapes : du maté­riau brut à l’objet pré­fa­bri­qué, qui ne se contente pas d’attendre son texte mais devient un espace sug­ges­tif-créa­teur pour une écri­ture plas­tique, jusqu’à la com­bi­nai­son visuelle et la pers­pec­tive d’ensemble, jusqu’à son pla­ce­ment dans un contexte de lec­ture-visua­li­sa­tion.

Et il y aurait encore beau­coup à dire et à écrire sur ce livre-album riche, dense, sur­pre­nant qui réunit toutes sortes de livres-objets, livres-ardoises, livres-assem­blages.
Bref, 101Livres-Ardoises & Wanda Mihuleac peut être consi­dé­ré une épo­pée des ren­contres heu­reuses des arts, ain­si qu’une aven­ture réus­sie du jeu ima­gi­na­tif avec le texte, les formes et les objets. Un livre spé­cial qui mérite toute l’attention.

Et il l’a déjà acquise car beau­coup de ces livres-objets sont par­ve­nus dans l’exposition de Wanda Mihuleac « Contextualizări » (Musée National d’Art Contemporain, Bucarest, Roumanie, 23 novembre 2017 – pre­mier avril 2018. Curatrices : Magda Cârneci, Mica Gherghescu ; Coordonnatrice MNAC : Malina Ionescu ; desi­gn de l’exposition : skaar­chi­tects).

Une expo­si­tion des plus inven­tives com­pre­nant trois axes thé­ma­tiques : « le Mur », « le Miroir » et « l’Écriture », avec des mises en contexte et des remises en contexte ingé­nieuses visuel­le­ment et bien conçues, qui prouvent encore une fois qu’il existe des ren­contres heu­reuses des arts, des créa­teurs, artistes plas­ti­ciens, écri­vains, com­po­si­teurs de musique expé­ri­men­tale, cho­ré­graphes.

 

Texte publié dans la revue rou­maine Observator cultu­ral nr.907 (649) 25-31 jan­vier 2018.
Traduction : Carmen Vlad

Marilyne Bertoncini, "AEencre de Chine"

Marilyne Bertoncini, Æncre de Chine

mm

Doina Ioanid

Doina Ioanid – nom de plume de Doina Ilie

Doina Ioanid est née le 24 décembre 1968 à Bucarest.

Poète, diplô­mée de la Faculté de Lettres de Bucarest, elle a ensei­gné la langue et la lit­té­ra­ture fran­çaises à l’Université « Transilvania » de Braşov : cours pra­tiques de com­mu­ni­ca­tion, de tra­duc­tion, cours d’anthropologie cultu­relle et cours d’interprétation lit­té­raire.

Elle a éga­le­ment tra­duit en rou­main plu­sieurs ouvrages de langue fran­çaise, par­mi les­quels Dix heures et demie du soir en été (Vara, la zece şi jumă­tate sea­ra – Éditions Cartier, Chişinău, 2006) de Marguerite Duras ; Par une nuit où la lune ne s’est pas levée (Într-o noapte fără lună – Éditions Polirom, Iași, 2009) de Dai Sijie ; L‘immeuble des femmes qui ont renon­cé aux hommes (Femeile care au renunţat la băr­baţi –Editura Trei, Bucureşti, 2015) de Karine Lambert.

Doina Ioanid est aujourd’hui rédac­teur à Observator cultu­ral, l’hebdomadaire cultu­rel le plus impor­tant de la Roumanie, après en avoir été pen­dant une décen­nie secré­taire géné­ral de rédac­tion. Elle a publié des édi­to­riaux et d’autres articles à des sujets cultu­raux ou articles d’opinion, des inter­views et des chro­niques lit­té­raires.

Après avoir par­ti­ci­pé à des volumes col­lec­tifs, Doina Ioanid a publié plu­sieurs recueils de poèmes salués par la cri­tique :

  • Duduca de marţi­pan (La demoi­selle de mas­se­pain), Éditions Univers, Bucarest, 2000
  • E vre­mea sa porţi cer­cei (Il est temps que tu portes des boucles d’oreille), Éditions Aula, Braşov, 2001
  • Cartea burţi­lor şi a sin­gurătăţii (Le livre des ventres et de la soli­tude), Éditions Pontica, Constanţa, 2003
  • Poeme de tre­cere (Poèmes de pas­sage), Éditions Vinea, Bucarest, 2005
  • Ritmuri de îmblîn­zit ari­cioai­ca (Rythmes pour apai­ser la héris­sonne), Éditions Cartea Românească, 2010
  • Cusătu­ri (Coutures), Éditions Cartea Românească, 2014,
  • Cele mai mici proze, Editura Nemira, București, 2017

Dans les poèmes en prose de Doina Ioanid, la tex­ture du quo­ti­dien, sou­mise à un regard intense, se défait et se trans­forme. De ses nota­tions par­fois hyper­réa­listes sur­git un uni­vers dense d’interrogations, qui laisse trans­pa­raître le ver­tige exis­ten­tiel dans des phrases aux rythmes incan­ta­toires.

Elle a aus­si par­ti­ci­pé aux fes­ti­vals de poé­sie et ate­liers de tra­duc­tion :

  • Le Festival International de Poésie „Ars Amandi”, Brașov, 2005
  • Atelier de tra­duc­tion, Arcuș, 2006
  • Maraton de  Poésie, Sibiu, 2007
  • Le Festival International de Poésie, Istanbul, 2009
  • Le Festival Review of Small Literatures, Zagreb, 2010
  • Festival de Bistrita, 2010
  • Dunya Festival, Rotterdam, mai, 2011
  • Poetry International Festival, Rotterdam juin 2011
  • Atelier de tra­duc­tion coor­don­né par ICR Stockholm, Suède, 2011
  • Poetry Parnassus Festival, Londres, 2012
  • Biennale Internationale de Poésie, Liège, 2012
  • Le Festival International de Poésie de Sibiu, 2012
  • Salon de Paris, 2013
  • Felix Poetry Festival, Anvers, 2013
  • Festival International de la Poésie, Namur, 2013
  • North Wales International Poetry Festival, 2013
  • Transpoesie, Bruxelles, 2014
  • Lectures sous l’Arbre, Ardèche, Haute-Loire, 2015
  • Le Festival International „Primăvara Europeană a poeților“/Le Printemps Européen des Poètes, Chișinău, 2105, 2016, 2017

Ses poèmes ont été tra­duits en hon­grois, fran­çais, anglais, néer­lan­dais, turc, slo­vène, bul­gare, croate, sué­dois, alle­mand, ita­lien, gal­lois et polo­nais.

  • Het juf­fertje van mar­se­pein, volume indi­vi­duel tra­duit en néer­lan­dais par Jan H. Mysjkin, Éditions Douane, Rotterdam, 2011
  • La demoi­selle de mas­se­pain, volume bilingue, rou­main-fran­çais, tra­duit par Jan H. Mysjkin, Éditions Atelier de l’agneau, 2013
  • Rythmes pour appri­voi­ser la héris­sonne, volume indi­vi­duel tra­duit par Jan H. Mysjkin, Éditions L’Arbre à paroles, Amay, 2013 [Les deux der­niers titres ont paru à l’occasion du Salon du Livre de Paris, 2013]
  • Oorbellen, bui­ken en een­zaam­heid, volume indi­vi­duel tra­duit en néer­lan­dais par Jan H. Mysjkin, Éditions Perdu, Amsterdam, 2013
  • Ritmen om de vrouwt­je­sen­gel te tem­men, volume indi­vi­duel tra­duit en néer­lan­dais par Jan H. Mysjkin, Éditions De Contrabas, Utrecht & Leeuwarden, 2014
  • Boucles d’oreilles, ventres et soli­tude, volume bilingue, rou­main-fran­çais, tra­duit par Jan H. Mysjkin, Éditions Cheyne, Le Chambon-sur-Lignon, 2014                          [Ce livre a été nomi­né pour le Prix des Découvreurs, 2016/​17]
  • Coutures (Cusături), volume tra­duit par Jan H. Mysjkin, Éditions L’Arbre à paroles, Amay, 2015
  • Le Collier de cailloux, volume indi­vi­duel tra­duit en fran­çais par Jan H. Mysjkin, Éditions Atelier de l’agneau, 2017
X