Une épopée des ren­con­tres heureuses des arts

Artiste inven­tive, Wan­da Mihuleac s’est pro­posé de pro­duire des livres-objets, livres d’artiste, livres-sur­prise, de manières divers­es et inédites où la poésie, le visuel, le dessin ou les formes des objets se com­bi­nent afin de don­ner une autre per­spec­tive et une autre dynamique aux textes des écrivains. Mais Wan­da Mihuleac n’est pas qu’une glaneuse de livres-objets, elle n’est pas seule­ment leur éditrice mais aus­si leur co-créa­trice par les thèmes pro­posés ou l’espace pré­fab­riqué offert à l’écriture, par les réflex­ions sur le sup­port graphique et la modal­ité grâce à laque­lle celui-ci devient une source d’inspiration.

101 Livres-Ardois­es & Wan­da Mihuleac rassem­ble divers livres-objets, livres-ardois­es aux graf­fi­tis et graphismes var­iés, livres sur lesquels on écrit au mar­queur blanc sur fond noir, de façons différentes.

Les ardois­es, à leur tour, acquièrent des formes var­iées qui vont de la plus sage – celle de l’écolier – aux assem­blages et con­struc­tions de toutes sortes, en forme de boite, de mur.

Aux livres-ardois­es s’ajoutent les livres-rubans, ou boomerang, les livres- bouteilles de Wern­er Lam­ber­sy, les bâton­nets de mika­do por­tant l’écriture du poète viet­namien Pham, la chaise longue minus­cule où repose le texte de Jean-Marc Cou­vé, un rouleau cylin­drique à picots pour piano mécanique offert par Wan­da au musi­cien Jean-Yves Bosseur, un rouleau tor­sadé comme une bande Moe­bius, les cubes, les pièces de domi­no d’Alain Jouffroy…

Puisque 101 Livres-Ardois­es & Wan­da Mihuleac est un véri­ta­ble gros livre, une sorte de bib­lio­thèque con­den­sée dans une mul­ti­tude de tablettes et autres formes divers­es et inso­lites, comme il a été déjà men­tion­né, je vais m’arrêter, sub­jec­tive­ment, bien sûr,à ce qui m’;a retenu l’œil.

Le livre com­porte aus­si un dossier de l’ardoisier com­prenant des réflex­ions, des témoignages relat­ifs à l’expérience de l’écriture sur l’ardoise, évo­quant l’enfance, ain­si que l’expérimentation des écri­t­ures en blanc sur noir, tout comme la con­trainte de l’espace imposé, lequel, para­doxale­ment, s’avère inno­va­trice, créa­trice. En 2016, Lau­rent Gri­son, poète, cri­tique d’art et essay­iste remar­quait le fait que ces livres-ardois­es sont plutôt des « livres-archi­tec­tures », « archi­tec­tures con­stru­ites, décon­stru­ites ensuite recon­stru­ites », « une sorte de cité utopique ».

double page d'Alain Jouffroy, "Dominos"

Le livre musi­cal de Jean-Yves Bosseur, réal­isé sur un rouleau de piano mécanique (2011, 28,5 x 160 cm : deux exem­plaires orig­in­aux) cor­re­spond à quelques mesures du Songe d’une nuit d’été de Felix Mendelssohn-Bartholdy. Sur le bord per­foré, le musi­cien a écrit sa pro­pre par­ti­tion Songe noc­turne… et rare, pour sax­o­phone con­tre­basse, qui con­duit vers plusieurs lec­tures pos­si­bles. La par­ti­tion a été conçue pour être inter­prétée par Daniel Kientzy.

Un autre livre écrit sur un rouleau de piano mécanique est A mesure que je t’aime de Sarah Mostrel

(2015, livre-objet, 30 x 120 cm, dans une boite de 8 x 9 x 1 cm; deux exem­plaires numérotés orig­in­aux, tirage fac­sim­ilé de 25 exem­plaires numérotés et signés). Un poème d’amour intense, écrit comme une par­ti­tion musicale.

Le livre sonore car­ton­né de Lau­re Cam­beau, activé par deux piles élec­triques (26 x 21,8 x 1 cm, deux exem­plaires signés) : La fille peinte en bleu attente est un livre instru­ment de musique com­por­tant un clavier-solfège.

Non loin du hamac — haïkus de Dominique Chipot (2016, livre-objet, deux ardois­es sur chevalet, 32 x 16 cm, et entourées par neuf autres tablettes de bois, 6 x 8,5 x 4 cm, deux exem­plaires orig­in­aux, signés, non com­mer­cial­isés), est un arrange­ment sim­i­laire à celui d’une pho­to de groupe.

Chais­es hier de Jean –Marc Cou­vé (2012, livre-objet : une chaise longue en bois et toile, 41,5 x 15,5 x 15 cm, texte écrit sur les deux côtés du tis­su ; deux exem­plaires orig­in­aux signés) est une chaise longue en minia­ture qui invite à la rêver­ie, au voy­age, à une autre manière de pass­er le temps que le terre à terre, selon les dires de l’artiste. C’est aus­si « une madeleine-dirige­able », une espèce de machine à explor­er le temps retrou­vé de l’enfance.

Le livre-affiche de Jean-Luc Despax, Plus Street que Wall (265 x 54 cm; deux exem­plaires orig­in­aux signés). Mer­veilleux texte en jeux de mots et couché sur l’ardoise comme des murs en briques nuances gris-cen­dre et gris-vio­let clair.

Les poèmes cubes / dés d’Evelyne Ben­nati Escarpin (2015, livre-objet à neuf cubes, 3,5 x 3,5 x 3,5 cm ; 2 feuilles, 10,5 x 10,5 cm, dans une boite de 12 x 12 x 4 cm ; deux exem­plaires orig­in­aux, signés, non com­mer­cial­isés), crées sur un thème sug­géré par Wan­da Mihuleac, rap­pelle à l’artiste le jeu oulip­i­en mais aus­si les con­tes, les chan­son­nettes et les proverbes. Il s’impose une lec­ture du regard qui par­court des facettes mul­ti­ples pour y décou­vrir des vers masqués, dis­simulés, comme dans une par­tie de cache-cache. Une lec­ture que peut com­pos­er le spec­ta­teur, de plusieurs façons, en recon­stru­isant le texte aléa­toire, en générant d’autres com­po­si­tions en fonc­tion des vers inscrits sur les cubes/dés.

double page de Serge Pey, "Hommage à Zénon d'Elée"

C’est bon de Dan Bouch­ery (2010, livre car­ton­né et découpé, 17 x13 x0,8 cm, 10 pages, deux exem­plaires orig­in­aux numérotés et signés) est un livre-objet, un assem­blage sur­réal­iste, dont l’intérieur en relief est pareil aux livres pour enfants. Un Bugs Bun­ny légère­ment human­isé, sur lequel est écrit, comme une con­tin­u­a­tion du titre « À deux »… deux yeux, l’un parait féminin, l’autre mas­culin, des yeux yin & yang. Sur le côté de la fig­ure, un D, comme une machine à écrire, sur lequel est inscrit le nom de l’artiste.

À la tombée de la nuit de Michel Butor (2011, livre car­ton­né, 20 x 26,5 x 1 cm, 14 pages, deux exem­plaires numéroté et signés) a l’air des paysages à formes géométriques noir et blanc où le texte trou­ve sa place sur les divers­es par­ties de la page, tan­tôt en haut, tan­tôt en bas, tan­tôt sur le côté, ressem­blant à des tableaux noirs qui se répon­dent par des frag­ments de texte.

Le livre de Mag­da Cârneci Roue, rubis, tour­bil­lon (livre car­ton­né et découpé dont les car­reaux mobiles cachent des chiffres de 1 à 10 ; 23 x 21 cm, 10 pages ; deux exem­plaires orig­in­aux, numérotés et signés, tirage fac­sim­ilé de 25 exem­plaires numérotés et signés) est une œuvre d’art graphique et poé­tique. « L’exercice scrip­tur­al » auquel s’est adon­née la poétesse sup­pose le retour à l’écriture au tableau noir de l’enfance mais aus­si une rela­tion nou­velle avec les out­ils lin­guis­tiques et graphiques. Dans ses réflex­ions sur ce livre, Mag­da Cârneci avoue avoir décou­vert « un nou­veau rap­port entre l’écriture et son sup­port, entre la parole et le signe visuel (…) entre le dici­ble et l’indicible ». L’écriture à l’encre blanche dans les espaces réservés (chaque page ayant été conçue comme un art graphique, avec des struc­tures abstraites ou géométriques-con­struc­tivistes, évo­quant des col­lages cubistes) a représen­té une véri­ta­ble mise à l’épreuve car chaque page lui parais­sait un « abîme sophis­tiqué ». Mais cela a été égale­ment une occa­sion de revivre les sen­ti­ments de l’enfance, une joie de voir émerg­er, du tré­fonds de son être, l’écriture.

Géométrie(s) du chat de Francine Caron (2011, livre car­ton­né, 20,5 x 20,5 x 1,5 cm, 18 pages, deux exem­plaires orig­in­aux, numérotés et signés; tirage fac­sim­ilé de 120 exem­plaires numérotés). Ce sont des poèmes inspirés par un chat, des formes géométriques d’un chat noir sur­pris en divers­es atti­tudes, debout sur ses pattes, le dos rond, en boule ou bien allongé paresseuse­ment. Ces géométries félines-poé­tiques s’harmonisent très bien du point de vue visuel- textuel et génèrent même d’autres fig­ures. Par exem­ple, le chat allongé paresseuse­ment avec le poème écrit dessus peut être un sex­tant et le chat en boule une pleine lune.

Le livre Frou-frou (2010, livre-affiche, 52 x 223 cm, deux exem­plaires orig­in­aux, numérotés et signés) de Guy Chaty est une espèce de tapis cou­vert de bulles ren­fer­mant des ono­matopées qui rap­pelle la trame d’un tex­tile noir et blanc mais aus­si les bulles des BD genre Pif le chien ou Tintin. Un livre-affiche cou­vert d’onomatopées comme un poème d’amour, joué devant le pub­lic aux Halles St. Pierre à Paris, en mars 2012. Une sorte de danse amoureuse des bulles noires sur fond blanc, avec de brefs inserts de dessins rap­pelant des tapis­series, parsemés, de façon post­mod­erne, d’émoticons souriants.

Jeux de l’être de Daniel Dali­gand (2010, livre car­ton­né, avec 13 pièces mobiles, 22,5 x 22,5 x 0,6 cm, 8 pages, deux exem­plaires orig­in­aux, numérotés et signés) est un livre avec des aimants qui se dépla­cent sur une plaque métallique noire démon­trant l’attraction, l’attraction uni­verselle. Une attrac­tion entre les êtres, une attrac­tion des mots entre eux, sous forme de poèmes. Ce sont des poèmes à mul­ti­ples facettes, une sorte de poèmes-caléi­do­scopes sur l’attraction entre les amoureux et sur le ludique poétique.

Le livre-boomerang de Slo­bo­dan Despot, Keisaku boomerang (2015, livre-lep­orel­lo, 18 pages, 41 x 120 cm, déplié, cou­ver­ture en car­ton avec un boomerang en bois, deux exem­plaires orig­in­aux, numérotés et signés; tirage fac­sim­ilé de 10 exem­plaires numérotés) est une sorte d’accordéon déplié où des poèmes sont écrits sur les formes de boomerang et sur les ardois­es car­rées, noires sur le fond blanc des pages. Noir sur blanc et blanc sur noir, c’est cela le jeu visuel boomerang.

Alpha­bet som­nam­bule, livre de Renaud Ego (2016, livre car­ton­né, avec des lam­beaux de voile et une mon­tre, 26,5 x 21 x1,3 cm, 12 pages, deux exem­plaires orig­in­aux numérotés et signés) est une mon­tre-globe voilée, autour de laque­lle, comme dans un rêve sur­réal­iste, les mots s’accumulent sur des ban­delettes noires. On peut y voir aus­si des flèch­es d’écritures pareilles aux aigu­illes d’une mon­tre visant le lecteur-spec­ta­teur. Ce sont des poèmes qui tour­nent autour du thème « l’extrême déli­catesse de l’horlogerie de la vie » et du rêve con­sis­tant à ren­dre au lan­gage un verbe plus créatif.

Dans l’air de Pas­cale Evrard (2012, livre-objet, palette de ping-pong en bois, 38 x 22,5 x 0,7, avec 47 trous rem­plis de rouleaux en papi­er noir cou­vert de textes ; deux exem­plaires orig­in­aux, numérotés et signés, non com­mer­cial­isés) rap­pelle les vieux papyrus mais aus­si les petits mots ora­cle, petits mots surprise.

Le livre-puz­zle de Mireille Fargi­er-Carouso, Ce serait un dédale (2011, livre car­ton­né avec de pièces de puz­zle détachées, 16 x 16 x1,6 cm, 10 pages, deux exem­plaires orig­in­aux numérotés et signés) sup­pose un art poé­tique com­bi­na­toire et apporte le ludique enfan­tin du jeu d’assemblage. Les pages gar­dent l’écriture poé­tique blanc sur noir, en fig­ures géométriques blanc et noir.

Le train de Françoise Favret­to (2014, livre car­ton­né et découpé, Ø=11 cm, dernière cou­ver­ture d’un cm d’épaisseur, 10 pages, deux exem­plaires numérotés et signés) est un livre-objet qui représente un train-poème, avec le texte écrit sur les roues den­telées, roues por­tant des ban­delettes noires ou des fig­ures géométriques.

Puits ardésien de Şer­ban Foarţa (2011, livre car­ton­né, 20 x 16 cm, 10 pages, deux exem­plaires numérotés et signés) est un puits des let­tres espiè­gles, écrites, évidem­ment, tou­jours blanc sur noir, d’inspiration ludique, fournie par le sup­port offert, « ardoise rare », d’une « mod­estie immémoriale ».

Un beau poème par­lant de l’écriture, nous le trou­vons dans le « Dossier de l’ardoisier ».

Um mapa de palavras de Nuno Judice (2017, 4 in-folio, un étui de car­ton, 22 x 16 x 0,6 cm, texte en por­tuguais, deux exem­plaires orig­in­aux, numérotés et signés; tirage fac­sim­ilé de 25 exem­plaires numérotés) con­tient des poèmes écrits à côté des cartes et sur l’espace d’une carte, espace tou­jours blanc et noir.

Jetu­nousvous de Wern­er Lam­ber­sy (livre-objet en forme de bouteille, dans une boite en car­ton noire, 31 x 9,3 x 7 cm, 12 pages, deux exem­plaire orig­in­aux, numérotés et signés) est un poème-bouteille en l’honneur de François Rabelais. Ces « Dives bouteilles » sont en même temps des­tinées aux pliage et dépliage de ce Jetu­nousvous.

Intéres­sante la Mon­dri­an­i­sa­tion de Jan H. Mysjkin (2012, livre car­ton­né avec des col­lages de papi­er col­oré, 20,4 x 20,4 x 2 cm, 24 pages, deux exem­plaires orig­in­aux, numérotés et signés), jeu lex­i­cal par­tant du nom de Mon­dri­an où les let­tres changent de place entre elles, let­tres peintes avec des col­lages rap­pelant la Com­po­si­tion With Red Blue and Yel­low mais en d’autres nuances.

La fable à l’envers de Bernard Noël (livre-mobile com­posé de 10 dis­ques de car­ton, col­lages, dans une boite en métal, Ø=9 cm, deux exem­plaires orig­in­aux, numérotés et signés) est comme une danse tour­bil­lon­nante des dis­ques blanc et noir et blanc et bleu essayant d’attraper le fil de cette fable à l’envers.

Jour­nal en mika­do de Minh-Triêt Pham (2015, livre-objet, 30 bâton­nets-crayons de mika­do, 58 x Ø=0,6 cm, dans un tube de 63 cm x Ø= 0,7 cm, deux exem­plaires orig­in­aux, numérotés et signés, tirage fac­sim­ilé de 50 exem­plaires numérotés et signés) est un véri­ta­ble art du min­i­mal­isme mais aus­si un jeu com­bi­na­toire-aléa­toire inven­tif qui génère divers sens et formes géométriques.

Un assem­blage ten­ant de la poésie et du matériel, Sans titre, d’après un texte de Lau­rence Vielle (2017, livre-assem­blage : 20 flèch­es, une tête en verre, 35 x 25 x 25 cm, un exem­plaire orig­i­nal) réu­nit des objet divers qui peu­vent pren­dre des formes de flèch­es (des ciseaux entrou­verts) ou met­tre des fléchettes de texte sur un fla­con de par­fum Magie noire, or sur un révolver. C’est plutôt une instal­la­tion poé­tique, un peu trop chargée.

Si tout a un com­mence­ment de Matei Vişniec (2012, livre car­ton­né, papi­er col­lant noir et jaune, 20 x 16 cm, dix pages, deux exem­plaires orig­in­aux, numérotés et signés) forme des poèmes-zigzag noir et jaune, entre lesquels se glis­sent des dessins blancs. Poèmes qui invi­tent à réfléchir sur le com­mence­ment, la fin, sur la parole et les langues étrangères.

D’autres livres-ardois­es se diri­gent vers l’abstraction géométrique, vers le con­struc­tivisme, le let­trisme, ou bien sont dis­posés de manière ludique dans un jeu labyrinthique. Le livre-objet par­court plusieurs étapes : du matéri­au brut à l’objet pré­fab­riqué, qui ne se con­tente pas d’attendre son texte mais devient un espace sug­ges­tif-créa­teur pour une écri­t­ure plas­tique, jusqu’à la com­bi­nai­son visuelle et la per­spec­tive d’ensemble, jusqu’à son place­ment dans un con­texte de lecture-visualisation.

Et il y aurait encore beau­coup à dire et à écrire sur ce livre-album riche, dense, sur­prenant qui réu­nit toutes sortes de livres-objets, livres-ardois­es, livres-assemblages.
Bref, 101Livres-Ardois­es & Wan­da Mihuleac peut être con­sid­éré une épopée des ren­con­tres heureuses des arts, ain­si qu’une aven­ture réussie du jeu imag­i­natif avec le texte, les formes et les objets. Un livre spé­cial qui mérite toute l’attention.

Et il l’a déjà acquise car beau­coup de ces livres-objets sont par­venus dans l’exposition de Wan­da Mihuleac « Con­tex­tu­al­izări » (Musée Nation­al d’Art Con­tem­po­rain, Bucarest, Roumanie, 23 novem­bre 2017 – pre­mier avril 2018. Cura­tri­ces : Mag­da Cârneci, Mica Ghergh­es­cu ; Coor­don­na­trice MNAC : Mali­na Iones­cu ; design de l’exposition : skaarchitects).

Une expo­si­tion des plus inven­tives com­prenant trois axes thé­ma­tiques : « le Mur », « le Miroir » et « l’Écriture », avec des mis­es en con­texte et des remis­es en con­texte ingénieuses visuelle­ment et bien conçues, qui prou­vent encore une fois qu’il existe des ren­con­tres heureuses des arts, des créa­teurs, artistes plas­ti­ciens, écrivains, com­pos­i­teurs de musique expéri­men­tale, chorégraphes.

 

Texte pub­lié dans la revue roumaine Obser­va­tor cul­tur­al nr.907 (649) 25–31 jan­vi­er 2018.
Tra­duc­tion : Car­men Vlad

Marilyne Bertoncini, "AEencre de Chine"

Mar­i­lyne Bertonci­ni, Æncre de Chine

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Doina Ioanid

Doina Ioanid – nom de plume de Doina Ilie

Doina Ioanid est née le 24 décem­bre 1968 à Bucarest.

Poète, diplômée de la Fac­ulté de Let­tres de Bucarest, elle a enseigné la langue et la lit­téra­ture français­es à l’Université « Tran­sil­va­nia » de Braşov : cours pra­tiques de com­mu­ni­ca­tion, de tra­duc­tion, cours d’anthropologie cul­turelle et cours d’interprétation littéraire.

Elle a égale­ment traduit en roumain plusieurs ouvrages de langue française, par­mi lesquels Dix heures et demie du soir en été (Vara, la zece şi jumă­tate seara – Édi­tions Carti­er, Chişinău, 2006) de Mar­guerite Duras ; Par une nuit où la lune ne s’est pas lev­ée (Într‑o noapte fără lună – Édi­tions Polirom, Iași, 2009) de Dai Sijie ; L’im­meu­ble des femmes qui ont renon­cé aux hommes (Femeile care au renunţat la băr­baţi –Edi­tu­ra Trei, Bucureşti, 2015) de Karine Lambert.

Doina Ioanid est aujourd’hui rédac­teur à Obser­va­tor cul­tur­al, l’hebdomadaire cul­turel le plus impor­tant de la Roumanie, après en avoir été pen­dant une décen­nie secré­taire général de rédac­tion. Elle a pub­lié des édi­to­ri­aux et d’autres arti­cles à des sujets cul­tur­aux ou arti­cles d’opinion, des inter­views et des chroniques littéraires.

Après avoir par­ticipé à des vol­umes col­lec­tifs, Doina Ioanid a pub­lié plusieurs recueils de poèmes salués par la critique:

  • Dud­u­ca de marţi­pan (La demoi­selle de masse­pain), Édi­tions Univers, Bucarest, 2000
  • E vre­mea sa porţi cer­cei (Il est temps que tu portes des boucles d’oreille), Édi­tions Aula, Braşov, 2001
  • Cartea burţilor şi a sin­gurătăţii (Le livre des ven­tres et de la soli­tude), Édi­tions Pon­ti­ca, Con­stanţa, 2003
  • Poeme de tre­cere (Poèmes de pas­sage), Édi­tions Vinea, Bucarest, 2005
  • Rit­muri de îmblînz­it ari­cioaica (Rythmes pour apais­er la héris­sonne), Édi­tions Cartea Românească, 2010
  • Cusături (Cou­tures), Édi­tions Cartea Românească, 2014,
  • Cele mai mici proze, Edi­tu­ra Nemi­ra, București, 2017

Dans les poèmes en prose de Doina Ioanid, la tex­ture du quo­ti­di­en, soumise à un regard intense, se défait et se trans­forme. De ses nota­tions par­fois hyper­réal­istes sur­git un univers dense d’interrogations, qui laisse transparaître le ver­tige exis­ten­tiel dans des phras­es aux rythmes incantatoires.

Elle a aus­si par­ticipé aux fes­ti­vals de poésie et ate­liers de traduction :

  • Le Fes­ti­val Inter­na­tion­al de Poésie „Ars Aman­di”, Brașov, 2005
  • Ate­lier de tra­duc­tion, Arcuș, 2006
  • Mara­ton de  Poésie, Sibiu, 2007
  • Le Fes­ti­val Inter­na­tion­al de Poésie, Istan­bul, 2009
  • Le Fes­ti­val Review of Small Lit­er­a­tures, Zagreb, 2010
  • Fes­ti­val de Bistri­ta, 2010
  • Dun­ya Fes­ti­val, Rot­ter­dam, mai, 2011
  • Poet­ry Inter­na­tion­al Fes­ti­val, Rot­ter­dam juin 2011
  • Ate­lier de tra­duc­tion coor­don­né par ICR Stock­holm, Suède, 2011
  • Poet­ry Par­nas­sus Fes­ti­val, Lon­dres, 2012
  • Bien­nale Inter­na­tionale de Poésie, Liège, 2012
  • Le Fes­ti­val Inter­na­tion­al de Poésie de Sibiu, 2012
  • Salon de Paris, 2013
  • Felix Poet­ry Fes­ti­val, Anvers, 2013
  • Fes­ti­val Inter­na­tion­al de la Poésie, Namur, 2013
  • North Wales Inter­na­tion­al Poet­ry Fes­ti­val, 2013
  • Trans­poe­sie, Brux­elles, 2014
  • Lec­tures sous l’Ar­bre, Ardèche, Haute-Loire, 2015
  • Le Fes­ti­val Inter­na­tion­al „Primă­vara Euro­peană a poeților“/Le Print­emps Européen des Poètes, Chișinău, 2105, 2016, 2017

Ses poèmes ont été traduits en hon­grois, français, anglais, néer­landais, turc, slovène, bul­gare, croate, sué­dois, alle­mand, ital­ien, gal­lois et polonais.

  • Het juf­fer­t­je van marsepein, vol­ume indi­vidu­el traduit en néer­landais par Jan H. Mysjkin, Édi­tions Douane, Rot­ter­dam, 2011
  • La demoi­selle de masse­pain, vol­ume bilingue, roumain-français, traduit par Jan H. Mysjkin, Édi­tions Ate­lier de l’agneau, 2013
  • Rythmes pour apprivois­er la héris­sonne, vol­ume indi­vidu­el traduit par Jan H. Mysjkin, Édi­tions L’Arbre à paroles, Amay, 2013 [Les deux derniers titres ont paru à l’occasion du Salon du Livre de Paris, 2013]
  • Oor­bellen, buiken en een­za­amheid, vol­ume indi­vidu­el traduit en néer­landais par Jan H. Mysjkin, Édi­tions Per­du, Ams­ter­dam, 2013
  • Rit­men om de vrouwt­je­sen­gel te tem­men, vol­ume indi­vidu­el traduit en néer­landais par Jan H. Mysjkin, Édi­tions De Con­tra­bas, Utrecht & Leeuwar­den, 2014
  • Boucles d’oreilles, ven­tres et soli­tude, vol­ume bilingue, roumain-français, traduit par Jan H. Mysjkin, Édi­tions Cheyne, Le Cham­bon-sur-Lignon, 2014                          [Ce livre a été nom­iné pour le Prix des Décou­vreurs, 2016/17]
  • Cou­tures (Cusă­turi), vol­ume traduit par Jan H. Mysjkin, Édi­tions L’Arbre à paroles, Amay, 2015
  • Le Col­lier de cail­loux, vol­ume indi­vidu­el traduit en français par Jan H. Mysjkin, Édi­tions Ate­lier de l’agneau, 2017