> Arsalan Chalabi, À une révolution échouée au Kurdistan

Arsalan Chalabi, À une révolution échouée au Kurdistan

Par |2019-05-04T20:30:50+02:00 4 mai 2019|Catégories : Arsalan Chalabi, Focus|

Arsalan Chalabi, poète et écri­vain kur­do­phone, est né en 1987 à Boukan (Kurdistan Iranien). De 2007 à 2009 il publie des recueils de poé­sie et prend la res­pon­sa­bi­li­té de la socié­té lit­té­raire de Boukan. Mais il est incar­cé­ré en automne 2014  pour ses opi­nions poli­tiques : il a par­ti­ci­pé  à des  mani­fes­ta­tions et prend part à des actions poli­tiques et civiques. Après sa libé­ra­tion il reste sous  sur­veillance. En 2015, il est prié de quit­ter défi­ni­ti­ve­ment son pays natal. Il part pour le  Kurdistan ira­quien, et puis il émigre en Europe, au Danemark comme  réfu­gié poli­tique. Les poèmes de Arsalan Chalabi sont publiés et tra­duits en per­san, en anglais, en  fran­çais et même en danois. 

 

À une révo­lu­tion échouée au Kurdistan

Les Poème d’Arsalan Chalabi

Traduit de Kurade en fran­çais : Ako Abassi

 

Mais je pou­vais par­ler avec toi

Je t’embrasse et te quitte de tout mon cœur

Mes mains dans tes poches je  vole tes reins

Je mets le doigt sur ton nom­bril et donne au vent tes che­veux

Je mets la tem­pête de ton sou­rire dans la boîte aux lettres

Je  brise les  coquet­te­ries  de ton sou­rire

Nous pou­vions ridi­cu­li­ser la liber­té à l’horizon

et boire notre sang devant la police

Mais je pou­vais pei­gner tes che­veux

te tordre le  cou et faire dan­ser la rotule de ton genou

Nous par­lions de vie par­ta­gée et des maux de ventre des autres

Nous pou­vions deve­nir voleurs dans le métro intro­duire nos mains dans les poches des autres

Nous pou­vions uri­ner sur le gazon à tra­vers  les fenêtres de la soli­tude

Ou bien à l’aube  insul­ter l’horizon

Lancer  des pierres sur le soleil et pro­vo­quer les nuages

Nous pou­vions tuer la pluie comme un chien ou exé­cu­ter les flo­cons de neige !

 

Mais je pou­vais  aus­si embras­ser tes joues

Et le creux de ton cou

J’aurais dû désar­mer  tes seins comme deux pommes jaunes d’automne

Nous pou­vions crier, cou­per les cein­tures des autres,

Faire tom­ber le pan­ta­lon de notre maître

Aller dans les rues

Étouffer  les slo­gans de ”Vive le Kurdistan”

Déchirer  les affiches de tous les par­tis proches de nous !

Nous pou­vions  nous cra­cher au visages, nous  empê­cher

De brû­ler  les dra­peaux

Et dans la rue don­ner des coups de pieds aux tibias et  aux poèmes de la  révo­lu­tion échouée !

Mais on peut domes­ti­quer le front du sang

On peut infi­ni­ment aider la lumière

et dans nos coeurs pré­pa­rer les rues  pour la révo­lu­tion.

 

 

 

 

***

 

Remarque : le nom de ce poème est tiré d’un poème de “Walt Whitman” au nom d’une Révolution échouée en Europe”.

 

Présentation de l’auteur

Arsalan Chalabi

Arsalan Chalabi, poète et écri­vain kur­do­phone, né en 1987 à Boukan (Kurdistan Iranien) ; Il a publié deux recueils  de poèmes en Kurdistan en 2008 et 2009. De 2007 à 2009 il était res­pon­sable de la socié­té lit­té­raire de Boukan. En automne 2014 il est incar­cé­ré un temps  pour avoir  par­ti­ci­pé  à des   mani­fes­ta­tions et ses acti­vi­tés poli­tiques et civiques. Après sa libé­ra­tion il était sous  sur­veillance jusqu’à ce qu’il quitte défi­ni­ti­ve­ment, contre son gré,  son pays natal  en 2015, par­tant pour le  Kurdistan Iraquien, et puis il émigre en Europe, au Danemark comme un réfu­gié poli­tique. Les poèmes de Arsalan Chalabi sont publiés et tra­duits en per­san, en anglais, en  fran­çais et même en danois, et il est éga­le­ment  membre de la com­mu­nau­té du Pen Club (Danish Pen) du Danemark.

 

 

© Crédits pho­tos (sup­pri­mer si inutile)

Bibliographie (sup­pri­mer si inutile)

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