Les débuts du haï­ku en France

Véritable ins­ti­tu­tion au Japon, le haï­ku est un poème concis de 17 sons, dans sa forme clas­sique et telle que pré­co­ni­sée par le pre­mier grand maître du genre, Matsuo Bashô (1644-1694). Simplicité, humi­li­té, légè­re­té, pou­voir sug­ges­tif sont, d’après son ensei­gne­ment, les prin­ci­pales qua­li­tés du ter­cet.

Matsuo Bashô, Le goût des haï­kus.

D’abord nom­mé « hok­ku », il consti­tuait anté­rieu­re­ment le « ver­set ini­tial d’une séquence de poèmes liés en chaîne (ren­ga), puis ver­set déta­ché, deve­nu indé­pen­dant, et cité iso­lé­ment »1. Bashô com­mence à le faire exis­ter indé­pen­dam­ment et à le démo­cra­ti­ser en s’entourant de dis­ciples de tous bords. Il le dote d’une esthé­tique poé­tique : métrique (5/​7/​5), emploi d’un mot de sai­son qui l’ancre dans la réa­li­té et l’universalité, césure (point de ten­sion entre deux scènes jux­ta­po­sées). Son haï­ku le plus connu…

 

Vénérable étang
une rai­nette prend son élan
bruit de l’eau2

 

 

… cor­res­pond à la cap­ture de l’instant pré­sent dans ce qu’il pré­sente de sin­gu­lier et d’éphémère, en ce monde où se côtoient per­ma­nence et imper­ma­nence. Il sai­sit « l’ici et main­te­nant » (une scène sou­vent banale) et res­ti­tue l’émotion offerte aux sens à l’affût. Enfin, dépour­vu de rimes, il pri­vi­lé­gie un voca­bu­laire simple et pré­cis.

Graphiquement, le haï­ku est tra­cé à la ver­ti­cale, d’un jet de pin­ceau, au Japon ; en Occident, il est répar­ti sur trois lignes hori­zon­tales.

Outre Bashô, trois autres maîtres haï­jin3 clas­siques, ont consi­dé­ra­ble­ment fait évo­luer le haï­ku : pein­ture et poé­sie liées sont la voie spi­ri­tuelle de Buson (1716-1783), qui accorde sa nature pro­fonde au cours des choses et au temps qui s’écoule ; le poète-pèle­rin Issa (1763-1828), proche des humains les plus humbles comme des ani­maux, traite tous les aspects de la vie, sans hési­ter à s’indigner devant l’injustice ; le poète, cri­tique et jour­na­liste Shiki, (1867-1902) redonne un élan de vigueur au hok­ku, qu’il rebap­tise « haï­ku » : thèmes renou­ve­lés, objec­ti­vi­té, ou « cro­quis sur le vif ».

 

À cette époque, le monde bouge consi­dé­ra­ble­ment. La dif­fu­sion de la culture orien­tale en Occident débute en 1855, date de l’exposition uni­ver­selle de Paris : les Hollandais y pré­sentent des meubles laqués japo­nais, des por­ce­laines, des bronzes… fort admi­rés.

Dès 1858, le trai­té de paix conclu entre la France et le Japon ouvre à celle-ci cer­tains ports japo­nais au com­merce. Ainsi, se trouve favo­ri­sée la décou­verte d’un pays et d’une culture encore très mécon­nus.

En 1862, objets d’art et estampes japo­naises, pré­sen­tés à l’exposition uni­ver­selle de Londres, fas­cinent de nom­breux ama­teurs, tan­dis qu’à l’exposition uni­ver­selle de Paris, en 1867, un Pavillon de l’Asie, par­ta­gé entre Japon et Chine, montre tout le raf­fi­ne­ment de la culture nip­ponne. L’art japo­nais devient une source d’inspiration pour de nom­breux artistes, notam­ment les peintres impres­sion­nistes, Monet en tête, qui par­tagent la vision d’un « monde flot­tant ». On est en plein « japo­nisme » (1860-1890), terme qui désigne l’engouement pour tout ce qui vient du Japon.

Yusui, Le goût des haï­kus.

En matière d’écriture, plu­sieurs récits de voyage paraissent, dont Voyage au Japon (1863), de Joseph Lindau.

La poé­sie sera mise à l’honneur plus tard, quand l’érudit pro­fes­seur de langues et inter­prète Léon de Rosny (1837-1914) publie­ra son ouvrage Si-ka zen-yô4, « Premières fleurs de la poé­sie japo­naise à Paris, antho­lo­gie de poé­sies anciennes et modernes des insu­laires du Nippon » : il porte à la connais­sance des let­trés le Man’yôshû (Recueil de dix mille feuilles, ~ 760) et le Ogura Hyakunin isshu (De cent poètes un poème, ) com­pi­lé par Fujiwara no Teika (1162-1241). De nom­breux tan­kas (nom­més waka à l’époque), ancêtres du haï­ku, figurent dans ces ouvrages. 

En 1885, paraît le livre d’art Poëmes de la libel­lule5, textes tra­duits du japo­nais d’après la ver­sion lit­té­rale de l’homme d’état japo­nais Saionzi Kinmochi, et adap­tés sous la forme de tan­kas par Judith Gautier, fille de Théophile Gauthier (illus­tra­tions de Yamamoto). Celle-ci est aus­si la pre­mière femme de lettres à avoir écrit des tan­kas en fran­çais. Après elle, la France oublie le tan­ka, jusqu’au détour des années 1920. Il évo­lue­ra ensuite par rebonds suc­ces­sifs.

Les voyages vers le Japon se pour­suivent. En 1902, le Français Paul-Louis Couchoud (1879-1959), phi­lo­sophe, méde­cin et poète, beau-frère du sculp­teur Antoine Bourdelle, part lui aus­si à la décou­verte de ce pays, grâce à une bourse dont il a béné­fi­cié pour voya­ger en Amérique et au Japon. En 1905, séduit par le haï­ku, il publie avec ses amis, le sculp­teur Albert Poncin (1817-1954) et le peintre André Faure, une pla­quette inti­tu­lée Au fil de l’eau, qui relate, en 72 ter­cets, leur croi­sière sur les canaux du centre de la France.

 

Dans le soir brû­lant
nous cher­chons une auberge.
Ô ces capu­cines ! 6

 

 

Tiré à trente exem­plaires, le docu­ment pro­pose les tout pre­miers haï­kus fran­çais. Certes, en 1899, William Aston, diplo­mate anglais, intro­duit quelques poèmes de Bashô dans son ouvrage inti­tu­lé A History of Japanese Literature (tra­duit en fran­çais, en 1902, par Henry D. Davray). Mais c’est véri­ta­ble­ment avec Paul-Louis Couchoud, créa­teur du mou­ve­ment du hai­kai fran­çais, que le haï­ku fait son entrée en France.

En 1906, Couchoud tra­duit le haï­jin Yosa Buson dans Les Épigrammes lyriques du Japon7 , repris dans Sages et poètes d’Asie8, que Marguerite Yourcenar qua­li­fie­ra en 1955 de « livre exquis […] par lequel la poé­sie et la pen­sée asia­tiques » sont venues à elle.

Le haï­ku fran­çais se déve­loppe, y com­pris pen­dant la Grande Guerre au cours de laquelle plu­sieurs poi­lus tels Julien Vocance (pseu­do­nyme de Joseph Seguin, 1878-1954)9, René Maublanc (1891-1960)10, Maurice Betz (1898-1946)10, Georges Sabiron (1882-1918)11…), pris dans le feu des com­bats, écrivent des poèmes poi­gnants12 :

 

Cla, cla, cla, cla, cla…
Ton bruit sinistre, mitrailleuse,
Squelette comp­tant ses doigts sur ses dents.
                                                                    (Julien Vocance)

Un trou d’obus
Dans son eau
A gar­dé tout le ciel.
                              (Maurice Betz)

 

 

La balle mor­telle
En pleine figure
On a dit : au cœur – à sa mère.
                                                 (René Maublanc)

 

L’obus en éclats 
Fait jaillir du bou­quet d’arbres 
Un cercle d’oiseaux.
                                (Georges Sabiron)

 

 

En 1920, Jean Paulhan (1884-1968)14 voit dans le haï­ku, poème de la dis­con­ti­nui­té, une manière de réin­ven­ter la poé­sie. Le numé­ro de sep­tembre de la Nouvelle Revue Française (NRF), consa­cré au « haï­kaï », regroupe Paul-Louis Couchoud15, Julien Vocance, Georges Sabiron, Pierre Albert-Birot (1876-1967)16, Jean Richard Bloch (1844-1947)17, Jean Breton (1870-1940), Paul Eluard (1895-1952)18, Maurice Gobin, Henri Lefebvre (1901-1991), Albert Poncin (1877-1954), René Maublanc et Jean Paulhan.

Le haï­ku ins­pire encore Jules Renard (1864-1910), André Suarès (1868-1948)19, Paul Claudel (1868-1925), Apollinaire (1880-1918), Rainer-Maria Rilke (1875 – 1926), Max Jacob (1876-1944), René Druard (1888-1961)20, Jean-Paul Vaillant (1887-1970), André Cuisenier (1886-1974), Henri Druard (1902-1979)21.

 

Norio Nagayama : haï­ku de Bashô.

Bloch fait état dans la revue Europe en juillet 1924, de la vogue spec­ta­cu­laire dont a joui le genre poé­tique depuis la guerre…22.

En 1960, Philippe Jaccottet, fas­ci­né par le haï­ku, écrit dans la NRF un hom­mage à Reginald Horace Blyth (1898-1964) qui a consa­cré quatre volumes au poème bref23. Il s’en ins­pi­re­ra pour créer son antho­lo­gie de haï­kus24, Roger Munier éga­le­ment pour réa­li­ser son recueil Haiku pré­fa­cé par Yves Bonnefoy (1923-2016).

Le haï­ku connaît une période de latence dans les années de l’entre-deux guerres et dans l’après-guerre des années 40. C’est Jack Kerouac (1922-1969)25, un des lea­ders du mou­ve­ment lit­té­raire de la Beat gene­ra­tion, proche de la per­cep­tion boud­dhiste du monde, qui le fera redé­cou­vrir au monde.

En France, le haï­ku inté­resse sur­tout quelques intel­lec­tuels dans la décen­nie 70. Cette année-là, Roland Barthes (1915-1980) déclare, dans L’empire des signes26 : « La briè­ve­té du haï­ku n’est pas for­melle ; le haï­ku n’est pas une pen­sée riche réduite à une forme brève, mais un évé­ne­ment bref qui trouve d’un coup sa forme juste. »  Il pense que le haï­ku peut per­mettre d’aborder l’écriture du roman autre­ment, en pas­sant de la forme brève, frag­men­tée, au pré­sent, à une forme longue et conti­nue27.

Par la suite, l’essor des nou­velles tech­no­lo­gies favo­ri­se­ra gran­de­ment le rap­pro­che­ment entre les adeptes du haï­ku de tous pays.

Matsuo Bashô, Le Chemin étroit vers les contrées du nord, Vivrelivre.

∗∗∗

Modernité et attraits du haï­ku

Depuis que le haï­ku a péné­tré en Occident, au début du XXesiècle, il a par­cou­ru un long che­min. Phénomène rela­ti­ve­ment mar­gi­nal jusqu’à l’avènement du XXIesiècle, il n’a ces­sé de gagner du ter­rain ces der­nières années.

Aujourd’hui, le haï­ku plaît beau­coup, il séduit des publics variés et toutes les géné­ra­tions. S’il s’est quelque peu éloi­gné du modèle d’origine en adop­tant sou­vent un rythme libre et des thèmes propres aux pays où il éclot, il en a pré­ser­vé l’esprit qui exige briè­ve­té et légè­re­té.

Quels sont donc les res­sorts de sa séduc­tion ?

En pre­mier lieu, le haï­ku recourt à un lan­gage simple, pré­cis, concret, qui le rend acces­sible au plus grand nombre.

Gusai, Le goût des haï­kus.

 

 

Au clair de lune
les épou­van­tails ont l’air d’humains
si pitoyables

Masaoka Shiki (1867-1902)

 

Masaoka Shiki, Seul.

Fréquemment tein­té d’humour, il s’apparente à un ins­tan­ta­né pho­to­gra­phique. Pas le moins chro­no­phage, il ne réclame aucun inves­tis­se­ment coû­teux, seule­ment du papier, un crayon, et une pré­sence au monde.

Par ailleurs, il met en valeur le quo­ti­dien, ce qu’il est com­mun d’appeler la « bana­li­té ». Car, au regard de la créa­tion, il n’existe pas de petites ou de grandes choses. Toutes revêtent la même impor­tance, ayant cha­cune un rôle pré­cis à jouer. La four­mi ou le brin d’herbe ne sont pas relé­gués au bas de la hié­rar­chie. Les plus humbles sont recon­nus comme maillon indis­pen­sable de la grande chaîne cos­mique. Ce rap­pel des règles qui régissent l’ordre uni­ver­sel consti­tue de sur­croît une belle leçon d’humilité.

Basho, Le goût des haï­kus.

Le haï­ku pos­sède encore le mérite de poser des repères : l’un tem­po­rel, étant sou­mis à l’emploi d’un mot de sai­son, l’autre spa­tial parce qu’il s’enracine dans un lieu pré­cis mar­qué par son cli­mat propre, ses cou­tumes, ses tra­di­tions et fêtes. Autant d’éléments qui ras­surent et res­serrent les liens à l’environnement proche, à la terre natale ou au pays de cœur. Du même coup, à l’ère du fac­tice et du vir­tuel, il porte un mes­sage d’une pré­cieuse authen­ti­ci­té, tout en ouvrant des dimen­sions qui dépassent lar­ge­ment les limites de l’individu.

 

 

mon vil­lage s’égoutte
neige d’équinoxe
neige de rien

Kobayashi Issa (1763-1828)

 

Kobayashi Issa, Le goût des haï­ku.

Au Japon, le ter­cet est consi­dé­ré comme garant de la trans­mis­sion : les jeunes poètes « font leurs gammes » en réuti­li­sant des mots de sai­son (« neige d’équinoxe » ici) emprun­tés aux anciens. Ces mots de sai­son, approu­vés et recon­nus, sont consi­gnés dans des éphé­mé­rides ou alma­nachs poé­tiques, outils indis­pen­sables aux appren­tis haï­jin, tou­jours invi­tés à aller pui­ser dans la mémoire col­lec­tive pour enri­chir leur ins­pi­ra­tion de celle de leurs pré­dé­ces­seurs.

Pour autant, l’observation est bien ancrée dans le réel. Capture de l’instant pré­sent, le haï­ku apprend à « être au monde », plei­ne­ment, tous sens en éveil :

 

 

 

Respirer ?
c’est aspi­rer toutes les voix
des cigales du soir

Kaneko Tôta (1919-2018)

 

Kaneko Tôta, Respirer, 1minutepapillon.

Sa pra­tique pousse à savou­rer chaque moment de la vie comme unique, à aigui­ser les per­cep­tions pour­voyeuses d’émotion, à s’accorder aux forces natu­relles.

Ce frag­ment du tout s’enrichit de bien des qua­li­tés encore. N’est-il pas consi­dé­ré comme le poème de l’échange ? Dans les cercles d’écriture, il est habi­tuel de sou­mettre aux autres membres du groupe son ver­set, en le lisant deux fois selon l’usage. S’ensuivent des com­men­taires, par­fois des­ti­nés à amé­lio­rer la for­mu­la­tion ini­tiale. Les conseils sont les bien­ve­nus et tout le monde essaie de se plier de bonne grâce à cette règle du jeu où doivent pré­va­loir modes­tie et empa­thie envers l’autre.

Masaoka Sihi, Fraîcheur.

À l’heure des SMS, des lec­tures rapides et de la course au temps, l’extrême conci­sion du poème d’inspiration japo­naise le rend com­pa­tible avec la moder­ni­té. D’autant qu’il s’accommode de nom­breuses exi­gences du monde contem­po­rain telles que la spon­ta­néi­té et la briè­ve­té.

Après des siècles d’existence, le haï­ku, qui relie à ce qui manque peut-être le plus dans nos socié­tés hyper­con­nec­tées aux réseaux média­tiques, à savoir le réel et le concret, jouit encore d’une attrac­ti­vi­té consi­dé­rable.

 

 

Sources :

  • HAIKU, Anthologie diri­gée par Roger Munier, Éditions Fayard, 1978.
  • Le réveil de la loutre : Le prin­temps – Grand Almanach poé­tique japo­nais, Livre II. Traduction et adap­ta­tion d’Alain Kervern. Éditions Folle Avoine, 2009.
  • HAIKU DU XXe SIÈCLE – Le poème court japo­nais d’aujourd’hui, pré­sen­ta­tion, choix et tra­duc­tion de Corinne Atlan et Zéno Bianu, Poésie/​ Gallimard, 2012.

 

Notes

1. Alain Kervern, in Les tiges de mil et les pattes du héron : Lire et tra­duire les poé­sies 1, de Julie Brock.
2. Traduction d’Alain Kervern, voir note 1.
3. Terme par lequel on désigne un poète japo­nais qui écrit des haï­kus ; on pré­fère par­ler de « haï­kiste » quand il s’agit d’un poète occi­den­tal écri­vant des haï­kus.
4. Léon de Rosny 1837-1914 : De l’Orient à l’Amérique, de Bénédicte Fabre-Muller.
5. Recueil de poèmes dif­fu­sé en 1885 à de très rares exem­plaires et qui fait par­tie de la col­lec­tion des Beaux-Arts de Paris.
6. Éric Dussert : Au fil de l’eau – les pre­miers haï­ku fran­çais sui­vi de Haikais (Paul-Louis Couchoud, André Faure, Albert Poncin et Rafael Lozano). 1001 Nuits, jan­vier 2004.
7. Publié en avril 1906 par la revue Lettres diri­gée par Fernand Gregh.
8. Calmann-Lévy, 1917.
9. Cent visions de guerre, 1916.
10. Le Haï-kaï fran­çais, édi­tions du Pampre, Reims, 1924 ; Cent haï-kaï, édi­tions du Mouton Blanc, Paris, 1924.
11. Scaferlati pour troupes, A. Messein Éditeur, 1921.
12. Poussière de poème, La vie, mars 1918.
13. En pleine figureHaikus de la guerre de 14-18, antho­lo­gie éta­blie par Dominique Chipot (Auteur), octobre 2013, édi­tions Bruno Doucey.
14. Animateur de la NRF de 1925 à 1940, puis aux côtés de sa com­pagne Dominique Aury (de 1953 à 1958). Auteur de nom­breux ouvrages et d’une impor­tante cor­res­pon­dante, dont Paul Eluard & Jean Paulhan, Correspondance 1919-1944, Éditions Claire Paulhan, 2003.
15. Au fil de l’eau, 1905.
16. Voir, la contri­bu­tion de Marianne Simon-Oikawa, 2019 : msoikawa@l.u-tokyo.ac.jp https://​hal​.archives​-ouvertes​.fr/​h​a​l​-​0​2​0​4​3​414
17. Pour le haï-kaï fran­çais, in Europe, n°18, 15 juillet 1954 (pp 367-382).
18. En 1920, Paul Eluard pro­pose onze haï­kus à la NRF.
19. Haï-kaï d’Occident, in Comoedia, mai 1924.
20. Cent phrases pour éven­tails, 1942.
21. Fondateur de la revue Le Pampre(1922-1926).
22. Pincements de cordes, haï-kaï, pré­face de René Maublanc, 1929.
23. In Claudel et l’avènement de la moder­ni­té, de Pascal Dethurens, Presses Universitaires de Franche-Comté, jan­vier 2000. Disponible en ver­sion numé­rique.
24. Haiku. Quatre volumes : Eastern culture ; Spring ; Summer-Autumn ; Autumn-Winter. Tokyo, 1952.
25. Haïku, pré­sen­ta­tion et trans­crip­tion de Philippe Jaccottet, illus­tra­tions de Anne-Marie Jaccottet, tra­duc­tion de Reginald Horace Blyth. Éditions Fata Morgana, 1996.
26. Haikus, Jack Kerouac
27. L’Empire des signes, Skira, Genève, 1970.
28. Roland Barthes, Collège de France : « La pré­pa­ra­tion du roman. Le désir de haï­ku » (séance du 13 jan­vier 1979).

Image de une : Haiku by Matsuo Basho (1644 – 1694) cal­li­gra­phié par Soseki Aoyagi (Floatinginkworks​.com) :

月ぞしるべこなたへ入せ旅の宿

The moon is the guide,
Come this way to my house,
So says the host of a way­side inn.

Danièle Duteil

Danièle Duteil est née dans l’île de Ré qu’elle conti­nue d’aimer immen­sé­ment, en dépit des convoi­tises dont ce petit mor­ceau de terre bat­tu par les flots fait aujourd’hui l’objet. Ses sou­ve­nirs les plus piquants y sont ancrés à jamais. La majeure par­tie de sa sco­la­ri­té se déroule au Lycée de La Rochelle, puis à la Faculté de Lettres de Poitiers. Sa longue car­rière de pro­fes­seur, débu­tée à l’âge de 21 ans, lui apprend la patience et la tolé­rance et lui fait décou­vrir les richesses insoup­çon­nables de chaque indi­vi­du. Le pro­fes­so­rat ne cor­res­pond pas cepen­dant à son choix de pré­di­lec­tion : la méde­cine l’attire mais ses parents n’approuvent pas. Depuis main­te­nant qua­torze ans, elle se consacre assi­du­ment à l’étude de la poé­sie brève japo­naise, qui n’a pas fini de la séduire. Si elle lit très volon­tiers les contem­po­rains, qu’elle prend plai­sir à com­men­ter d’ailleurs dans diverses revues, elle aime tou­jours autant s’imprégner des écrits des haï­jins clas­siques anciens, Bashô, Buson, Issa, Shiki, Chiyo ni… indé­mo­dables vir­tuoses d’un art qui ne cesse de sur­prendre. Entrée au Bureau de l’AFH (Association Francophone de Haïku) en 2007, sous la pré­si­dence de Jean Antonini, elle ne tarde pas à en deve­nir la secré­taire et la pré­si­dente du jury de sélec­tion des haï­kus. Elle par­ti­cipe à la mise en place ou à l’animation de plu­sieurs fes­ti­vals : Montréal 2008, Lyon 2010, Martigues 2012 (sous la pré­si­dence de Martine Gonfalones-Modigliani), Vannes 2014. En 2008, elle s’abonne à la Revue du Tanka fran­co­phone et par­ti­cipe par la suite à plu­sieurs fes­ti­vals de Tanka à Martigues, Montréal et Lyon. En 2010, la poé­tesse, qui vit à Rivedoux-Plage (17), crée avec Gérard Dumon (17), Jean-Claude Nonnet dit « Bikko » (86), Patrick Somprou (16) Le Kukaï du Grand Quart Sud-Ouest. En 2011, elle crée avec Gérard Dumon l’Association Francophone pour les Auteurs de Haïbun, « L’étroit che­min » (AFAH) qu’elle pré­side encore aujourd’hui. Sous sa res­pon­sa­bi­li­té, l’AFAH publie en ligne, quatre fois par an, son jour­nal L’écho de l’étroit che­min. La revue est visible sur le site de l’AFAH : http://​asso​cia​tion​-fran​co​phone​-hai​bun​.com/ En 2012, elle est sélec­tion­née pour la « Balade haï­ku dans l’île de Shikoku », concours orga­ni­sé par les Associations Shikoku Muchujin, Japon Auvergne et Nippon Auvergne : JANA. En 2013, elle rem­porte le Prix du Livre Haïku de l’Association pour la Promotion et la Diffusion du Haïku, avec le recueil Écouter les heures. Cette même année, consé­quence de la tem­pête Xynthia, elle quitte l’île de Ré pour s’installer dans le Morbihan, au bord de la Ria d’Etel. Le temps de prendre ses marques et elle conti­nue de dif­fu­ser autour le haï­ku. Peu avant le fes­ti­val inter­na­tio­nal de haï­ku de l’AFH (2014), elle com­mence à réunir son « Kukaï-Vannes » qui se tient encore chaque 2e ven­dre­di du mois, excep­té en août. Les membres du kukaï étu­dient sur­tout le haï­ku, par­fois le tan­ka, le haï­bun ou le ren­ku. De 2014 à 2016, elle col­la­bore à La Lettre de Ploc cen­trée sur des recen­sions d’ouvrages. En 2015, elle signe un contrat entre l’AFAH et les Éditions du Tanka fran­co­phone (diri­gées par Patrick Simon) pour co-publier annuel­le­ment soit un numé­ro com­mun de la Revue du Tanka fran­co­phone « Spécial haï­bun et tan­ka-prose », soit un recueil col­lec­tif. Elle par­ti­cipe à la for­ma­tion de jeunes haï­kistes bre­tons, à la fin de l’année 2019, dans le cadre du 18e concours inter­na­tio­nal de haï­ku Taol Kurun de Quimperlé, et fait par­tie du jury de sélec­tion en com­pa­gnie de Fanny Chauffin (coor­di­na­trice), Marie Chiff’mine, Malo Bouessel-du-Bourg, Mai Ewen, Melaine Favennec, Naig Kervella, Alain Kervern, Bernez Tangi et Pierre Tanguy. Entre la tenue de son jour­nal L’écho de l’étroit che­min, la rédac­tion d’articles pour d’autres revues telles La Revue du Tanka fran­co­phone, Haïku University, Gong (AFAH), les recen­sions de recueils, l’écriture de pré­faces, les sol­li­ci­ta­tions diverses (ate­liers, jurys, confé­rences, salons, fes­ti­vals…), la publi­ca­tion de recueils, elle ne voit pas le temps pas­ser, si ce n’est à tra­vers l’observation atten­tive de la nature dont elle guette les plus intimes sou­bre­sauts. Œuvre • Recueils per­son­nels Face au le pont, coécrit avec Alain Legoin, HaïkOuest, 2008. La pluie bat la dune, HaïkOuest, 2009 Derrière les hiron­delles, AFH, 2010 3 feuilles sur la treille (coécrit avec Janick Belleau et Monique Merabet), Éd. L’iroli, 2012 ; Écouter les heures, Prix du livre de haï­ku 2013 décer­né par l’APH (Association pour la pro­mo­tion et la dif­fu­sion du haï­ku) ; Au bord de nulle part, haï­ku (illus­tré par les haï­ga de Ion Codrescu), Éd. Pippa, 2014 ; L’odeur du fenouil sau­vage, haï­ku (coécrit avec Damien Gabriels), Éd. Pippa 2016 ; de Villes en Rives, tan­ka (coécrit avec Janick Belleau), Éd. du Tanka fran­co­phone, 2017 ; Le son de la chan­te­pleure, haï­ku : livre d’artiste, col­lage réa­li­sés par Christine Anziani, emboî­tage de Choupie Moysan, Ed. CNJV, Vannes, 2018. Décrocher les étoiles, haï­ku, Éd. Unicité, 2018. • Direction de recueils Enfansillages 1, col­lec­tif de haï­ku (co-diri­gé avec Valérie Rivoallon), Éd. Unicité, 2012 ; Moissons, col­lec­tif de haï­ku « coups de cœur » du jury de l’AFH (2007-2010), AFH, 2010 ; Le singe renifle en hiver, de Salim Bellen, co-diri­gé avec Daniel Py, Éd. Unicité, 2013 ; Chemins croi­sés, col­lec­tif de haï­bun, Éd. Pippa, 2014 ; Haïbun et tan­ka-prose, col­lec­tif ; Éd. du Tanka fran­co­phone, 2017 ; Haïkus de la corde à linge, Éd. Rivalités, 2017 ; Secrets de femmes, col­lec­tif de haï­ku, Éd. Pippa, 2018 ; L’or du rein, l’humain corps et âme, col­lec­tif de sen­ryû, Éd. Unicité, 2018 ; Naître et Renaître, col­lec­tif de haï­ku, Éd. Pippa, février 2020 ; Autour de Proust : Tanka Proust et Haïbun Proust, col­lec­tif de haï­bun et tan­ka-prose, Éd. du Tanka fran­co­phone, mars 2020. • Contributions et pré­faces Chou hibou haï­ku, Guide de haï­ku à l’école ou ailleurs, Dir. Jean Antonini : Les thèmes du haï­ku, Alter Éditions, 2011 ; À la rue, Prix du Livre Haïku 2015, Sei Haisen : Postface ; APH, 2015 ; Un souffle poé­tique du Japon sur nos écrits, Actes du Colloque (Dir. Dominique Chipot) : La nature dans le haï­ku - 24 juin 2016, Lycée Henri-IV, Paris, Éd. Pippa, 2016 ; Rêves de vie, Prix du haï­bun 2017, Yann Redor : Préface ; APH, 2017 ; Dans la forêt loin­taine… on entend le cou­cou, haï­kus : Postface. Dir. Isabelle Ypsilantis, Éd. Pippa 2019 ; Trois gouttes de bleu sur l'arc-en-ciel, haï­kus de Sandrine Waronski : Préface. AFH, 2019 ; Pétales de vie, tan­kas de Cookie Allez : Préface ; Éd. Pippa, 2019 ; Toute Cette Rouille, haï­bun, de Bernard Dato : Préface. Éd. Via Domitia, jan­vier 2020. • Présence en col­lec­tifs et antho­lo­gies La rumeur du coffre à jouets, haï­ku, Dir. Isabel Asúnsolo, Éd. L’iroli, 2008 ; La Valise entr’ouverte, Anthologie de haï­kus du kukaï de Paris, Dir. Paul de Maricourt et Daniel Py ; Éd. Unicité 2010 ; Quel ani­mal ! haï­bun et micro-nou­velles, Éd. L’iroli, 2011 ; Haïga, peindre en poé­sie, Ion Codrescu, AFH, 2012 ; L’anthologie du tan­ka fran­co­phone, Dir. Patrick Simon, Éd. du Tanka fran­co­phone, 2012 ; 2e antho­lo­gie du tan­ka fran­co­phone, Dir. Patrick Simon, Éd. du Tanka fran­co­phone, 2015 ; D’un conti­nent à l’autre, 100 tan­ka, Éd. du Tanka fran­co­phone, 2016 ; Zestes d’orange, haï­kus sélec­tion­nés dans la revue Gong entre 2003 et 2006, Co-éd. Renée Clairon/​AFH, 2016 ; Passion haï­ku, col­lec­tif diri­gé par Daniel Py, Éd. Pippa, 2017 ; L’arbre sort du bois, haï­ku, Dir. Dominique Chipot, Éd. Pippa, 2017 ; Un haï­ku pour le cli­mat, Dir. Isabel Asúnsolo, Éd. L’iroli, 2018 ; Dans la forêt loin­taine… on entend le cou­cou, Dir. Isabelle Ypsilantis, Éd. Pippa 2019 ; Anthologie fran­co­phone de ren­ga, Dir. Patrick Simon, Éd. du Tanka fran­co­phone, mars 2020.