> Le quinzième numéro de Phoenix

Le quinzième numéro de Phoenix

Par | 2018-05-27T01:40:40+00:00 29 décembre 2014|Catégories : Revue des revues|

15e numé­ro pour Phoenix,  revue abso­lu­ment essen­tielle dans le pay­sage poé­tique, revue emme­née par André Ughetto, avec la com­pli­ci­té d’un beau comi­té de rédac­tion (Jean Blot, François Bordes, Téric Boucebci, Karim De Broucker, Joëlle Gardes, Myrto Gondicas, Marie-Christine Masset, Jean Orizet). Ce numé­ro nous tient d’autant plus (et encore plus qu’à l’accoutumée) à cœur en ceci qu’il pro­pose un dos­sier impor­tant (par la taille comme par les contri­bu­tions) consa­cré à la poé­sie de Jean-Claude Xuereb, poé­sie qu’il m’a été don­né de décou­vrir il y a… il y a, en effet… grâce au talent édi­to­rial de Rougerie. Coordonné par André Ughetto, le dos­sier com­porte des contri­bu­tions de Christiane Chaulet-Achour, Christian Viguié, Abdelmadjid Kaouag, Jean-Louis Vidal, Dominique Le Boucher et Lucien Wasselin. Des textes du poète aus­si, évi­dem­ment. Nous serons en com­plet accord avec Ughetto (« Rendre jus­tice ») quand il écrit, pré­sen­tant le dos­sier : « Il fal­lait donc rendre jus­tice à cet auteur dont ceux qui ne le connais­saient pas encore appré­cie­ront la jus­tesse d’expression, l’altière sim­pli­ci­té, la spi­ri­tua­li­té intense ». Et en effet : heu­reux les amateurs/​lecteurs de poé­sie qui vont décou­vrir ici la poé­sie de Xuereb. Du reste, le dos­sier s’ouvre sur 6 pages du poète, extraites d’un recueil à paraître chez Rougerie. Une fois ces poèmes « repo­sés », il est pas­sion­nant de lire d’un trait la série d’études concer­nant Xuereb. Une plon­gée dans l’œuvre, œuvre à laquelle Wasselin donne les mots de « tra­gique », « déra­ci­ne­ment », « enra­ci­ne­ment », entre autres ; cela est fort juste et empreinte la por­tée de la poé­sie de Xuereb, ancrée dans l’authentique. On reli­ra avec atten­tion « Pourquoi des poètes ? », de Heidegger, dans Chemins qui ne mènent nulle part, et l’on sai­si­ra ce que je tente d’exprimer avec des mots, et qui cepen­dant forme l’inexprimable en mots de la poé­sie.

 

Toute véri­té dite
meurt d’être révé­lée
frap­pant qui la pro­fère
 

Jean-Claude Xuereb

 

Les dos­siers, celui-ci en est un exemple incon­tour­nable, font sans aucun doute « une force » de Phoenix. Mais ce n’est pas tout, loin de là. L’on s’habitue au fil des numé­ros à la per­ti­nence de la par­tie inti­tu­lée « Partage des voix », laquelle com­porte cette fois des textes d’Albertine Benedetto, Gérard Engelbach (dont la petite antho­lo­gie parue au Nouvel Athanor est incon­tour­nable), Jeanpyer Poëls, Jean-Damien Roumieu, Max Alhau, Béatrice Machet-Franke, Werner Lambersy, Muriel Carrupt, Marie Adaval et Jean Blot. Diversité et force, beau­té et dia­logue natu­rel entre poètes. Phoenix est, d’évidence, une terre de fra­ter­ni­té. On ne sera donc pas sur­pris de trou­ver dans ses pages un bel hom­mage ren­du à Charles Dobzynski par André Ughetto, en grande par­tie (volon­taire) sous la forme de trois poèmes du poète, autre­fois publiés dans Autre Sud (« ancêtre de Phoenix, vous me par­don­ne­rez ce « péda­go­gisme » mais il est issu de l’expérience − celle des temps que nous vivons au sein même du « monde » de la poé­sie).

La voix d’ailleurs de ce numé­ro vient de Malte : une série de poèmes d’Oliver Friggieri, fort bel ensemble d’un poète que, du coup, l’on aime­rait pou­voir lire plus ample­ment en fran­çais, sous forme de recueil. Pourquoi pas ?

Suivent les habi­tuelles chro­niques et notes de lec­ture qui font le sel de toute belle revue de cet aca­bit.        

Phoenix, numé­ro 14.
9 rue Sylvabelle. 13006 Marseille.
Le numé­ro : 12 €
Abonnement : 45 €
revuephoenix1@​yahoo.​fr
www​.revue​phoe​nix​.com 

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