> Pierre Warrant, Confidences de l’eau

Pierre Warrant, Confidences de l’eau

Par |2018-04-06T14:27:41+00:00 6 avril 2018|Catégories : Critiques, Pierre Warrant|

Tu es per­du
ce qui encombre
ne sert pas
il n’est de pur
que ce que tu es
ou pour­rais être

écri­vait Pierre Warrant dans Altitudes 1.  Humain per­du, voie ouverte, « l’heure est venue /​ de vivre ». 

Pierre Warrant, Confidences de l’eau, L’Arbre à paroles, 2016, 70 p., 12€.

Pierre Warrant, Confidences de l’eau, L’Arbre à paroles, 2016, 70 p., 12€.

Voici un second recueil où l’intime décan­ta­tion se pour­suit près des hori­zons marins, des canaux et des fon­taines, et sous la pluie – « sur chaque goutte /​ le ciel de sa pro­messe ». Une cin­quan­taine de poèmes en trois mou­ve­ments : élan des bords de mer – reflux lais­sant la mer enfouie – quête d’un che­min d’eau.« De la mer /​/​ on ne peut rien dire » ; c’est elle qui « a tout à nous dire ». Une voix non loca­li­sable écoute, et fait glis­ser quelques mots simples. Éléments, sen­ti­ments, situa­tions et pay­sages se répondent. Le temps déborde la suc­ces­sion des ins­tants et les lieux sont poreux. Les secrets sont en attente, « tout est acces­sible /​ rete­nant sa réponse /​ depuis tou­jours », dans la cir­cu­la­tion de volutes fami­lières :

et tou­jours
ce léger trem­ble­ment
ce mur­mure du temps
qui inlas­sa­ble­ment
nous relie à la courbe des vagues.
2

Confidences de l’eau ou rêves du poète ? La ques­tion amè­ne­ra peut-être à pres­sen­tir que révé­la­tion et désir ne relèvent pas d’ordres fon­da­men­ta­le­ment dif­fé­rents : quand « on prend le risque de gran­dir », notre aspi­ra­tion est déjà connais­sance. 

Silence de l’eau
par­celle de l’univers

à l’insu de lui-même
un mot se pro­nonce

être au monde

Comme le pré­cé­dent, ce livre a ins­pi­ré un spec­tacle mêlant poé­sie, pho­to­gra­phie et musique. Explorateur et pas­seur, Pierre Warrant nous invite dans l’espace des espaces, « là où res­pirent les nais­sances ».

 

 

 


Notes

  1. . Premier recueil du poète, aux édi­tions Tétras Lyre, 2013.[]
  2. Sur le site de Pierre Warrant (http://​www​.pier​re​war​rant​.be/), ce poème se ter­mine sur un vers sup­plé­men­taire, après un espace : aux pul­sa­tions du cœur.[]

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Philippe Habans

Philippe Habans est né à Nice en 1951. Il a ensei­gné le fran­çais à la façon de quelqu’un pour qui l’être humain n’a aucune sorte de rap­port avec une boîte dont il s’agit de déter­mi­ner la taille, la forme et le conte­nu. 

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