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A propos d’Aimé Césaire (2)

Par |2018-07-11T12:54:32+00:00 5 juillet 2018|Catégories : Aimé Césaire, Critiques|

Nimrod,Visite à Aimé Césaire sui­vi de Aimé Césaire, le poème d’une vie

La visite a eu lieu en juin 2006. Nimrod accom­pa­gnait Daniel Maximin à Fort-de-France. Ce que raconte Nimrod est bien plus que la visite d’un lec­teur fidèle à l’un de ses auteurs favo­ris. C’est le récit d’une ren­contre avec un homme et avec sa terre.

Être plon­gé dans le pay­sage qui a ins­pi­ré Césaire, un pay­sage à la fois beau et mena­çant, comble Nimrod. « À pré­sent j’ai du poème de Césaire une connais­sance char­nelle. »

Nimrod, Visite à Aimé Césaire sui­vi de Aimé Césaire,
le poème d’une vie
, Éditions Obsidiane, 2013, 78 pages, 14 €.

 

Césaire est « mal fichu » – ce sont ses dires. Il monte dif­fi­ci­le­ment l’escalier qui mène à son bureau. Nimrod voit ensuite en l’homme ce qui est par­tout pré­sent dans ses textes : des oppo­sés qui coexistent. Malgré son âge avan­cé, ses pro­blèmes d’audition qui obligent ses inter­lo­cu­teurs à par­ler fort et sa petite forme, il a le regard vif, la parole claire et le style raf­fi­né. Ensemble, ils parlent de Senghor, que Nimrod aime aus­si.

De retour à l’hôtel, Nimrod réflé­chit à la ques­tion des influences. « Césaire est le seul de nos poètes dont on ignore la filia­tion. Il ne sort pour­tant pas de nulle part. De tels écri­vains n’existent pas. » Nimrod, comme Léon Gontran Damas, pense que cer­tains poèmes d’Aimé Césaire entrent en dia­logue avec ceux de Charles Péguy. Cela peut paraître éton­nant. Mais Nimrod a quelques argu­ments.

À la fin de l’ouvrage, Nimrod explique ce qu’entendait Césaire par négri­tude – concept que d’aucuns ont com­pris de tra­vers, en pen­sant par exemple que Césaire se pro­cla­mait ain­si l’ennemi de l’Europe. Nimrod rap­pelle le contexte : « La négri­tude est la réponse que deux jeunes étu­diants de la Sorbonne opposent au racisme. Exilés loin de leurs familles, vivant chi­che­ment (et pour cause : ils cla­quaient leur modeste bourse dans l’achat de livres), ce ne sont pas des bâtis­seurs d’idéologies. Ils découvrent dans leur chair la dou­leur qui est celle des sujets colo­niaux. Ils voient bien qu’ils ne comptent pas pour la France ; l’Afrique et les Antilles non plus. Les voi­là cho­qués, révol­tés. […] Aussi fondent-ils la revue L’Étudiant noir (1935-1936) pour faire connaître leurs idées. »

Nimrod insiste sur le fait que l’image figée que cer­tains ont gar­dée d’un Césaire en colère ne cor­res­pond pas à la réa­li­té.

  Le Cahier d’un retour au pays natal est un kaléi­do­scope de tons, de rythmes, de tem­pos. Le réduire au cri de révolte, c’est avouer ne rien y com­prendre.

Et Nimrod referme son livre sur un mot qui sied mieux à Césaire : l’espérance.

 

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Pascale Trück

Pascale TRÜCK vit en Bourgogne, où elle est ensei­gnante. Elle a col­la­bo­ré à plu­sieurs revues et maga­zines lit­té­raires. Dans Recours au Poème, elle a pro­po­sé une chro­nique poé­tique du roman. Car la poé­sie s’y trouve par­fois. Les romans qu’elle a mis en avant ont su la cap­ter. Elle se consacre aujourd’hui à l’écriture théâ­trale. Sa pre­mière pièce, Si le vent tourne, a été édi­tée en 2015 (aux édi­tions La Fontaine). 

http://​www​.theatre​-contem​po​rain​.net/​t​e​x​t​e​s​/​S​i​-​l​e​-​v​e​n​t​-​t​o​u​r​n​e​-​P​a​s​c​a​l​e​-​T​r​u​ck/

 

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