Anne-Lise Blanchard, L’horizon patient, extraits

Par |2020-09-06T20:26:57+02:00 6 septembre 2020|Catégories : Anne-Lise Blanchard, Poèmes|

 

La cam­pagne bruit

d’abondance

les verts s’ébrouent 

cadeau de saison

les pier­res se ré-

-veil­lent          (on le voudrait)

d’un som­meil enchanteur

 

Quelle lumière

ouvri­ra les portes

inter­rogera les murs

con­fi­ant au geai 

ou à la mésange

leur his­toire

de longue mémoire ?

 

 

 

*

Le sen­tier déroule la pensée

qu’exhausse une cime nue 

la trace devient méditation 

ton geste déplie un horizon

que mul­ti­plie l’espace forgé

dans les étoiles           un chant grandit

 

 

 

*

Tan­dis que le pied module

son phrasé l’éclat du ciel

te per­fore à l’intérieur

qui sculpte l’immense sourire 

de la joie ou de l’accord

 

 

*

Le geste silen­cieux d’écrire

enchâsse-le dans l’humilité

de la fougère 

l’ardeur de la centaurée 

l’éclat de rire du rhododendron

 

Entends la saveur du royaume

enchante la flèche

de ton lan­gage dans l’explosion

de la nuit l’effervescence

des grands arbres et ce feu doux

qui t’irradie

 

 

*

Le jour pousse la fenêtre 

m’accordant la grâce

de sa splen­deur et demain 

me vis­it­era

sin­guli­er aussi 

un autre jour qui sup­pli­era   

plus de présence entre la mésange

du matin et la réso­nance de la nuit

 

 

*

Der­rière la vit­re jacinthes

tulipes jas­mins ros­es s’exposent

en une partition-vitrail

que font vibr­er les heures qui sonnent

l’endormissement du village

 

Attente attelée à leur exubérance

et le jour qui monte couleur

gro­seille pal­pite de tendresse

 

Présentation de l’auteur

Anne-Lise Blanchard

Anne-Lise Blan­chard est née à Alger le 1er jan­vi­er 1956. Danseuse, choré­graphe puis thérapeute, elle écrit de la poésie et de cour­tes pros­es. Elle habite aujour­d’hui dans le Sud.

Autres lec­tures

Trois écritures de femmes

L’écri­t­ure n’est ni fémi­nine, ni mas­cu­line. Le tra­vail d’écrire, avec la matière du lan­gage, puise à l’u­ni­versel, par-delà les gen­res, ce que démon­trent ces lec­tures des derniers recueils d’Elo­dia Tur­ki, Anne-Lise Blan­chard et […]

Anne-Lise Blanchard, épitomé du mort et du vif

Comme « abrégé d’un ouvrage antique », selon la déf­i­ni­tion du Petit Robert, « épit­o­mé » s’applique sans doute à cette étude sen­si­ble des traces du vivant et du dis­paru, selon un regard qui puisse énon­cer ces […]

Aller en haut