Τraduction en français du grec par Marie-Laure Coulmin Koutsaftis
J’ai tiré la Terre
Pour nous recouvrir
Des fois qu’on porterait ce soir
Sans armes et sans verser le sang
Les mots que nous crachions hier
Comme des noyaux
Mais ne me réponds pas à la hâte
Attends ton tour
Dans la queue
J’attends des réponses
De toi et de moi
Encore et encore
Jusqu’à hier
Jusqu’au niveau inattendu
‑1 de l’ascenseur
Sous-sol incertain
Et avec intérêts en colère
(Quelle logique a été louée
Par mon imagination ce soir ?)
Mais je ne veux pas que la boue
Pétrisse nos corps
En remplissant d’un demain moins un
Des racines de lotus et de mythes.
Cravate de décence publique
J’ai commencé à découdre
Mes habits
Jusqu’à rester nu
Au milieu de nulle part
En criant
Dans une langue inconnue
(De toutes manières
Qui m’aurait compris ?)
Mais ils ne m’ont pas arrêté
Pour outrage public à la pudeur
Pour que je cesse mes cris
Ils m’ont offert de l’absinthe
Et m’ont habillé élégamment
Cependant mes lacets
Ne s’accordaient pas
Avec leur cravate
Je n’ai pas laissé de monnaie
Comme pourboire
Je n’ai pas trébuché en diagonale.
Le poème rouge
J’ai peint en rouge
Le ciel
Journées où je me suis perdu
Et je me suis renié
En riant sans raison
Je les ai vécues
J’ai peint en rouge
L’eau
Dans des larmes je me suis noyé
Et je me suis sauvé
En oubliant les remords
Je me suis abusé
J’ai peint en rouge
Ce poème
Avec des mots je me suis effacé
Et me suis ressuscité
En écrivant avec du sang
Je me suis vengé de moi
Puzzle
Naître dans la forêt
D’eau et de terre
Devenir arbre
En dispersant les feuilles
Flotter en profane
Comme un puzzle en l’air
Me faire manger par les oiseaux
Comme des rides en couleurs
Me rechercher
Avec une Alerte Disparition
Sans nom
Moi
Les mots ont soif
Les mots ont soif
Et boivent du vin
Pour m’enivrer
Je laboure, je moissonne
Mais maintenant je me tais
Qu’ils ne s’éteignent pas
Comme des malédictions arides
Sur des herbes sèches
Je casse des cruches
Avec un son humide
Pour me reposer
Dans le soleil brûlant
Sans eau
Avec une poignée d’erreurs
La vérité de la poésie
J’ai avancé sous la terre
Pour voir la vague
Ils criaient que j’allais me noyer
Mais je n’entendais pas
Les yeux fermés
J’ai dessiné un poème
Au fond de la mémoire
Je n’ai pas voulu le lire
Le silence toujours me disait
De ne pas avoir honte de la vérité
Mais d’écrire cependant
(La poésie est vérité)
En un clin d’œil
Tu as violé les frontières
Qui ont enfoui
La connaissance de soi
Tu as abattu des prisons
Derrière les rideaux
Qu’a incendiés
L’étincelle de ta colère
Sans hurlements
Sans murmures
En un clin d’œil
Tout simplement
Tu as créé de la lumière
Comme tu as embrassé
Tout ce qui ne se dit pas
(Mais s’écrit)
Dans l’obscurité
Déménagement
Nus désormais
Nous nous sommes vêtus de couleur
Nous avons dénudé mots et voix
Aveugles désormais
Nous avons bu la lumière
Nous avons traversé la mort en nageant
Avec de l’alcool et des cigarettes
Dans les valises
Nous avons fait de faux témoignages
En oubliant qui nous étions
Sur un oiseau
Nous avons bâti notre vie
Et nous avons volé à nouveau
Simplement nous avons déménagé
Janus
Un immeuble désormais
Notre quartier
L’ascenseur coincé
Entre la terrasse
Et le ciel
Et nous à l’intérieur
Serrés confortablement
Sans souffle
(Et sans signal
Notre portable)
Au dernier moment évasion
Du «savoir-vivre»
Comme prêts depuis toujours
Pour des développements
(Quand avons-nous donc eu le temps
De tomber amoureux ?)
À l’apogée
De pas suspendus
Au sous-sol
Des semi-dilemmes
De Janus
Première récitation
J’ai crié
A répétition
En jetant
Des chuchotements par euphémisme
Sur le sol
En accrochant des vers
Au mur
Avec des syllabes comme clous
Que jusqu’à maintenant
J’avais peur d’écrire
Dans des lits prisons
Où jusqu’à maintenant
Je brûlais d’entrer
Pour écouter
Ce que j’ai écrit
En mon absence
Cour sans silences
La plante s’est cassée
Avec les silences
Notre cour a grandi
Le passé s’est perdu dans le chiendent
Le jardin s’est empli de dieux
Et le cri s’est épanoui ce soir
Seul désormais il ne se souvient pas
Si l’obscurité a éclairé
En tissant des illusions
Si le soleil s’est enlisé
Dans des racines d’Érinyes
Rides dans le café
Je m’éveille
Entendant le même bruit
Chaque matin
Plein de points d’interrogation cassés
Avec tant de rides dans le café
Avec encore le même poème
Cloué à l’esprit
Je cherche un mot
Je me lamente
Même si j’ai oublié de pleurer
Tant de nuits
Loin de toi
Je grogne comme toujours
Sans raison,
Quand tu es près de moi
Abécédaire
J’ai perdu l’abécédaire
De mon CP de primaire
Et maintenant
Que je cherche désespérément
A donner à Anna
Une pomme1,
J’ai vieilli sous les souvenirs
Sans interruption
Pour des publicités
En buvant des gazeuses «light»
Et en faisant «like»
Sur des quatrains de calendrier
Poèmes en sens inverse
Baisers attachés
Dans notre bouche
Les mots
Font voyager le toucher
Dans la lumière
La langue nage
En des corps
Menant des poèmes
À contre-sens
Sans redouter
La mort
Dangereuse la vie
Pour les poètes
Note















