> Laurent ALBARRACIN : Explication de la lumière

Laurent ALBARRACIN : Explication de la lumière

Par | 2018-01-27T21:37:56+00:00 19 mars 2016|Catégories : Critiques, Laurent Albarracin|

Un poète déplie au-dehors la lumière, et cherche asymp­to­ti­que­ment à l’épuiser. Laurent Albarracin nous livre un livre comme un chant contem­po­rain, annexe aux 33 Chants du Paradis d’Alighieri. Un chant annexe sécu­laire, exi­lé hors et loin du jar­din, mais essayant de le remé­mo­rer à notre oreille, notre œil, d’exilés.

 

la lumière sort le monde du monde, la lumière éclaire et ramène, et désen­sable, balai de signes, eau d’élection, la lumière écla­bousse, écla­bousse sans rien écla­bous­ser, sans salir, sans tou­cher ce qu’elle touche,

 

Le poème pro­cède en paquets paro­lés de lumière, paquets de quelques lignes, par­fois une, de longs vers plus ou moins ampli­fiés, des paquets de parole, qui déplient au dehors la lumière, un à un, des paquets de parole qui sont des pho­tons de parole.

 

ce qu’on voit briller dans la lumière est un hachoir qui hache si fin la lumière et si fine­ment qu’il hache jusqu’au hachoir dans la lumière et jusqu’au hache­ment dans le hache­ment qui n’est plus que lumière,

 

Entre chaque paquet, on ins­pire, et puis on y retourne – en voyage, dans le paquet qui suit, expi­ré d’un seul souffle.

 

la lumière chante, chante un chant où le chant chante la lumière, où le chant chante le chant et l’illumine,

 

Le poème pro­cède, pour son dépliage au-dehors, pour dire ce qui ne se dit pas : par contra­dic­tions appa­rentes que leur source (hors des mêlées) résout ; par pou­pées russes ; par spé­cu­la­ri­té, répé­ti­tions ou non de miroirs en abîme ; par dic­tion d’impossibles ; par incar­na­tions de la lumière maté­rielles et sen­sibles ; et cete­ra.

 

la lumière est le rou­le­ment du dé et de ses faces, la sep­tième et seule face une du dé lorsqu’il roule, une somme qui serait la rivière de cette somme

 

Explication de la lumière, c’est l’humble Paradis d’Albarracin, lequel est obli­gé à la dic­tion d’insaisissables pour chan­ter l’insaisissable.

 

car la lumière ne donne que l’idée de la vraie lumière, la lumière n’est qu’une ombre devant ce que serait la lumière de la lumière, la lumière de la lumière étant une lumière tel­le­ment lumi­neuse que la lumière en serait l’ombre pâle et que seule la lumière pour­rait figu­rer son contraire

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Brice Bonfanti

​Brice Bonfanti, œuvrier. Né Frigau en 1978, Avignon. Sept ans conser­va­teur des manus­crits de Stendhal à Grenoble. Depuis l’an 2000 à Milan, écrit en pre­mier lieu l’un après l’autre des Chants d’utopie, et les dit en public. Un cha­pitre par Chant est audible sur son site : www​.bri​ce​bon​fan​ti​.com. Les Chants d’utopie sont publiés aux édi­tions Sens & Tonka, par cycles de neuf Chants.

Collabore aux revues Nunc, Phoenix, L’Intranquille, Sarrazine, Recours au poème, La Revue des Archers… 

 

 

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