> le journal des poètes, 3, 2014, 83ème année

le journal des poètes, 3, 2014, 83ème année

Par |2018-11-19T06:10:49+00:00 1 décembre 2014|Catégories : Revue des revues|

 

L'équipée du jour­nal des poètes, com­po­sée par Yves Namur et ses fidèles com­pa­gnons belges Lucien Noullez, Marc Dugardin ou Jean-Marie Corbusier offre en son n°3 de l'année 2014 un édi­to­rial signé Jean-Luc Wauthier, dont nous avons récem­ment remon­té le cours de son der­nier magni­fique opus Sur les aiguilles du temps.

Cet édi­to­rial annonce le bel entre­tien accor­dé par Jean-Marc Sourdillon au sujet de l'édition de la Pléiade de Philippe Jaccottet, et per­met à Wauthier de poser la ques­tion fon­da­men­tale : y a-t-il des poètes démo­dés ? A tra­vers cette ques­tion, nous per­ce­vons le sous-enten­du : la poé­sie peut-elle appar­te­nir, en son essence, à la mode, c'est-à-dire au temps social de la sur­face ?

Nous enten­dons la voix de René Char lorsqu'il pense à Rimbaud : "Tes dix-huit ans réfrac­taires à l'amitié, à la mal­veillance, à la sot­tise des poètes de Paris".

Poètes démo­dés il ne peut y avoir car tout poète véri­table s'inscrit dans un autre temps que le temps social, et s'il ins­crit son œuvre par rap­port à ce temps, alors est-il poète ?

Jean-Marc Sourdillon, qui a par­ti­ci­pé au volume de la Pléiade réunis­sant les œuvres com­plètes de Jaccottet, nous ouvre des voix de com­pré­hen­sion sur la démarche du poète suisse. Entretien de fond, pas­sion­nant. Il nous explique la démarche en pro­fon­deur de Jaccottet, son ori­gi­na­li­té, ce en quoi il apporte à la poé­sie, sa méthode de tra­vail, ce qui le dis­tingue de toute la poé­sie de son époque.

Nous trou­ve­rons ensuite la par­tie nom­mée Paroles en archi­pel, titre emprun­té à René Char, au sein de laquelle les voix de Christian Poirier, de Gérard Smyth, d'Eric Piette, d'Ilia Galan se dis­tinguent avec bon­heur.

Avant de lais­ser la place à une Voix nou­velle, celle de Thomas Demoulin, poète vivant à Lille et don­nant à lire le pre­mier mou­ve­ment d'un livre d'artiste com­po­sé avec Isabelle Raviolo.

La part belle est faite, dans cette nou­velle mou­ture de la revue, aux notes de lec­tures de livres de poé­sie, et nous retrou­vons l'œil cri­tique de Philippe Leuckx, d'Yves Namur, de Marc Dugardin, de Jean-Marie Corbusier, oeil cri­tique et néan­moins bien­veillant.

Grand plai­sir donc de lire ce jour­nal des poètes, tant la famille qui l'anime res­pire la fra­ter­ni­té et la joie d'être ensemble, pour le poème, pour les poètes. Et mer­ci au Taillis pré de l'avoir pris sous son aile.

 

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