Pierre Ech-Ardour, Méandres de mon âme — de la parole à l’écrit

Par |2026-09-06T08:15:39+02:00 6 septembre 2026|Catégories : Pierre Ech-Ardour, Poèmes|

Ce recueil traduit la cos­molo­gie amoureuse et méan­dreuse de mon hum­ble chem­ine­ment de vie envers le Beau, qui plus est la tran­scen­dan­tale Grâce que pro­fa­nent d’ignominieux pans du monde actuel aux visions avilis­santes et obscures.

∗∗∗

En chaque poème un ver­set de la Torah témoigne de la voix et de 
l’empreinte que le peu­ple des cinq livres de Moïse con­nut et traversa.

Fig­urent en bas de page des rap­pels aux livres, indi­quant les numéros 
de chapitres et de ver­sets, extraits en par­tie ou en leur ensemble

∗∗∗

En l’haleine du vent,
dans l’entre-deux
de nos ombres,
se dis­sout l’obscurité
en ta féconde lumière
au goût de rêves éveillés.
Direc­tion le pays des enfants 
de l’Orient.1
A la dérobée
de tant de chemins,
mul­ti­ple ta figure
dompte mon amour,
embel­lit de sa romance
l’aube et le désert
quand par­fois monte à l’acmé
l’étincelle du silence

∗∗∗

Par-delà d’invisibles cimes,
con­tre l’épaisseur
de l’horizon,
hors écho et éclat,
advint dans l’ossuaire des sylves,
resongées nos enfances
à l’abri de nos ombres.
Et c’est le soir.2
Dévoilée dans la nuit du monde
la nudité d’une voix brisée
sourd des eaux
comme un vis­age d’exode
au souf­fle désaccordé.

∗∗∗

Sus­pendu
aux lèvres du ciel,
exténué crie l’oubli.
La vie de toute chair est son sang3
Sur les répliques
de ton vélin à fleur de vie,
au creux
de l’invisible,
s’éprend imperceptiblement
la rose des ombres
du jour
dans les ves­tiges du temps.

∗∗∗

Dis­paraître puis apparaître,
réchap­pés du fond des cendres
et pas moins présents sans bruit,
 transparurent les frag­ments d’espace en l’équilibre
immo­bile du sursis.
A l’est au levant
devant la demeure4
com­parut inaccessible
un con­cen­tré silence.
Para­doxale force du murmure,
en son raffinement
pointèrent envers et con­tre tout,
sous l’égide flamboyante
de ta liberté,
les péré­grins pollens
d’inapprivoisables fleurs.

∗∗∗

Dans l’ignescence du ciel
me per­suade chaque mot
être le reflet de ton visage,
la révéla­tion de ta parole,
le germe d’origine pour dis­penser la vie aux nou­veaux exilés.
Où endur­er de moin­dres souffrances ?
Est-ce en ton regard
qui m’accueille,
en l’émancipation de nos mots,
en l’inflorescence de nos pensées ?
Yeux dans les yeux,5
écoute fleurir les semences du monde, quand tu iras ton chemin
à ton couch­er et à ton lever.

Notes

  1. Genèse 29–1

     2. Exode 16–13

     3. Lévi­tique 17–14

     4. Nom­bres 3–38

     5. Deutéronome 5–4

Présentation de l’auteur

Pierre Ech-Ardour

En son rap­port intime aux let­tres, sa poésie, « tours de mots » où inter­fèrent extrin­sèques lumières et clartés pro­fondes, incar­ne la parole d’une utopie prop­ice à l’approche des sources du monde.

Sa poésie traduit ce bat­te­ment, cette trame dis­crète où s’orfèvre le poème ; chaque mot porte le déplis d’une pen­sée poussée à l’orbe des con­fins. L’écriture, jouant de sa lumière et de sa con­tre lumière, laisse douce­ment à l’entente la pal­pi­ta­tion du froisse­ment et du défroisse­ment des mots, con­ser­vant per­pétuels leur vastité et leur respir.

Ce sont dans ces amples et dis­crètes vari­a­tions que la parole trou­ve son sur­gisse­ment de vis­age, cette force par­ti­c­ulière d’être elle-même l’envol de ce qui d’un coup se dévoile à la vue et à la pen­sée et aus­sitôt se dérobe, insol­u­ble. Et si se laisse saisir par la peau que donne la tra­verse des langues, des souf­fles ter­restres, des sen­su­al­ités et des mémoires d’une cer­taine intim­ité, sa poésie est une voix portée, une entière adresse à l’humain et à son trem­ble­ment d’infinité.

Il a pub­lié plus d’une ving­taine de recueils de poésie et a obtenu en 2018 le Pre­mier Prix de Poésie décerné par les Gourmets de Let­tres sous l’égide de l’Académie des Jeux Flo­raux à Toulouse.

Il est mem­bre de la SGDL et de ADA.

Bibliographie 

  • Répa­ra­tions (Édi­tions Flam, 2016) — Réu­nit deux livrets : …ailleurs, nulle part… et lumineuse opac­ité.
  • L’Ar­bre des Let­tres (Édi­tions Lev­ant, 2018) — Com­posé de deux abécé­daires : L’Ar­bre des Let­tres en chemin et L’Ar­bre des Let­tres d’Ex­ode.
  • Lagune – archipel de Thau (IEO Lengadòc, 2018) — Édi­tion bilingue français-occ­i­­tan, récom­pen­sée par le Pre­mier prix de Poésie de l’A­cadémie des Jeux Flo­raux de Toulouse.
  • Au bras du Ciel (Édi­tions de l’Ai­grette, 2020).
  • Can­tique (Ségust Édi­tions, 2021).
  • Migre dérac­iné un temps (Édi­tions Lev­ant, 2021).
  • Il fut soir il fut matin (IEO Erau, 2021) — Édi­tion bilingue français-occitan.
  • Sub­odor­ées prémices (Édi­tions de l’Ai­grette, 2022) — Sous-titré “le matin venait, mais aus­si la nuit”.
  • Entrelacs, poème à deux mains (Jean-Claude Taïeb édi­tions, 2022) — Co-écrit avec Iazel Val­lor­ca, pein­tures de Hadas­sa Wollman.
  • épiS­tel­laires (Édi­tions Phloème, 2023) — Encre de Jean-Marc Barrier.
  • Ramenez-les à la mai­son (Édi­tions Lev­ant, coll. Étin­celles du Lev­ant, 2024) — Poèmes en sou­tien aux otages du 7 octo­bre 2023.
  • Les Amoutous (L’An Demain édi­tions, 2024) — Aquarelles de Chris­tine Puech.
  • Bour­geon­na l’aube en le miroir du temps (Édi­tions Encres Vives, coll. Encres Blanch­es, 2025) — Gravures de Pas­cale Goëta.
  • Pire est la mer que les déserts ! (Édi­tions Domens, 2025) — Pho­togra­phies d’An­tho­ny Jean, dédié aux migrants et en hom­mage à SOS Méditerranée.
  • Dalle radi­ci del mon­do (antolo­gia) (Édi­tions Ter­ra Ulivi, 2025) — Recueil bilingue français-ital­ien, traduit par Clau­dia Pic­cin­no, pein­tures de Lau­rent Gri­son. 
La Trilo­gie poé­tique et cosmologique
  • Tome I : Vespérales élé­gies (Édi­tions Lev­ant, 2024) — Péré­gri­na­tions poé­tiques et cos­mologiques de Sète à Céret, pein­tures de Chan­tal Giraud Cauchy.
  • Tome II : Numineuse imprésence (Édi­tions Lev­ant, 2025).
  • Tome III : Ethéré hypogée (Édi­tions Lev­ant, 2025) — Sous-titré m’ef­fac­er, veille ton cœur.
Livres d’artiste et contributions
  • Si je t’ou­blie Jérusalem (Édi­tions Solti­je Ltd, 2021) — Livre d’artiste réal­isé avec le pein­tre André Jolivet.
  • Col­lab­o­ra­tions régulières pour des livres pau­vres et revues lit­téraires comme Sémaphore, Sep­tième Sens et Le Bout des Bor­des. 

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