France Burghelle Rey : Poèmes

2018-02-04T18:04:58+01:00

 

 Chu­chote­ments qui ne suff­isent plus je veux que les demeures réson­nent les églis­es les mairies et jusque dehors l’air des cris  et des chants de révolte

Com­bat d’au­jour­d’hui sans les tièdes d’hi­er cette fois c’est l’E­gypte ou bien les sans-abris je veux nour­rir cœurs et ven­tres faire revenir du rouge sur les joues et oubli­er mon cher silence

Même avec l’âme en paix je prends les armes sans mes notes musique que je ne cherche pas chahuts qui me dépassent de tant d’er­rants avides de bruits

Je veux pos­er corps et âme et si j’aspire à l’im­pos­si­ble je reste sur le seuil j’at­tends qu’é­cla­tent les départs avec l’au­dace d’aujourd’hui

L’en­fant in the sub­way mendie langue que ma peine priv­ilégie il faut com­bat­tre pour le Liban, l’I­raq et la Syrie comme notre hon­neur nous prie oubli­er le silence pour les chants 

Soleil à dou­ble tran­chant tu sèch­es les plaies mais aveu­gle les gens et quand l’om­bre ras­sure j’at­tends le crépuscule 

J’ai trou­vé au gre­nier le livret et la mon­tre et dans le cadre la croix de la guerre de grand-père qu’on appelle la pre­mière moi la dernière je dis avant de m’endormir

Mes mots comme mes amis j’ai peur de vous quit­ter il faut vivre aujour­d’hui quand tant se sont allés et bien­tôt nous bat­tre bien­tôt marcher

Juil­let n’en­cour­age plus nos chants nous ne voulons plus de sang de gestes et de chan­sons ni faire tomber les têtes 

Chanterons à l’u­nis­son notre révo­lu­tion étran­glés par nos larmes nuit plus sûre que le jour avec nos rêves très chers et ces morts en Syrie plus de fêtes à Baal­bek c’est comme un blasphème 

S’il faut agir nous agirons mais délivrez nous seigneur nous sommes restés enfant des péchés de la paix  et nous sommes enlacés comme au noiseti­er le chèvrefeuille 

 

Pas de ven­dan­ges dans nos villes mais pour la paix des chants des morts à ramass­er et nous mouil­lons nos lèvres pour pou­voir bien siffler

A défaut de nos cloches quand nous tiri­ons leurs cordes je chante même si rauque est ma voix comme le cœur est usé

Car demain chante aus­si tracts sur la bastille pétards sur la place voici nos villes brûlantes quand août enfin est là

Guil­laume coupe le cou au soleil vin­cent des­sine le ciel tous les deux pren­nent les armes je n’ai plus mal sans mon village

J’ai bien fait de ranger mes ifs et mon vélo et marche et crie dans la pous­sière de ce nou­veau midi

Et je vais de l’a­vant avec mes couleurs elles coulent du pinceau sur des affich­es qui font beau­coup de bruit

Ni aveu­gles ni muets nous n’avons plus cette peur de tomber dans la neige comme est tombé Robert Walser

Au-dessus de nos têtes il y a cette lumière bleue fête de nos mémoires nous nous sou­venons déjà au pas au pas cama­rades à l’u­nis­son marchons

Pavés des grands boule­vards où nous ouvrons nos bouch­es pour ces enfants qui écouteront un jour

L’his­toire de notre His­toire loin des petites rues nous usons nos semelles pour y clamer nos grandes idées
 

Présentation de l’auteur

France Burghelle Rey

 

France Burghelle Rey est Paris, a enseigné les Let­tres clas­siques et vit actuelle­ment à Paris où elle écrit et pra­tique la cri­tique lit­téraire. Elle est mem­bre de l’As­so­ci­a­tion des Amis de Jean Cocteau et duP.E.N. Club français.

 

Plus de cent textes parus dans de nom­breuses revues et antholo­gies ain­si que plus de soix­ante-dix notes cri­tiques(Nou­velle Quin­zaine lit­téraire, Poez­ibao, Europe, La Cause lit­téraire, Place de la Sor­bonne, CCP, Recours au poème, Tex­ture, Tem­porel etc.). 

 Elle a écrit une quin­zaine de recueils dont Lyre en dou­ble paru aux édi­tions Inter­ven­tions àHaute voixen 2010 puis chez La PorteRévo­lu­tionen 2013 sui­v­ideComme un chapitre d’His­toireen 2014 et deRévo­lu­tion IIen 2016. Le Chant de l’en­fance(Prix Blaise Cen­drarsadultes)a été pub­lié aux édi­tions du Cygneen juil­let 2015, Petite antholo­gie, ( Con­fi­ance, Patiences et Les Tes­selles du jour )chezUnic­itéen 2017 et Après la foudrechez Bleu d’en­creen 2018. 

Les derniers textes aug­men­tés de L’En­fant et le dra­peau (à paraître chez Vaga­mun­do), nais­sance rédemptrice d’un ” ange ” dans un monde en déso­la­tion, veu­lent exprimer l’ex­pres­sion d’une néces­saire présence au monde en souf­france. Elle achève en 2017 un recueil encore inédit en trois par­ties sur le thème du lieu puis en 2018 com­mence un réc­it poétique.

 

Elle a col­laboré avec des pein­tres (Georges Badin) et la graveur Hélène Baumel pour un cer­tain nom­bre de livres d’artistes.

 

L’un des ses romans, le pre­mier,  L’Aven­ture, est pub­lié chez Unic­itéau print­emps 2018

 

http://france.burghellerey.over-blog.com/# :Un blog de plus de 27.000 pages de vues

 

 

 

France Burghelle Rey

Elle a écrit une dizaine de recueils  dont qua­tre sont pub­liés chez Encres Vives, coll. Encres Blanch­es : Odyssée en dou­ble, La Fiancée du silence, L’Or­pailleur, Le Bûch­er du phénix,  Lyre en dou­ble aux édi­tions Inter­ven­tions à Haute voix, 2010 et Révo­lu­tion chez La Porte,2013. Pour un texte du Chant de l’en­fance, inédit, elle a obtenu le prix Blaise Cen­drars et pour L’Un con­tre l’autre, Gegenüber, a été final­iste du prix Max-Pol Fouchet. 

Elle col­la­bore avec des pein­tres et notam­ment avec Georges Badin  pour des livres d’artistes.
http://france.burghellerey.over-blog.com/#

Notes cri­tiques dans de nom­breuses revues comme Place de la Sor­bonne, Recours au Poème, Lieux d’être, Cahiers du Sens, Ter­res de Femmes, Trace de poète, Lit­térales, Diérèse

 

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