Une Revue des revues que nous devons à notre très regret­té col­lab­o­ra­teur et ami Michel Host, parue au som­maire 138 de Recours au poème, en mai 2015.

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PRÉCIEUX CAHIER

Fed­eri­co Gar­cía Lor­ca a fait plus que pas­sion­ner une foule innom­brable de lecteurs, il les a fascinés et ensor­celés. Lorsqu’il vivait, certes, mais aus­si après qu’on l’eut assas­s­iné, à Grenade, en août 1936, longtemps après, et aujourd’hui encore le charme joue et agit. La per­son­nal­ité élé­gante du poète, son inscrip­tion dans le XXe siè­cle, son Romancero gitano, toute sa poésie, son théâtre… il est juste que les jeunes gens de ce début de siè­cle puis­sent y être con­duits et ini­tiés. Cette sec­onde livrai­son de la revue EUROPE con­sacrée à Lor­ca sat­is­fait à cette inten­tion de fort belle manière. Il faut la saluer[1].

Marie-Claire Zim­mer­mann  ̶  avec Sur le seuil  ̶  ouvre ce pré­cieux cahi­er par l’affirmation de la néces­sité d’aborder aujourd’hui les recueils du poète « en util­isant d’autres biais, en atti­rant l’attention sur des aspects moins abor­dés ou ignorés… ». La revue répond à ce souhait. Sont relevés, notam­ment, les « biais » poé­tiques apportés par les poètes Vicente Aleixan­dre, Luis Cer­nu­da, José Ángel Valente, Pablo Neru­da, mais aus­si par la vision écla­tante, inspirée, que nous pro­pose le romanci­er et poète cubain José Leza­ma Lima. Jaime Siles, jeune poète espag­nol, est aus­si con­vo­qué… D’autres con­tri­bu­tions, con­cer­nant le théâtre lorquien notam­ment, nous don­nent une idée pré­cise et enrichissante des direc­tions de la recherche lorqui­enne actuelle, et Marie-Claire Zim­mer­mann elle-même, qui n’est pas des moin­dres ana­lystes, nous pro­pose une belle réflex­ion au sujet du Chant funèbre pour Igna­cio Sánchez Mejías, l’un des som­mets de la lyrique andalouse et uni­verselle du poète.

Com­mençons cepen­dant par  ̶ Une ren­con­tre déci­sive  ̶ entre­tien que Jean-Bap­tiste Para con­duit auprès du biographe Ian Gib­son[2]. Nous y sont apportées des infor­ma­tions nou­velles, par­ti­c­ulière­ment sur les caus­es et cir­con­stances de l’assassinat au ravin de Viz­nar : des grenadins issus de la C.E.D.A. (Con­fédéra­tion espag­nole des droites autonomes), dirigée par le politi­cien María Gil-Rob­les, sont à l’origine de la dénon­ci­a­tion ; par­mi les motifs de la haine de cette droite catholique, la cri­tique faite par le poète de la bour­geoisie locale  ̶  « la pire de toute l’Espagne »  ̶   , à quoi il faut ajouter l’inimitié envers le père de celui-ci, riche pro­prié­taire ter­rien aux idées pro­gres­sistes, et, out­re le péché d’homosexualité, les jalousies, des « fac­teurs famil­i­aux », avec sans aucun doute la colère d’un com­man­dant local de la Garde civile pour les por­traits peu flat­teurs que l’on trou­ve de cette cor­po­ra­tion, notam­ment dans le Romancero gitano.

Avec Un fleuve, Luis Cer­nu­da pro­pose un por­trait inat­ten­du du poète : « … il y avait bien quelque chose de l’orgueil du mata­dor dans son atti­tude », et cet « ángel » sin­guli­er, grâce ou charme si espag­nol, notam­ment quand il jouait du piano, le tout mêlé d’une « tristesse fon­da­men­tale » liée à ce qu’Unamuno définit comme « le sen­ti­ment trag­ique de la vie ». Un poète inspiré d’abord par « les influ­ences avides et aveu­gles de la terre, du ciel, des hommes espag­nols éternels.» 

Le cubain José Leza­ma Lima nous pro­pose une superbe offrande lyrique, enflam­mée, tor­ren­tielle, à la mémoire d’un « Orphée tra­ver­sant les enfers de l’instant ». « Hel­lénisme et roman­ité, un peu en amont des jardins arabes de Grenade, par­courent sa sen­tence poé­tique. » C’est là l’essence de l’esprit lorquien, ses par­fums essen­tiels. Par-dessus tout cela, la clô­ture d’un des­tin et la résur­rec­tion dans l’œuvre : « Et le cav­a­lier qui lui don­na cette fleur obscure, que l’on ne peut touch­er que lorsqu’on est déjà dans l’invisible… » « … Lor­ca affronte le grand mythe de sa race : le tau­reau noir, celui de la mort, et l’offrande du sang. » Un hom­mage somptueux !

Clara Janés fixe le curseur de sa réflex­ion sur le poète de vingt ans, qui ne peut mourir  ̶  « Sa mort est une vie plus ouverte »  ̶  et sur ce chien assyrien qu’il avait « repéré » à Lon­dres, au British Muse­um. Elle leur dédie un émou­vant poème-hom­mage : « Le chien assyrien s’arrache aux ombres /  et, à son pre­mier hurlement, / la lune et les étoiles se hissent vers le rêve… Ton voy­age noc­turne est déjà métaphore. / Se met alors debout / la sauvage fraîcheur de l’aurore. »

Michèle Ramond nous donne un com­men­taire ana­ly­tique fouil­lé du Romancero gitano, où sont évo­quées aus­si bien les fig­ures fil­iales que les fig­ures sym­bol­iques du poème. Out­re l’utilité évi­dente d’une telle réflex­ion, il s’en dégage cette leçon à méditer : « La fig­ure fil­iale, avec ses infrac­tions, ses ten­ta­tions, sa pas­sion, sa tragédie, est cen­trale, elle inspire toute la matière de l’œuvre, elle est la grande pour­voyeuse d’images… » On le voit, et c’est aus­si l’intérêt de la revue, les angles de vision, les points de vue peu­vent y diverg­er, non pour s’entrechoquer, mais pour révéler la mul­ti­plic­ité des paysages que présente une œuvre aus­si dense que celle de Lorca.

Hen­ry Gil ne con­tred­it pas cette idée en analysant la même œuvre selon les thèmes du pagan­isme  ̶  en tant que « poly­théisme pro­pre à l’Antiquité grecque ou romaine  ̶  et du chris­tian­isme. Étude ser­rée et stim­u­lante, où est souligné ce fait que « Lor­ca invente ses pro­pres signes » car pour lui « le monde est sym­bol­ique comme si chaque chose était un objet total. » « Quant au con­flit pagan­isme / chris­tian­isme », il se fait matière et songe dans bien des pièces de l’œuvre (poèmes, théâtre), tout le Romancero en est com­posé, et, selon moi, on pour­rait aus­si bien y voir une « alliance », ou un « alliage » inédit : « … une sorte de sacré sus­cep­ti­ble d’exprimer le sens trag­ique pro­pre à l’homme. »

Jaime Siles (« Deux notes sur le Romancero gitan »), y relève l’alliance de la thé­ma­tique tra­di­tion­nelle et de l’innovation pro­pre à Lor­ca. Con­tri­bu­tion claire et toute­fois plus savante qu’il n’y paraît, qui met en rela­tion le romance lorquien avec les « idées poé­tiques » d’Ángel Ganivet, autre grenadin. Le « génome » de la poésie lorqui­enne est ici relevé, observé et analysé.

Zorai­da Caran­dell  ̶  avec L’ÉCLIPSE OBSCURE de Poète à New York  ̶  pro­pose un regard scru­ta­teur sur ce recueil com­plexe, « dif­fi­cile d’accès », écrit par Lor­ca durant et après son voy­age aux États-Unis. Retenons le choc de ce séjour : « Les rues de New York ne sont pas, dans la langue de Lor­ca, des objets com­pa­ra­bles à ses paysages fam­i­liers. » C’est toute une réflex­ion qui nous est ici livrée à pro­pos de cet écart, de cette dis­tance, mais aus­si de cette néces­sité de nou­veaux travaux sur les images et la vision. Retenons ces vers, dans la belle tra­duc­tion d’André Belamich :

« Ce regard était à moi, mais il n’est plus à moi, / ce regard qui trem­ble tout nu dans l’alcool / et lâche des navires incroy­ables / sur les ané­mones des jetées. / Je me défends avec ce regard / qui sourd des ondes où l’aube ne s’aventure pas, / moi, poète sans bras, per­du / par­mi la foule qui vomit »

Inven­tion d’une sec­onde lyrique, en oppo­si­tion, en résis­tance par la seule vision radi­ographique de ce qui s’offre à voir : « Les jeunes Améri­caines por­taient dans leur ven­tre des enfants et des pièces de mon­naie. » Tra­duc­tion crue de l’impossible ren­con­tre des deux mondes ?

Suiv­ent de belles tra­duc­tions, par Lau­rence Breysse-Chanet, de plusieurs poèmes ori­en­taux du recueil Divan du Tamar­it (1931–1934). La tra­duc­trice donne ensuite une pré­cise réflex­ion sur ces poèmes, leur genèse et leur sens, mais aus­si sur la perte du man­u­scrit, sa non-pub­li­ca­tion, sa com­plexe resti­tu­tion, le tout étant lié aux événe­ments de 1936, à Grenade. « Tout dans Divan du Tamar­it est vie vio­lente et souf­frante, sous le signe du tràn­si­to. »

Par­mi les autres con­tri­bu­tions, relevons celle de José Ángel Valente : « … la poésie de Lor­ca cor­re­spond à l’un des moments com­plex­es de trans­mis­sion de vieux con­tenus cachés, où vien­nent con­verg­er les élé­ments d’ordre pop­u­laire et les élé­ments d’ordre her­mé­tique. C’est pour cette rai­son que son œuvre est plus trans­mis­si­ble et, en même temps, plus mys­térieuse que celle de tous les poètes de sa généra­tion. » Celle aus­si de Vir­ginia True­ba Mira, qui n’est rien moins qu’un descente dans Le tré­fonds loin­tain de l’œuvre de Lor­ca, à par­tir des lec­tures de J. A. Valente. Croise­ment des regards, miroirs emportés sur les routes lorqui­ennes, richesse et var­iété du pro­pos, l’œuvre dans son ensem­ble est spec­tro­graphiée. Lor­ca, cette « âme qui n’en finit pas de se dire. »

Lor­ca était un con­nais­seur de musique et un excel­lent pianiste. On trou­vera donc, sous la plume de Thomas le Col­leter, les « Ombres pro­fondes de la mélan­col­ie », Beethoven dans les textes de jeunesse de Lor­ca », où tous ceux qui n’oublient pas la musique dans la struc­tura­tion de l’art poé­tique trou­veront une réflex­ion digne du com­pos­i­teur et du poète : «… il (Beethoven) ouvre la voie au poète, qui lui aus­si, en tant qu’interprète, lecteur, tra­duc­teur, se lancera à sa suite et pour­ra pré­ten­dre trans­fig­ur­er son affect dans la grâce d’une “écri­t­ure blessée”.

Avec « F. G. Lor­ca et le ciné­ma », Stephen G.H. Roberts pro­pose une utile con­fronta­tion de l’œuvre lorqui­enne (le théâtre notam­ment) avec le ciné­ma de son temps, si riche, avec les Luis Buñuel, Fritz Lang, Sal­vador Dalí… Une voie peu fréquen­tée pour la con­nais­sance du poète, lui-même auteur d’un scé­nario, et de « dia­logues » dra­ma­tiques, « répons­es claires » au ciné­ma…

Enfin, le théâtre lorquien trou­ve dans ce numéro d’Europe, un écho digne de son impor­tance. Albert Ben­sous­san en recherche les racines dans l’enfance et la jeunesse du poète, soulig­nant son attache­ment aux grands clas­siques Tir­so de Moli­na, Lope de Vega, Calderón… Il retrace une véri­ta­ble car­rière, qui va des représen­ta­tions enfan­tines à la grande aven­ture de la com­pag­nie errante La Bar­ra­ca, et aux représen­ta­tions nom­breuses que con­nurent les grandes œuvres dra­ma­tiques de Lor­ca. Par­mi les obser­va­tions per­ti­nentes du grand his­paniste, celle-ci : «Ce théâtre est, avant tout, une représen­ta­tion exem­plaire de la vie, de ses pas­sions, de ses frus­tra­tions, de ses aspi­ra­tions ou ses manquements. »

La touche finale, dans ce domaine, est apportée par Joce­lyne Aubé-Bourligueux  ̶ avec « Un théâtre de la cru­auté » ̶, où est scrutée cette œuvre mys­térieuse et dif­fi­cile qu’est Le malé­fice de la phalène, ain­si présen­tée par Lor­ca lui-même : « come­dia brisée d’un être qui veut grif­fer la lune et se griffe le cœur… » Le cer­cle lorquien se clôt-il sur cette image prég­nante de la lune ? On se sou­vient du Romance de la luna luna, qui ouvre le Romancero, et de tant d’autres occurrences.

Cather­ine Flepp boucle la boucle avec la Comédie sans titre, con­nue encore comme Le Songe de la vie, œuvre inachevée (com­posée entre l’été 1935 et jan­vi­er 1936) par laque­lle le poète voulait ren­dre compte de ses préoc­cu­pa­tions sociales et esthé­tiques, par le chemin de ce qu’il qual­i­fi­ait de « drame social, de comédie et de tragédie poli­tique dont la “vérité” est à chercher dans « le prob­lème religieux et éco­nom­i­co-social », insé­para­ble de la réflex­ion méta-théâ­trale et de la ques­tion sex­uelle… »  C’est Monique Mar­tinez Thomas qui ferme la marche en jetant le regard sur « Le théâtre de Lor­ca au XXIe siè­cle », et sin­gulière­ment en exam­i­nant les dimen­sions trag­iques aux­quelles le poète souhaitait attein­dre par son théâtre. Il s’agit ici de « dis-pos­er le trag­ique ». Yer­ma, Noces de sang, La mai­son de Bernar­da Alba sont au cen­tre de l’analyse, pour un retour « au secret de notre imag­i­naire » : « Ne pas con­stru­ire du sens mais des images, des chocs, du plaisir, des sen­sa­tions douces ou fortes. Telle est la dimen­sion atem­porelle des pièces de Lor­ca, qui n’affirment rien mais nous offrent une matière brute à déchiffr­er… » Cela est clair­voy­ant, et peut-être applic­a­ble à tout le Poème lorquien ?

Les visions, les analy­ses, les études con­cer­nant les œuvres si nom­breuses et divers­es du poète et du dra­maturge andalou sont en per­pétuel mou­ve­ment. Ce numéro d’Europe en témoigne avec lumi­nosité et pro­fondeur. Choi­sis­sons de dire « en mou­ve­ment » plutôt que « en évo­lu­tion », parce que, selon moi, le temps de Lor­ca est encore bien proche du nôtre, que la plu­part de ses ques­tion­nement biographiques, poé­tiques, esthé­tiques, poli­tiques… ne peu­vent encore être mis à plat, froidis, classés en somme ! Toute une matière de vie  ̶- et de mort, dans divers reg­istres ̶, se meut sous nos yeux, dans nos mains lorsque nous tenons un de ses recueil. C’est encore, du frémisse­ment au trem­ble­ment, de l’effroi au plaisir, de la sur­prise à l’illumination, comme un tour­bil­lon tor­ren­tiel dans lequel nous ne nous baignons pas sans entr­er dans des champs mag­né­tiques vio­lents et suaves à la fois. Une zone en voie d’exploration, zone de non-droit peut-être, où le pre­mier de nos droits est de nous y forg­er une âme dans la « noire peine » des hommes, si vio­lem­ment perçue par Lor­ca, dans la glace lunaire et les ardeurs solaires de son Poème.

 


[1] Europe, en août-sep­tem­bre 1980, avait con­sacré un pre­mier numéro à F.G.Lorca, Marie-Claire Zim­mer­mann nous le rap­pelle en p.3

[2] Europe, n°1032, p.30

 

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Michel Host

Né en 1942. Enfance partagée entre petite ville de province et cam­pagne, puis huit années de semi-réclu­sion, c’est-à-dire de pen­sion­nat, dans un col­lège catholique.

Une bonne for­ma­tion lit­téraire, où entrent clas­siques français et étrangers : la Renais­sance, sin­gulière­ment, lui a ouvert les yeux et l’esprit.
Échappe à la vie famil­iale à dix-neuf ans, se rend à Paris, tente d’y devenir insti­tu­teur (en est empêché par les obsta­cles mêmes que lui pro­pose et oppose l’Éducation nationale), épouse une artiste pein­tre et entre­prend des études supérieures d’espagnol en Sor­bonne. Agrégé d’espagnol, il enseigne cette langue dans divers lycées – dont le lycée Jan­son de Sail­ly -, et ensuite la lit­téra­ture espag­nole du siè­cle d’Or aux étu­di­ants de licence, puis aux capésiens et agré­gat­ifs, dans le cadre du C.N.E.D. (Cen­tre Nation­al d’Enseignement à distance).

Par­al­lèle­ment à cette car­rière de pro­fesseur, il entre­prend d’écrire son pre­mier roman. Six années de tra­vail couron­nées par le prix Robert Walser, et un accueil chaleureux dans la presse et le lec­torat. Depuis, ont suivi plus de vingt ouvrages appar­tenant à des gen­res var­iés : roman, nou­velle, poésie. A dû se résoudre à renon­cer à l’écriture dra­ma­tique, pour laque­lle il n’a aucun don. Il refuse de con­sid­ér­er ses activ­ités d’écrivain dans le cadre d’une « car­rière », préférant les situer dans le sens d’un « par­cours », d’un état vital de l’âme et de l’esprit. Il tente d’appartenir à son temps en dirigeant des ate­liers d’écriture en milieux sco­laires dit « dif­fi­ciles », et dans d’autres cadres comme les Ate­liers du Prix du Jeune Écrivain…

Partageant cette con­vic­tion avec Voltaire, il est per­suadé que l’être humain ne naît ni bon ni mau­vais, mais que néan­moins il peut et doit être « bonifié ». Mme de Sévi­gné lui a aus­si appris qu’« il faut faire pro­vi­sion de rire pour l’éternité », car le rire bonifie.
Par ailleurs, avec Mon­taigne, Isaac Bashe­vis Singer, et un cer­tain nom­bre de philosophes con­tem­po­rains — Elis­a­beth de Fonte­nay, Flo­rence Bur­gat entre autres, il s’est con­va­in­cu que l’inattention, le mépris, et très sou­vent la cru­auté que les humains man­i­fes­tent envers les ani­maux — dont ils se font les pro­prié­taires et les bour­reaux — , et envers tous les êtres de la seule nature, prélu­dent au mépris et à la cru­auté envers les hommes, et qu’est donc indis­pens­able un ren­verse­ment total du regard sur l’Autre et des per­spec­tives éduca­tives, dans quelque société que ce soit, afin que la bar­barie et l’absurde n’aient pas le dernier mot.

Ses admi­ra­tions, dans l’ordre de la pen­sée, sont nom­breuses, mais elles vont d’abord à Socrate – qui ne laisse rien qui ne soit dis­cuté ou pris pour argent comp­tant -, à Hér­a­clite, au Christ (« Aimez-vous les uns les autres », les marchands du temps, etc.), à Rabelais, à Mon­taigne, à Jere­my Ben­tham (l’arithmétique des plaisirs, la morale naturelle et le « ne fais rien à autrui que tu ne voudrais qu’il te fît), et à plusieurs autres. -
N’a pas encore eu le temps de trou­ver la vie ennuyeuse.

POÈMES

  • Fig­u­ra­tion de l’Amante, poèmes, éd. de l’Atlantique, coll. Phoï­bos, à Saintes, 2010
  • Poème d’Hiroshima, éd. Rhubarbe, à Aux­erre, 2005
  • Alen­tours (Petites pros­es), éd. L’Escampette, 2001
  • Graines de pages, poèmes sur des pho­tos de Claire Garate, éd. Eboris, Genève, 1999
  • Déter­rages / Villes, poèmes, éd. B. Dumerchez, 1997