> Terres de Femmes, n°121

Terres de Femmes, n°121

Par | 2018-02-24T08:47:05+00:00 13 janvier 2015|Catégories : Revue des revues|

 

En 2014, Terres de Femmes a fêté sa dixième année d'existence, en conti­nuant à pro­po­ser un pro­gramme tou­jours aus­si exi­geant et acces­sible en même temps, où la cri­tique lit­té­raire poin­tue et juste (rap­pe­lons que Angèle Paoli a obte­nu le prix euro­péen de la cri­tique poé­tique fran­co­phone Aristote 2013) est asso­ciée à des extraits (inédits ou pas) de poètes qui marquent et mar­que­ront, pour long­temps, la lit­té­ra­ture.

Une revue inter­net a cela de dif­fé­rent de son pen­dant papier, qu'elle reste tou­jours dis­po­nible, et sou­vent gra­tuite ; la chro­nique sui­vante concerne le mois de décembre 2014, mais n'hésitez pas à lire les publi­ca­tions d'années pré­cé­dentes, que vous trou­vez dans les archives du site, lequel est très clair et simple d'accès.

Si la noto­rié­té de la rédac­trice de la revue, en tant que cri­tique, n'est plus à prou­ver, elle a l'humilité de savoir s'entourer d'autres per­sonnes, pour faire état de leur lec­ture de cer­tains livres, comme Isabelle Lévesque (qui parle ce mois-ci de Normale sai­son­nière de Sofia Queiros, édi­tions Isabelle Sauvage) ou encore Chantal Dupuy-Dunier (Tony's blues, de Barry Wallenstein, Recours au poème édi­teurs)

On trou­ve­ra ces vers de Erwann Rougé, extraits de Haut fail, édi­tions Unes : "le mot est cou­ché entre les morts /​ et les silences tom­bés fous" qui, à l'heure actuelle prennent une tour­nure encore plus vive.

Tout aus­si actuels, ces mots : "Qui pas­se­rait par l’aube sau­rait /​ que le monde est sur le départ", vers dis­til­lés sub­ti­le­ment par Jean-François Mathé, dans "La vie est atteinte", édi­tions Rougerie.

C'est alors que vient Mark Stand, récem­ment dis­pa­ru, trop tôt, évi­dem­ment, pour nous faire un clin d’œil :"Je ne pense pas à la Mort, mais la Mort pense à moi." En nous lais­sant l'évidence que d'un drame peut naître autre chose : "Et quand /​ Nous arri­ve­rons à la Grand-Place avec ses manoirs de marbre, la foule /​ Qui nous y atten­dait nous accueille­ra avec des cris de liesse" (mer­ci à Thierry Gillybœuf pour cette tra­duc­tion)

Pour finir, l'incontournable Juan Gelman "ton ventre écrit des lettres au soleil/​ sur les murs de l’ombre il écrit/​ il écrit pour un homme qui s’arrache les os/​ il écrit liberté/​ "… poète qui a, enfin, paru dans la col­lec­tion poésie/​ Gallimard.

Bien sûr, cette recen­sion peut paraître ciblée, voire orien­tée – dif­fi­cile, pour ne pas dire impos­sible, de s'extraire d'un contexte social aus­si intense que celui actuel.

Il n'en est pas moins que la poé­sie, les revues de poé­sie, et les mai­sons d'éditions qui publient de la poé­sie, sont là pour offrir des para­chutes du pas­sé, de l'union dans le pré­sent, des pro­messes d'avenir… sans can­deur pué­rile… de la réflexion, de la culture… un peu d'intelligence… bref, de la vie, pas de la sur­vie.

En choi­sis­sant d'appeler sa revue, Terres de Femmes, Angèle Paoli a offert la conti­nui­té de ce que pro­po­sait en son temps Saint-Exupéry, dans son œuvre : une base solide, même si mobile, fra­ter­nelle, humaine, sur laquelle s'appuyer, se repo­ser, pour avan­cer vers soi.

Ici, les femmes et les hommes sont trai­tés sur un pied d'égalité : celui de la poé­sie. Ici, la géo­gra­phie et l'histoire de ces poètes servent de repères, non de fron­tières. Ici, tout est actua­li­té, per­ma­nence mani­feste de l'impermanence sup­po­sée.

Et les publi­ca­tions de ce mois de décembre 2014, comme les pré­cé­dents mois et les années sui­vantes (aucun doute là des­sus), iront dans ce sens : per­mettre au pas­sion­né de poé­sie, ou à l'amateur sans plus, ou au simple lec­teur occa­sion­nel tom­bé là par hasard, de trou­ver matière à vivre. 

http://​ter​res​de​femmes​.blogs​.com/