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10 poèmes

By | 2018-01-22T01:32:00+00:00 13 juin 2014|Categories: Blog|

 

*

Les seuils ont viré bleu
sous la fumée des orages

La terre à bout de source
nous attend

Nous tend ses lacets

Et par­tout sur les seuils
la san­dale sèche du désir.

in Herbes, Donner à voir 1995

*

La lumière voyage
de place en place

D’où venue ?

Circule dans nos corps
aus­si loin que s’ouvre la vie

L’espace est si grand
entre nos yeux

S’il n’a pas de nom
nous le bap­ti­se­rons
de la cou­leur du feu
sur l’eau.

in Grains de lumière, l’épi de seigle 1999.

*

Tout s’allège dans la lumière

Le ciel étire les yeux
en double récom­pense

Le chant se fau­file entre les ronces
comme un oiseau cher­cheur d’air

Il sème des graines de joie
d’une friche à l’autre

Un par­fum d’herbe sau­vage
annonce sa venue
jusqu’à ce nid d’ombre
où s’arrondit l’œuf du jour.

in Grains de lumière, l’épi de seigle 1999.

*

Vendez-moi
des graines de silence
à faire ger­mer dans la pro­fon­deur
des chambres

Vendez -moi
le temps dor­mant des feuilles
et les che­mins de force
où sur­prendre la lumière

Le pas doux du che­val
en tra­vers de la route
ses sabots de fer à même le cœur
comme une cognée

Vendez-moi
du silence par paquets
je vous paie­rai en mon­naie de paille
en souffle heu­reux.

in Le fil des jours, Donner à voir 2007.

*

La fleur a croi­sé
son poids de soleil et d’eau

Tout silence lié
dans les feuillages du jour

Le ciel lui est deve­nu parole
Parole sa cou­leur

Et la voi­ci Rose
debout dans la cla­meur solaire
épe­lant la part de lumière
qui la crée.

in Quelques roses pour ton jar­din, Atelier de Groutel, 2011
Tirage limi­té sous presse typo­gra­phique

*

Je la vois
à l’intérieur de sa chair
amour dont le silence
est la seule parure

La nuit l’enveloppe
sans la cer­ner
comme une main
le ferait d’un visage

Au matin
elle donne ce qu’elle est
sans effu­sion
comme on res­pire.

in Quelques roses pour ton jar­din, Atelier de Groutel, 2011
Tirage limi­té sous presse typo­gra­phique

*

 

Tu entres
au cœur de l’espace
comme dans un nid
où tu pose­rais les ailes

Un duvet de rose
à tes pieds
pour te conso­ler
du poids de la terre

Et tou­jours
autour de toi
cette dou­ceur de l’air
qui te dit
que toute chose
est habi­table
ici-bas.

in Le temps d’ici, édi­tions Rhubarbe 2013.

*

Nous aimons tou­jours pour la pre­mière fois
l’œil plein d’un pre­mier soleil à venir

Le réel nous sou­lève au-des­sus des herbes
là où viennent boire les bêtes
du cœur des sources

Une cou­lée d’air nous retient
entre deux visages
comme une parole en route vers la mer.

Nous aimons tou­jours pour la pre­mière fois.

in Le temps d’ici, édi­tions Rhubarbe 2013.

*

 

C’est un petit jour
qui rayonne
du peu qu’on lui demande

Juste assez
pour le bon­heur du dos
et l’allant de la marche

On suit la route
qui va d’elle-même
où il faut aller

Semblable au panier
que l’on porte

Si on lui deman­dait plus
où irait-on ?

 (inédit)

*

Entre rire silence et pen­sée
nous ne savons ce qui s’écrit

La magie se donne sans filet
dans l’afflux des vagues

Elle passe pour pas­ser                             

Nous rejoint par­fois
où nous sommes.

 

(inédit)

10 POEMES

By | 2018-01-22T01:32:00+00:00 13 juin 2014|Categories: Blog|

 

Rien à se taire

Fûts à cre­ver des impos­tures
Des pas­sages à clous contre sens alvéo­laires à prisme laté­ral
Des abris à bar­reaux fichés des­sus le ciel
Et des syl­lo­gies consa­crées aux chaines creuses omni­po­tentes
Rivées
Traînantes

Et vues

 

*

 

Herbes
Se frayer
Dans la hau­teur des abso­lus ver­ti­gi­neux

 

*

 

Reclure la frayeur dans la res­pi­ra­tion tenue
Et occul­ter les tranches de peau vive
Pelées
Ripées
Déboulonnées
Ou à venir

 

*

 

Comme une fer­raille
Comme un reflux déter­mi­né
Inquisiteur
Comme un cachot déver­rouillé dans lequel tu per­dures
Tel à revers des médailles
L'écoulement de la durée se porte dru
A dresse-flanc et comme

 

*

 

Cerbère des nœuds de l'encéphale

L'émeraude des taillis joints
Plaqués debout et fris­son­nants
La caval­cade au bal­da­quin azur et mauve en méga­lithe
Des duvets cou­lant sous le vent

Totems

 

*

 

Stagnant dans l'idéation à ven­tail clos
Tu éter­nises la cadence
Que rien ne pro­longe qu'à l'accoutumance le pli éla­gué des assué­tudes

 

*

 

Badins l'outre ver­millon des aplats
Et les bra­vades en vert cou­su des feuilles givre sans
Jubilé sans cor­tège
Comme une déme­sure à tes vicis­si­tudes

 

*

 

Presque buée
Parages éva­po­rés
Tu débordes à revers
Exultations d'abord à recu­lons et puis

 

*

 

En détrempe archi­vées
L'absence écrue en plé­ni­tude des aubes mues

 

*

 

Les abat­tis les abat­tis abs­cons et rava­geurs
bric à brac