> Abdelhadi Saïd, Posthume

Abdelhadi Saïd, Posthume

2017-12-30T13:25:38+00:00

Nous rega­gnons la chambre oblique, éta­blie à dis­tance égale du roc et du fado, à mi-che­min d’une nuée de vignes ryth­miques et de l’insistance bru­nâtre d’une falaise. Ta main se veut oiseau ad hoc, quand règne beau, à por­tée de songe, un récif à mes yeux lucra­tif et doux.

Et frap­pée d’une pénu­rie d’oubli fla­grante, ta main – tou­jours elle – divulgue para­doxale le récit à peine estom­pé de nos dix vies com­munes, sau­pou­drant d’infini l’instant de notre dis­pa­ri­tion, et sur l’insensé tar­mac du sou­ve­nir, fai­sant atter­rir le char brû­lé des ans à venir.

Adviendra notre sou­rire, armé de la fin de toute chose. Adviendront ces routes embra­sées par nous jadis emprun­tées et rumi­nant au loin leur asphalte, routes rêvant de virages plus nets, d’arrêts brusques en plein coque­li­cot, rêvant de ponts courbes menant vers la post­hume entente de nos folies désuètes.

Hier, tes che­veux bavar­de­ront sur l’oreiller ivre, et moi serai là, à fumer à n’en pas finir le thym de tes joues.

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